Un «Appel de Genève II» réclame une rapide sortie du nucléaire

ÉnergieTrente-cinq ans après le premier Appel de Genève contre la centrale de Creys-Malville, un nouveau groupe interpelle les autorités suisses.

Image: Lucien Fortunati

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L’Appel de Genève a retrouvé sa voix. L’association de professeurs et physiciens qui, en octobre 1978, avait interpellé les candidats au parlement européen pour trouver une solution de rechange au générateur nucléaire Surperphénix de Creys-Malville, a décidé de se reformer, trente-cinq ans après, pour lancer un second appel aux autorités.

Au centre de la mire, la politique énergétique 2050 de la Confédération qui malgré une volonté de sortie progressive du nucléaire, ne semble pas prête à accélérer les démarches. «Dans les années 1970, on estimait le risque d’accident à une fois tous les cent mille ans. Pourtant à vingt-cinq ans d’intervalle, nous avons eu Tchernobyl puis Fukushima. En fait, la probabilité de tels accidents est complètement imprévisible, estime Ivo Rens dépositaire de l’Appel. Sur les 400 réacteurs nucléaires actifs dans le monde, une majorité date des années 1970. Une catastrophe pourrait surgir n’importe où, n’importe quand.»

L'Appel de Genève II veut s'internationaliser

Ce deuxième Appel de Genève regroupe déjà une trentaine de signatures internationales provenant de physiciens, d’ingénieurs, de professeurs d’université et de nombreux politiciens dont Rémy Pagani, Manuel Tornare ou Micheline Calmy-Rey. «Nous souhaitons attirer des membres de tous les partis dans ce combat universel», souligne Ivo Rens. Afin de récupérer des paraphes, l’association pour l’Appel de Genève II a ouvert un site participatif (www.apag2.wordpress.com) qui regroupe les lettres et documents envoyés aux autorités fédérales.

L’objectif de l’Appel, à terme, est de s’internationaliser, afin de provoquer «des prises de consciences ou des démarches, des publications, des actions» en faveur d’une sortie accélérée du nucléaire. «Aujourd’hui, la politique énergétique 2050 du Conseil fédéral préconise de préserver les centrales tant qu’elles satisfont aux exigences de sécurité technique. C’est une hypocrisie! A Fukushima ou Tchernobyl aussi il y avait des exigences de sécurité technique. La vérité, c’est qu’on ne sait pas prévenir de telles catastrophes» tempête Pierre Vanek, permanent de SolidaritéS et signataire de l’appel.

Si le projet peut paraître ambitieux, l’objectif avoué de cet Appel est de créer une première décharge qui entraînera une réaction en chaîne. «Nos moyens sont modestes mais nous devons diffuser l’information. On produit des déchets radioactifs que personne ne sait faire disparaître et notre seule solution est de les enterrer pour mille siècles, souligne Pierre Lehmann initiateur de l’Appel. Encore maintenant, de nombreux nucléocrates croient qu’il est possible de démanteler une centrale jusqu’à y faire repousser le gazon.» (TDG)

(Créé: 18.09.2013, 18h04)
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