Chêne-Bourg
Un suspect arrêté avec les clés de la retraitée agressée
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Violent, cruel et cupide. A en croire les premiers éléments de l’enquête, c’est ainsi qu’apparaît l’homme ayant agressé, torturé et séquestré une retraitée dans son appartement à Chêne-Bourg samedi soir. Selon les premiers éléments de l’enquête, dont la Tribune de Genève a pris connaissance, l’homme a frappé la victime à l’œil avant de l’attacher et de lui dérober ses cartes bancaires, ses bijoux et 10 000 francs. Après avoir été ligotée dans sa baignoire, l’aînée a entendu des rires dans une autre pièce, laissant penser que son agresseur n’était pas seul.
Quoi qu’il en soit, deux suspects, un Algérien et un Palestinien, ont été interpellés le soir même vers minuit aux Eaux-Vives à deux pas d’un bancomat UBS. Selon une source policière, un des prévenus avait sur lui les clés de la victime, l’autre cachait un billet de 1000 francs dans sa chaussure. Peu avant, à 23 h, les deux hommes avaient retiré 5000 francs sur le compte de la retraitée. La banque a visiblement mis les inspecteurs sur la piste des suspects.
«Je n’ai besoin de rien»
Le calvaire de l’aînée a commencé vers 21 h samedi. Une personne sonne à sa porte. Elle regarde par le judas. Le corridor est dans l’obscurité. Elle n’aperçoit qu’une ombre et imagine qu’il s’agit d’un colporteur. «Je n’ai besoin de rien», dit-elle. Le malfrat prononce quelques mots qu’elle ne comprend pas. Mais il parvient ainsi à gagner la confiance de la locataire qui ouvre la porte. Il glisse aussitôt son pied dans l’appartement pour empêcher la retraitée de s’enfermer et d’appeler au secours.
Il s’agit d’un homme, de type maghrébin, mesurant entre 1,80 et 1,90 m, dira-t-elle aux enquêteurs. L’inconnu la traîne par les vêtements dans la chambre à coucher et la pousse sur son lit. Il la frappe au visage. Elle tombe sur le matelas, tente plusieurs fois de se relever, mais à chaque fois l’homme, armé d’un long couteau, la rejette sur son lit. Il la somme de se taire ou de parler moins fort et monte le volume de la TV pour couvrir les bruits. Il se met à fouiller l’appartement, s’empare des bijoux de la retraitée et de son argent. En la menaçant, il la somme de griffonner sur un papier le code des cartes bancaires. Il menace même de revenir se venger, avec plusieurs complices, si le code révélé est faux. Le voyou arrache ensuite une lanière d’un sac à main et lui attache les poignets. Il la conduit dans la baignoire, se saisit d’une écharpe et lui lie les pieds. Une fois son forfait accompli, l’homme s’enfuit. Avec un complice? L’enquête le confirmera. Il est passé 22 h: le voisin de la victime, qui a entendu des cris et qui s’étonne du volume excessif de la TV, se rend chez elle. Il lui porte secours puis alerte immédiatement la police.
La version des détenus
Une heure plus tard, cinq retraits de 1000 francs sont effectués avec la carte de la retraitée aux Eaux-Vives. La police quadrille le quartier. Soudain, une patrouille aperçoit les deux suspects devant un autre bancomat qui vient d’avaler la carte. L’interpellation est musclée. Un des policiers est blessé au doigt. Un des prévenus a reçu des coups au visage et sur le ventre. Au poste, les suspects contestent les faits reprochés. Ce duo de multirécidivistes est mis en prévention de brigandage, avec la circonstance aggravante de la cruauté et de l’arme dangereuse, ainsi que de séquestration. Les détenus risquent, selon la loi, une peine oscillant entre 5 et 20 ans de prison. L’un d’eux déclare avoir passé la soirée aux Eaux-Vives chez des amis. Il avait rendez-vous, dit-il, vers 21 h avec le second prévenu, qu’il dit connaître depuis peu. Ce dernier serait arrivé aux Eaux-Vives à 22 h et aurait affirmé avoir reçu une carte bancaire d’une connaissance mais qu’il ne savait pas comment retirer l’argent. Version crédible? Les enquêteurs trancheront. Pour cela, ils attendent, ces prochains jours, les résultats de l’ADN prélevé dans l’appartement de la victime. «Je rappelle qu’ils sont présumés innocents», explique Me Romain Jordan, avocat d’un des suspects. Ce dernier se refuse à tout commentaire. Tout comme Me Corinne Arpin, avocate du second prévenu.
(TDG)
Créé: 23.02.2012, 07h19







