parc des Bastions
Un mort chez les Indignés sème la discorde en Ville
Par Olivier Francey et Julien Culet . Mis à jour le 07.02.2012 21 Commentaires
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Les Bastions, c’est fini, mais le combat continue
Hier après-midi, les Indignés tenaient une conférence de presse pour annoncer la fin de l’occupation du parc des Bastions. Les représentants du mouvement n’ont fait aucune référence au décès du jeune homme. La raison officielle de leur départ? Ils invoquent une gestion trop lourde du campement. D’après eux, le froid, les luttes incessantes avec les autorités et les personnes à problèmes ont eu raison de l’occupation du parc des Bastions. «Le camp est devenu un poids pour nous, on passe la majeure partie de nos assemblées générales à discuter de sa gestion», explique Clémentine.
Leur combat ne s’arrête pas pour autant. Ils cherchent, avec la Ville, un point de chute pour se réunir. «Le mouvement connaît une transformation, mais nous continuerons les actions», disent-ils. Il semble pourtant que le drame ait réveillé les Indignés, jeunes pour la plupart, comme l’explique Stéphane, un quarantenaire habitué de la contestation: «Ça leur a fait prendre conscience qu’ils n’ont pas les compétences pour s’occuper de cas difficiles.»
L’homme âgé de 31 ans avait pour habitude de dormir dans le camp des Indignés du parc des Bastions. Sa dernière nuit fut celle du 29 janvier, quand des membres du mouvement contestataire l’ont retrouvé inanimé «devant les tentes du parc», disent-ils. «Dans les toilettes», corrige le conseiller administratif Rémy Pagani. Sa mort ravive les tensions au sein du gouvernement de la Ville.
Il est une heure du matin lorsque les secours arrivent. Transporté aux HUG, l’homme décède dans la journée. Selon nos informations, il aurait consommé «des substances» ainsi qu’une forte dose d’alcool. Un mélange qui peut devenir mortel lorsqu’il est accompagné d’hypothermie.
Rupture de collégialité
Xavier, un Indigné proche de la victime, précise qu’«il n’était pas intégré au campement. Il venait juste pour la nuit car il n’avait nulle part où aller». La victime? «Un ancien forain connu pour avoir eu des problèmes sociaux, relève Stéphane, un Indigné de la première heure. Toxicomane, il avait fait plusieurs tentatives de suicide. Nous l’avions déjà redirigé vers les institutions. Il a fait trois mois à Belle-Idée puis est revenu au camp.»
Un camp qui avait déjà divisé le Conseil administratif de la Ville lorsque le magistrat libéral-radical Pierre Maudet s’était fendu d’une rupture de collégialité en se dessaisissant du dossier le 30 novembre. «Je ne réponds plus de rien en cas d’incident», avait-il déclaré, sans savoir que le temps lui donnerait tragiquement raison.
Note urgente de Maudet
Dimanche 29 janvier, c’est Rémy Pagani qui a eu vent en premier du décès. Il en a fait part à ses collègues le mercredi suivant, jour de séance du Conseil administratif. Aucune décision n’a alors été prise. En fin de semaine, c’était au tour de Pierre Maudet d’envoyer une note urgente aux autres magistrats, demandant l’évacuation immédiate du campement. Une lettre restée sans suite. Interpellé, le magistrat de tutelle du dossier des Indignés, Rémy Pagani, ne décolère pas: «Moi-même ancien assistant social, j’ai déjà eu affaire avec des toxicomanes. Je peux vous dire que cette mort n’a rien à voir avec le camp des Indignés!» L’élu estime avoir fait «son boulot» en tant que médiateur. «La note urgente de mon collègue n’est que de la provocation, un coup de force!»
Aujourd’hui, la question est pourtant sur toutes les lèvres: le drame aurait-il été évité si la Ville avait exigé le démantèlement du camp? Et surtout, pourquoi n’a-t-elle pas procédé à son évacuation immédiate après avoir appris le décès du trentenaire? Des questions que ne manqueront pas de poser les élus municipaux à leurs magistrats.
(TDG)
Créé: 07.02.2012, 07h53
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21 Commentaires
Des "substances"? Chez les Indignés??? Les bras m'en tombent!! Répondre
Je suis en partie d'accord que les marchés financiers sont la principale cause de beaucoup de problèmes en ce moment. Le problème est que nous sommes de plus en plus nombreux et que sans ces marchés nous n'aurions plus de quoi manger. Le capitalisme est incontournable. C'est facile de s'en prendre toujours aux banques. Sans elles, la Suisse serait dans la même ***** que le reste de l'Europe Répondre
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