Un an après le master, 80% des diplômés ont un travail

Sciences socialesD’après une étude de l’UNIGE, les diplômés en sciences sociales sont satisfaits de leur emploi.

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Non, les sciences sociales ne mènent pas au chômage ou à des emplois déconnectés du parcours d’études! La Faculté des sciences de la société (SdS) de l’Université de Genève a mené sa propre enquête sur le parcours de ses anciens étudiants. Portant sur plus de 1500 diplômés, l’étude montre que 78% des titulaires d’un master ont trouvé un travail un an après être sortis de l’Université. Plus généralement, la plupart des diplômés occupent des emplois dont ils se disent largement satisfaits. Si le chômage apparaît au fil de leur parcours, c’est le plus souvent une expérience unique et de courte durée. «On entend souvent dire que les sciences de la société sont une fabrique de chômeurs ou que les emplois des diplômés de ces filières ne correspondent pas à leurs études. Ce n’est pas le cas, sauf peut-être au tout début de leur parcours et le rattrapage se fait rapidement», se félicite le professeur Bernard Debarbieux, doyen de la Faculté des SdS.

L’enquête, réalisée en novembre 2015, a suivi les diplômés entre 2005 et 2015. Son objectif: décrire leur situation, comprendre la manière dont ils se sont insérés dans le marché du travail et évaluer leur satisfaction professionnelle. Dans ses résultats, elle met en exergue des points positifs, mais il existe des points sombres.

Le bachelor ne suffit plus

Ainsi, le bachelor, le diplôme que l’on obtient après trois ans d’études, ne suffit plus aujourd’hui. Le master (cinq ans d’études) est devenu la norme. «Avec la réforme de Bologne, le bachelor est considéré comme un diplôme d’étape», commente le doyen. Un an après l’avoir obtenu, seuls 38% des diplômés ont un travail. «Cela s’explique grandement par le fait que 92% des bacheliers suivent un master. Ils ne se trouvent donc pas sur le marché de l’emploi», précise Emilie Rosenstein, l’une des auteures de l’enquête. Pour ceux qui arrêtent les études à ce stade, les perspectives se révèlent moins bonnes que pour les titulaires d’un master, tant en termes de revenu, de position hiérarchique, de responsabilité que d’adéquation du diplôme à l’activité professionnelle. Autre point noir: de nombreux répondants estiment que l’Université ne les a pas suffisamment préparés aux réalités du marché du travail ( lire ci-dessous).

Les bonnes surprises? Le revenu des diplômés en sciences sociales serait globalement supérieur à celui de la population active. Près de la moitié des diplômés gagnent entre 52 000 et 104 000 francs par an; pour 15% d’entre eux, le revenu annuel dépasse 104 000 fr. La satisfaction salariale est relativement haute et celle liée aux conditions de travail l’est davantage encore. Dans la moitié des cas, les diplômés estiment que la formation en sciences sociales leur a permis de satisfaire les conditions d’embauche.

Stage et séjour à l’étranger

De façon assez attendue, la valeur du stage comme tremplin vers l’emploi se confirme; d’ailleurs, 64% des diplômés en ont effectué un. De même, le séjour à l’étranger est perçu comme utile dans 80% des cas. Une écrasante majorité des diplômés interrogés estime pouvoir faire valoir des compétences, comme des capacités de synthèse, une aisance rédactionnelle, des facultés d’analyse et de résolution de problèmes, une autonomie, une connaissance approfondie des enjeux nationaux et internationaux comme des acteurs sociaux et économiques. Les trois quarts des diplômés pensent que leur formation leur a permis de progresser dans leur carrière. Enfin, l’enquête montre que les études en sciences sociales ouvrent la voie à de nombreuses possibilités de spécialisation, voire de réorientation professionnelle. Le débouché privilégié demeure le secteur public: enseignement, recherche, santé, action sociale et administration publique. (TDG)

Créé: 13.12.2016, 18h30

Des masters professionnalisants

«Détenir un diplôme universitaire constitue toujours une plus-value. Le taux de chômage décroît en fonction du niveau de diplôme, souligne le professeur et doyen de la Faculté des sciences de la société (SdS) Bernard Debarbieux. Dans le marché du travail suisse, qui s’est beaucoup ouvert avec les Bilatérales, le diplôme pèse davantage et le réseau moins qu’il y a quinze ans.» L’enquête souligne d’ailleurs «l’atout doctorat»: près d’un quart des docteurs en sciences sociales devient membre d’un comité de direction et un tiers gagne plus de 104 000 francs par an. Faut-il comprendre qu’il faut désormais toujours viser un diplôme plus haut, les autres s’étant dévalués? «Non, je ne crois pas. Et je ne suis pas sûr que le marché du travail ait la capacité d’absorber beaucoup de docteurs», répond Bernard Debarbieux.
Entendant les diplômés qui reprochent à l’Université de ne pas les avoir suffisamment préparés au monde professionnel, la Faculté des SdS développe des masters professionnalisants. Il en existe déjà quatre, rappelle le doyen: «Un master en journalisme et communication digitale – les diplômés trouvent tout de suite un emploi dans ce dernier secteur; un master en développement territorial, qui répond à une forte demande de ce milieu; un master en management public; et un master en standardisation, qui s’adresse aux personnes qui définiront les standards et certifications de demain (du type ISO). Nous en préparons un cinquième sur les objectifs du développement durable, en partenariat avec l’Université chinoise de Tsinghua.» S.D.

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