Altercation au MàD
Thomas Barth: «L’affaire Mark Muller est très mauvaise pour le parti»
Par Fabiano Citroni . Mis à jour le 20.01.2012 38 Commentaires
Une conciliation? Pas sûr
Mandatée pour enquêter sur l’altercation du Moulin à Danses (MàD), l’Inspection générale des services a bouclé ses auditions. Et transmis le dossier au procureur général, Daniel Zappelli. Qui pourrait tenter de concilier les parties, comme prévu par le Code de procédure.
«On accueillerait favorablement cette idée», confie Me Alec Reymond, l’avocat de Mark Muller. Son client craindrait-il d’être désavoué par la justice? «En aucun cas, répond-il. Mais dans les histoires bénignes, on regarde si une issue pragmatique, amicale et simple peut être trouvée. Un arrangement peut passer par le versement d’une indemnité ou la présentation d’excuses.»
Mark Muller pourrait-il donc indemniser le barman du MàD? «Ils sont tous les deux plaignants, corrige Me Reymond. Il faudrait s’intéresser au préjudice avéré de l’un et de l’autre.»
Une conciliation? Pour Me?Roland Burkhard, qui défend le barman avec Me Philippe Juvet, «il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Comment parler de conciliation alors qu’on ne sait pas ce qu’il y a dans le dossier? A ce jour, il y a deux versions opposées. Il faudrait que Mark Muller reconnaisse que les choses se sont passées comme notre client le dit. Par ailleurs, je ne sais pas si notre client envisage ou non l’hypothèse d’un arrangement à l’amiable.» F.C.
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Une semaine après le début de l’affaire Mark Muller, impliqué dans une altercation le 1er janvier au Moulin à Danses (MàD), les membres du Parti libéral-radical ont décidé, jeudi, de serrer les rangs derrière leur représentant au Conseil d’Etat. Une décision qui constitue une erreur politique, selon le maire de Veyrier, Thomas Barth. Cet élu PLR a été le premier – et reste un des seuls – à laisser entendre que Mark Muller devait quitter la scène politique. Il s’explique.
Thomas Barth, votre parti ne veut pas bouger avant de connaître la position de la justice sur l’affaire. Pourquoi le déplorez-vous?
La présidence et le comité directeur ont décidé de ne rien décider. Dans l’opinion publique, ce flou est contre-productif et risquer de porter préjudice au parti sur le long terme.
Qu’aurait dû faire le parti?
Annoncer qu’il soutenait corps et âme Mark Muller ou annoncer qu’il ne le soutenait plus. Là, il laisse planer une incertitude, un doute. Ce n’est pas ce qu’on attend de la part de décideurs.
Mais le parti est mal pris.
Il lui est impossible de lâcher son candidat. Et, s’il le soutient, il se montre hypocrite. La direction du parti est embarrassée quant à la stratégie à suivre. Elle part sûrement du principe que si elle invitait Mark Muller à démissionner, le PLR perdrait alors son siège. Reste qu’il fallait impérativement faire un choix.
Quel choix?
Je ne suis pas à la présidence ni au comité directeur du parti.
Répondez à la question.
Dans l’idéal, Mark Muller aurait dû prendre ses responsabilités, mais il a décidé de ne pas le faire. Selon moi, à tout le moins, il aurait dû annoncer immédiatement qu’il ne se représenterait pas en 2013. Pourquoi?
Cette décision aurait calmé les esprits. Qu’on le veuille ou non, l’affaire du Moulin à Danses, même d’ordre privé, a une certaine implication politique puisqu’elle implique un conseiller d’Etat. Dès le départ, elle a concerné l’homme autant que le magistrat, les militants autant que le parti. En termes d’image, ne nous voilons pas la face, elle est très mauvaise.
Vous êtes le seul élu du PLR à tenir un discours aussi fort. Pourquoi?
La difficulté, en politique, c’est le parler vrai. Et je reçois de nombreux messages de soutien.
Vous seriez donc le seul élu courageux au sein du parti?
Je n’ai pas dit ça. C’est peut-être une question de caractère. Et j’ai la chance d’exercer un mandat électif qui me permet d’être écouté et entendu.
Votre parti vous a-t-il incité à faire profil bas?
Je n’ai jamais subi une quelconque pression.
Avez-vous eu un échange avec Mark Muller?
Je lui ai adressé un message de soutien lié à la procédure en cours. Car c’est sur le terrain politique que je souhaite confronter mes idées aux siennes. Il m’en a remercié.
Vous l’attaquez dans les médias, mais vous n’avez pas pris la parole lors de l’assemblée du parti. Vous êtes-vous dégonflé?
Pas du tout. J’ai participé à un débat télévisé à la même heure et j’ai donc manqué le début de l’assemblée. Lorsque l’affaire Muller a été évoquée, j’ai vu le magistrat très affecté. Je me suis dit, avec d’autres qui pensaient intervenir, qu’il fallait avoir du respect pour l’homme et ai passé mon tour.
Il se murmure que vous visez la place de Mark Muller et que c’est pour cela que vous l’attaquez. C’est vrai?
Non. Mon seul souci, aujourd’hui, est le bon fonctionnement du PLR et ses victoires futures.
Et dans deux ans, vous serez en lice?
A priori, ce ne sera pas le cas, pour des raisons familiales et professionnelles.
Dans votre parti, les coups de couteau dans le dos sont légion. Cela vous fait-il peur?
En treize ans de politique, je n’ai jamais fait le moindre calcul. Si je devais prêter attention à cela, j’aurais cessé depuis longtemps d’être au service de mes électeurs.
Qui sera le plus en péril lors des élections de 2013: Isabel Rochat ou Mark Muller?
Clairement lui, s’il se représente. Isabel Rochat travaille, obtient des résultats et continuera d’en obtenir. Mark Muller, lui, ne pratique pas une politique d’aménagement du canton correspondant à ce que bon nombre d’électeurs du PLR attendent de lui.
Président soulagé
Président du Parti libéral-radical, Alain-Dominique Mauris se dit soulagé au lendemain de l’assemblée ordinaire du parti. Motif: «Le rendez-vous de jeudi constituait une épreuve de vérité puisque chacun a eu la possibilité de dire ce qu’il pensait de l’affaire impliquant notre magistrat. Et qu’a dit la base? Qu’en attente de la décision de la justice, Mark Muller devait être soutenu. La base partage donc l’avis de la présidence et du comité directeur.» Au terme d’une semaine de polémique, Alain-Dominique Mauris part du principe que «les déclarations de Mark Muller concernant l’altercation du Moulin à Danses sont conformes à ce qui s’est passé. En l’état, nous faisons confiance à notre conseiller d’Etat.» Mais que se passera-t-il si la justice devait condamner le magistrat? «Nous aviserions, répond le président du PLR. Comme je l’ai déjà dit, Mark Muller a commis une faute qui rejaillit sur le parti. C’est précisément pour cette raison que nous en avons parlé tous ensemble. Maintenant, nous allons continuer de faire ce pour quoi nous sommes mandatés: de la politique.» (TDG)
Créé: 20.01.2012, 22h15
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38 Commentaires
Voilà quelqu'un qui se mouille en osant dire ce que certainement beaucoup d'autres membres de son parti pensent tout bas.....ENFIN, M.Muller une nouvelle fois n'est pas digne de son statut et il faut le dire. Qu'il prenne ses affaires et parte.....et qu'il fasse de même avec son appartement....et vite! Merci Répondre
Après la transgression, vinrent la minimisation voire la transformation des faits. Maintenant, on en est à la victimisation. Il ne manquerait plus que l'interdiction d'exprimer un avis divergent au sein du parti, (pour répondre à M. Marchal, entre autres), et l'arsenal comportemental et argumentatif de M. Berlusconi, à la sauce protestante, serait presque complet. J'ai mal au parti libéral. Répondre


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