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Success story

Un Genevois consacré prince des PME au pays des cheikhs

Par Julien de Weck. Mis à jour le 22.02.2012 9 Commentaires

L'entreprise de Michael Lahyani, un site d’annonces immobilières en ligne, s’est classée au 3e rang du top 100 du Dubai SME.

Michael Lahyani dans son bureau à Dubaï, en novembre 2011.

Michael Lahyani dans son bureau à Dubaï, en novembre 2011.
Image: Julien de Weck

Propertyfinder.ae, l'équivalent du site Homegate aux Emirats arabes unis, vient de se classer au 3e rang des 100 PME dubaïotes. Ce classement, réalisé en fonction de critères de performances et de développements, a consacré mardi dernier la société du Genevois Michael Lahyani, 31 ans. Rencontre.

Media city, l’aire 2.0 de Dubaï. Un quartier vertigineux, qui se scrute la tête au ciel. Au quinzième étage de la Shatha Tower, l’équipe de Michael Layhani s’affaire dans l’open space. L’entrepreneur y dirige Propertyfinder.ae, un site internet d’annonces immobilières qu’il a créé, devenu en l’espace de six ans le premier portail des Emirats arabes unis. Derrière les écrans, une mappemonde de visages formée par quinze nationalités. Côté fenêtre, le bureau du boss, 31 ans. La success story helvétique au pays des cheikhs.

Le destin émirati de Michael Lahyani débute en 2004. Diplômé de HEC Lausanne, ce fils de marchand d’art genevois se rend à Dubaï en visite. Premières impressions. «A l’époque, la ville était une immense maquette aux projets mégalo. L’effervescence qui y régnait m’a immédiatement stimulé.» Son regard se tourne vers la baie vitrée. Dehors, l’horizon se lit à la verticale. A perte de vue, des murs de gratte-ciel qui narguent le désert. «En Suisse, je venais de cofonder un magazine dédié aux passionnés de chevaux. Quand j’ai réalisé le culte que vouait les Emirati aux équidés, j’avais trouvé ma porte d’entrée à Dubaï.» De retour à Genève, il contacte ses annonceurs et lance dans la foulée une version destinée au Golfe. Premier succès. Il pose ses valises quelques mois plus tard dans la cité portuaire. Avant d’enchaîner.

Vie de nabab

Du bagou, une bonne gueule et des idées à revendre. Michael Lahyani incarne l’entrepreneur décomplexé, voire énervant. La vie à Dubaï ? «Le domaine de tous les possibles. Un chauffeur, une employée de maison et le soleil 330 jours par an», rigole le Genevois. Qui se mue volontiers en provocateur: «Vous pouvez écrire nabab, ça fera jaser au bout du lac.» Dont acte.

Genève-Dubaï. Hormis la proximité de l’eau, le choc culturel est à la hauteur des constructions. Composé à 80% d’étranger, le royaume des cheikhs cultive ses paradoxes, entre ultra-libéralisme économique et mœurs dictées par la charia. La consommation d’alcool y est autorisée, mais gare aux écarts. «Un soir, j’ai embrassé ma compagne dans la rue. Erreur. J’ai dû négocier des heures avec la police locale pour ne pas finir au poste!»

Prise de sang pour l'obtention du permis de travail

L’obtention du permis de travail aux Emirats arabes unis illustre le fossé culturel. A ses débuts, Michael Lahyani s’est soumis à la prise de sang et au test de séronégativité. Avant de dénicher la signature d’un sponsor local, «condition sine qua non pour démarrer un business à Dubaï.» Contre rémunération, un Emirati «de bonne réputation» se gage de la démarche entrepreneuriale, un moyen pour l’Etat de choisir ses immigrants.

En 2005, l’Emirat vit dans l’hystérie de la construction. Le Genevois flaire une nouvelle opportunité. Un deuxième magazine, dédié aux annonces immobilières, est lancé. L’offre séduit les professionnels, au grand dam du puissant Gulf News, le quotidien d’informations régionales. «L’éditeur contactait tous nos annonceurs pour les menacer. Derrière, ils nous rappelaient pour se désister, avouant l’impossibilité de travailler avec deux publications concurrentes.» Le Genevois s’accroche et développe en parallèle le portail internet.

Rachat australien

Un coup de fil du consulat australien va bouleverser ses affaires en 2007. Rea Group, une société de News Corp, propriété du magnat Rupert Murdoch, souhaite entrer au capital. «Deal». Ils rachètent 51% de l’entreprise et apportent leur savoir-faire. «Nous étions présents sur le web, les Australiens nous ont appris à y gagner de l’argent.» Le papier est délaissé au profit du numérique.

Fin 2008, le miracle économique des Emirats arabes unis est rattrapé par la crise des subprimes américains. L’onde de choc provoquée par la faillite de Lehmann Brothers met deux semaines avant de contaminer la péninsule arabique. Les gratte-ciel dubaïotes chancellent. Acculé, l’Emirat stoppe ses chantiers pharaoniques et fait appel aux petrodollars du grand frère Abou Dabhi. Crise immobilière.

Conséquence directe pour le Genevois, les affaires ralentissent et le propriétaire australien s’impatiente. Le portail d’annonces crée par Michael Lahyani n’est toujours pas rentable. S’engage alors un bras de fer entre les deux hommes, avant que l’entrepreneur ne puisse en 2009 racheter ses parts, «pour un bon prix au vu de la situation économique de Dubaï à cette période.»

Prochaine étape: le Qatar

Michael Lahyani laisse passer l’orage. Les premières éclaircies apparaissent en 2010, avant une reprise fulgurante de ses affaires. «Je suis passé entre les gouttes, rigole le Genevois, car crise immobilière ou non, les biens continuent à être proposés aux clients et c’est précisément là que nous intervenons.» Bénéficiaire, sa PME, «va poursuivre sa croissance. Ce prix décerné par le Ministère de l’Economie va agir comme levier envers les investisseurs.» Une consécration en forme d’étape sur son implacable carnet de bord. «Je suis focalisé sur le Qatar, où nous ouvrons une succursale en 2012, avant les autres pays du Golfe.» A Genève demeurent sa famille et ses amis. Pas ses affaires. «Les pays émergents, voilà ce qui est excitant.» (TDG)

Créé: 22.02.2012, 10h34

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9 Commentaires

mais tout à fait

22.02.2012, 13:46 Heures
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Voilà qu'à Genève on fait comme les parisiens franco-français: on se gausse de ceux qui viennent de par chez nous qui réussissent à l'étranger. A votre place, je me préoccuperais plutôt de pourquoi ceux qui entreprennent et réussissent s'en vont le faire ailleurs. Je pose la question, au cas où un socialiste aurait encore une brillante idée pour les faire partir un peu plus..... Répondre


Jean-Paul Ney

22.02.2012, 13:21 Heures
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La preuve de plus que le monde des affaires s'accommode de travailler dans des pays non-démocratiques. Répondre



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