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Formation

Les aspirants physios priés de se réorienter

Par Aurélie Toninato. Mis à jour le 14.08.2012 6 Commentaires

Les places de stage en physiothérapie se font rares. La Haute Ecole de santé tente de susciter des vocations dans les filières délaissées.

Chaque année, 150 candidats postulent en physiothérapie, pour trente places disponibles.

Chaque année, 150 candidats postulent en physiothérapie, pour trente places disponibles.
Image: Edipresse/Di Nolfi

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Pour devenir physiothérapeute à Genève, mieux vaut être patient et motivé. Chaque année, 150 candidats postulent dans cette filière de la Haute Ecole de santé (HEDS), pour trente places disponibles. Depuis un an, une année «généraliste» a été mise en place pour satisfaire aux dispositions fédérales en matière d’admission en bachelor. Les étudiants y effectuent des stages, des modules complémentaires voire une maturité spécialisée, et se familiarisent avec les métiers de la santé. Au terme de cette année, ils passent des examens, mais les réussir ne garantit pas l’entrée en bachelor de physiothérapeute; certains devront patienter un an.

A l’origine de cette attente: le «marché» des physios est bondé. Pour éviter de former sans promesse de débouchés, les aspirants sont dorénavant encouragés à reconsidérer leur choix professionnel et à découvrir les autres filières de la santé, dans des domaines où les candidats manquent, par exemple en soins infirmiers…

Forcée de changer de voie

C’est ce qui est arrivé à Julie*. Après avoir obtenu sa maturité en juin 2011, cette Genevoise s’inscrit à la HEDS pour devenir physiothérapeute. Elle rassemble donc les (nombreuses) pièces nécessaires au dossier de candidature: attestation fiscale, check-up médical, extrait de casier judiciaire entre autres. Elle entame son année généraliste et passe ses examens, qu’elle réussit. Pour s’inscrire au bachelor de physio, rebelote: il faut à nouveau constituer un dossier, en redemandant toutes les pièces. Malgré cela, l’étudiante n’est pas certaine de commencer sa formation en septembre car elle est placée sur la liste d’attente, qui compte près de soixante noms… Sa mère, excédée, rapporte que «l’école a même dit à ma fille qu’elle pouvait toujours se tourner vers une autre formation, par exemple infirmière, car là il y avait de la place! Nous ne pouvons pas tolérer que notre fille, comme d’autres, se retrouve à suivre une formation qui ne la satisfait pas et par conséquent à apprendre un métier «pour la vie» qui ne soit pas son choix.» «Pour cette rentrée, je suis résignée à commencer en soins infirmiers, rapporte Julie, découragée. Mais je ne veux pas en faire mon métier!»

«Le marché est saturé»

Le directeur de la HES-SO Genève, François Abbé-Decarroux, déclare comprendre la frustration des parents et des jeunes. «Ceux-ci doivent cependant comprendre que certaines filières de formation sont régulées par le nombre de places de stage disponibles. De plus, en physiothérapie et en nutrition-diététique, les besoins du système de santé sont plutôt saturés. A l’inverse, il y a une pénurie de professionnels qualifiés en soins infirmiers.» Il faut donc encourager les inscriptions dans cette voie, et ce pari est en passe d’être gagné, poursuit le directeur: «Au terme de cette première année avec le nouveau système, un nombre plus important d’étudiants a choisi de s’orienter vers les soins infirmiers.»

Et François Abbé-Decarroux ne craint pas que ces réorientations, certaines par second choix, puissent amoindrir la qualité de la filière. «Dans les métiers de la santé, il est très difficile de réussir si la motivation n’est pas au rendez-vous. D’ailleurs, au terme des modules complémentaires ou de la maturité spécialisée, certains ont spontanément changé d’avis.» Enfin, que conseiller aux malheureux de la liste d’attente qui refusent de changer de voie? «Il faut qu’ils se représentent l’année d’après, en profitant de leur année de libre pour emmagasiner de l’expérience et de la maturité.»

*Nom connu de la rédaction (TDG)

Créé: 14.08.2012, 09h20

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6 Commentaires

Pierre Roche

14.08.2012, 10:39 Heures
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Bien que je comprenne la frustation de cette mère. Perso, je préfère voir ma fille avec un job et pouvoir ainsi vivre sa vie, plutot que de la voir au chomage avec le "diplome de ses reves". Les réorientation revele parfois de bonnes surprise et de nouvelles vocations d'ailleurs... Et Mme devrait aussi ouvrir les yeux, le métier «pour la vie», ca n'existe plus vraiment, c'est devenu l'exception. Répondre


Hans Peter Stoefli

14.08.2012, 15:58 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Voyez je vais encore me faire insulter, mais c'est ça que je trouve pas normal, quand on ouvre les frontières et on laisse pratiquer librement des physios étrangers (beaucoup de frontaliers notamment), nos jeunes ne trouvent plus de travail et doivent même maintenant renoncer à leur choix professionnel...Franchement un minimum de protectionnisme n'a jamais tué personne! Répondre



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