Un fonctionnaire blâmé pour ses propos déplacés

JusticeUn employé de la Ville multiplie les impolitesses au guichet. Après deux avertissements, il a reçu un blâme. Qu’il conteste.

Image d'illustration.

Image d'illustration. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Deux avertissements et un blâme. La Ville de Genève a bien de la peine avec l’un de ses fonctionnaires. Grossier, voire agressif avec les personnes qui se présentent au guichet, l’employé a suscité moult plaintes. Les juges de la Cour de justice ont dû se pencher sur l’affaire, qu’ils viennent de relater dans un arrêt édifiant de 26 pages, dont voici la teneur.

L’employé travaille au guichet du Service de l’état civil depuis 2009. Très vite, ses supérieurs lui demandent d’être moins agressif avec la clientèle et de ne pas la soumettre à un interrogatoire policier. Des cours devraient l’aider. Il suit la formation «Gérer le stress», puis celle intitulée «Communiquer autrement 1» et enfin le module «Communiquer autrement 2». Sans grand succès puisqu’on lui reproche à nouveau des propos déplacés. Sa cheffe de service l’avertit et l’envoie au cours «Gestion du temps et efficacité personnelle». Toujours sans résultat. Un jour, il répond à un administré qui cherchait un collaborateur, absent ce jour-là: «Le guichet des Somaliens est fermé aujourd’hui.» Nouvel avertissement.

A une dame qui peine avec sa poussette à franchir les marches avant d’arriver au guichet et qui demande comment faire, l’employé répond: «Avec la force des bras.»

Méthode du «disque rayé»

Puis les tours montent un matin de septembre 2014. Piqué au vif par le mauvais accueil qu’on lui réserve, un client se targue d’être le petit-fils d’une «illustre personnalité». Il écrit pour se plaindre et la conseillère administrative Esther Alder lui répond pour lui «présenter ses excuses» et l’assurer que «des mesures seraient prises pour que cette situation ne se représente pas». Après avoir donné sa version des faits, l’employé reçoit cette fois un blâme.

Le fonctionnaire recourt auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice. Sa ligne de défense? La Ville n’a procédé à aucune mesure d’instruction, elle n’a donc aucun élément probant pour fonder une sanction disciplinaire. Son droit d’être entendu a été violé, tout comme la présomption d’innocence. En outre, comme la Ville s’est excusée auprès de l’administré avant de sévir, cela prouve qu’elle était mal disposée à son égard. L’employé reconnaît utiliser la méthode du «disque rayé» apprise lors d’un cours, qui consiste à répéter la même réponse à la personne au guichet qui ne comprend pas. Enfin, on lui aurait refusé le cours «Mieux communiquer avec le public».

Procédure respectée

Les juges font comparaître les parties. La cheffe de service indique qu’elle reçoit trois plaintes par mois à cause de cet employé alors que ses collègues ne génèrent que deux plaintes par an.

Les juges statuent et rejettent les arguments du fonctionnaire. La procédure menant au blâme a été respectée. La sanction est proportionnelle et fait suite à deux avertissements qui établissent que le problème est récurrent. Ils relèvent que les statuts de la Ville obligent ses employés à «établir des contacts empreints de compréhension et de tact avec le public». Par ailleurs, la méthode du «disque rayé» a été apprise à une autre formation, intitulée «Affirmation de soi», suivie par l’employé après les faits.

Les juges rejettent finalement le recours et fixent à l’employé un émolument de 1500 francs. On apprend enfin qu’en cours de procédure, ce dernier a reçu… un deuxième blâme. (TDG)

(Créé: 10.01.2016, 18h31)

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Leuthard succède à Schneider-Ammann
Plus...