Beer: «La violence à l’école était un tabou»

EducationCharles Beer, patron de l’Instruction publique, revient sur les jeunes et la violence à l’occasion d’une conférence qui se tient à Genève.

Charles Beer: «L’école peut agir sur l’éducation des mineurs dans la conscience qu’il n'y a pas deux vies, l’une réelle et l’autre virtuelle.»

Charles Beer: «L’école peut agir sur l’éducation des mineurs dans la conscience qu’il n'y a pas deux vies, l’une réelle et l’autre virtuelle.» Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Genève accueille aujourd’hui et demain la 2e conférence nationale Jeunes et violence. L’événement fait le point sur la recherche en matière de prévention et sur les pratiques dans ce domaine. Alors qu’il s’apprête à quitter le gouvernement, Charles Beer, magistrat en charge du Département de l’instruction publique (DIP), revient sur son engagement par rapport à cette problématique. Depuis quatre ans, les cas enregistrés sont en baisse mais de nouvelles formes de violence sont apparues, comme le cyberharcèlement.

Charles Beer, vous êtes à la tête du DIP depuis plus de dix ans. Comment a évolué la violence en milieu scolaire?

A mon arrivée au Département, la violence à l’école faisait l’objet de motions et de questions urgentes incessantes au Grand Conseil, les députés dénonçaient mille faits divers sordides et le département leur répondait: «Circulez, il n'y a rien n'a voir.» C’était un dialogue de sourds. La violence scolaire était un tabou, il a fallu le briser. Il y avait cette impression qu’un directeur qui dénonçait un fait grave était mauvais. Des situations n’étaient pas signalées au département par crainte de montrer son impuissance. Un cas a fait office de déclic: en 2003, un élève du Cycle des Grandes-Communes a tenté d’étrangler son enseignante. A partir de là, il fallait impérativement sortir de ce jeu de Guignol et Gnafron pour établir la réalité et prendre des mesures.

Quelles sont ces mesures?

Un groupe de travail a été mandaté pour établir un plan d’action. Celui-ci s’est découpé en cinq axes, dont quatre concernent la prévention et un cinquième les sanctions. Ces dernières ont été durcies et placées sous la compétence d’un Conseil de discipline. J’ai ensuite exigé qu’on me signale tous les cas sérieux. Par exemple, je suis intervenu suite à l’agression d’un serveur par des élèves d’André-Chavanne en voyage d’études à Rome. Les sanctions prononcées ont été délibérément lourdes. J’ai également créé une circulaire pour aider les collaborateurs agressés (27,2% d’entre eux ont été victimes de violence l’an passé). Ils peuvent se faire rembourser leurs frais d’avocat, obtenir des conseils juridiques et du soutien psychologique.

Lire l'intégralité de l'interview dans nos éditions payantes du 14 novembre 2013

(TDG)

(Créé: 14.11.2013, 07h29)

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Trois ans ferme pour Cahuzac
Plus...