Un guide sur les droits des détenus est boudé

UniversitéDes étudiants en droit publient une brochure dédiée aux détenus. L’Office cantonal de la détention ne la distribuera pas.

La prison de Champ-Dollon.

La prison de Champ-Dollon. Image: Keystone

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Santé, sanctions, droit à l’information, droit de vote. Toutes les questions auxquelles sont confrontées les personnes en détention provisoire à Champ-Dollon trouvent désormais des réponses dans un livret de 108 pages réalisé par des étudiants de la Faculté de droit, présenté au public mardi. Mais voilà, les détenus n’y auront pas accès…

«Nous voulions synthétiser et rendre accessible les règles – internationales, nationales et cantonales – qui régissent la détention avant jugement, sans juger de leur application à Champ-Dollon», explique la professeure Maya Hertig Randall, cofondatrice de la Law Clinic, cours pratique consacré aux droits des personnes vulnérables. Dans un contexte politique sensible, quel accueil a reçu le projet? «Nos étudiants ont surtout eu des contacts avec le directeur de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis, qui les a très bien accueillis et a répondu à leurs questions.»

Cet immense travail de vulgarisation juridique sera-t-il communiqué aux détenus? Maya Hertig Randall l’espérait encore mardi. Contacté ce mercredi, l’Office cantonal de la détention répond par la négative. Même si le directeur de la communication Laurent Forestier salue l’initiative, il rappelle que «cette brochure résulte d’une démarche académique et ne constitue pas un «mode d’emploi concret» de la vie en détention, à l’inverse du règlement de la prison». Et d’ajouter: «La jurisprudence relative aux conditions de détention est très changeante et la distribution d’une telle brochure implique une obligation de réactualisation permanente que nous ne pourrions assumer. Nous n’entendons donc pas à ce stade assurer une distribution aux détenus, car nous ne pourrions garantir une égalité d’accès à l’information ni nous porter garants de la mise à jour du document.»

La Law Clinic n’est toujours pas bien comprise ou perçue. Sa première analyse consacrée au droit des Roms en situation précaire avait créé en 2014 une levée de boucliers de l’UDC. Sans connaître encore la destinée de la dernière brochure en date, Maya Hertig Randall a rappelé mardi la mission de l’université: «Nous énonçons le droit. Nous ne sommes pas là pour plaire.» (TDG)

Créé: 12.10.2016, 19h28

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