ÉDITION
Slatkine sort les œuvres complètes de Rousseau en 24 volumes
Par Etienne Dumont. Mis à jour le 26.06.2012 2 Commentaires
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Une illustration d’époque de Moreau le Jeune pour «L’Emile»
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Un arc de cercle sur une table de la maison de Rousseau, au 40, Grand-Rue. Ou un éventail, si l’on préfère. Avec les œuvres du Genevois, tout devient possible. L’édition complète que propose aujourd’hui la maison Slatkine, associée à sa filiale française Honoré Champion, comporte en effet 24 volumes, dont 7 de correspondance. Voltaire a été plus deux fois plus prolixe, bien sûr, mais il y a déjà de quoi faire, en matière de Lego. Dans sa présentation liminaire, Doris Jakubec les comparera d’ailleurs ces 24 volumes à des briques.
Au centre de cet arc, autour duquel parleront les acteurs de cette énorme entreprise éditoriale, se trouve un beau livre du XVIIe siècle. Il est issu de la première édition complète, posthume des œuvres du philosophe. C’est la Société typographique de Genève qui s’était chargé de l’entreprise. «Et il a fallu trois ans de demi à Moultou, Du Peyrou et Girardin pour en venir à bout en 1782», s’exclame un des participants.
Vingt collaborateurs
Cette fois-ci, il aura fallu quatre ans pour sortir un monument qui arrive, on s’en étonne presque, à proposer des textes inédits. Ces pièces n’avaient pas été retenues pour les volumes que La Pléiade a égrenés entre 1959 et 1995. Le Neuchâtelois Frédéric S. Eigeldinger, cheville ouvrière de l’entreprise avec le Belge Raymond Trousson, s’en indigne. On aurait laissé passé là des œuvres importantes aux yeux même de l’auteur. «Il suffit de voir le soin qu’il avait mis à les calligraphier. Ils étaient destinés à une publication.»
Inutile de dire que les deux hommes ne sont pas restés seuls. Il leur aura fallu une vingtaine de collaborateurs. L’œuvre apparaît non seulement immense, mais diverse. Rousseau s’est intéressé aux sciences, à la musique, à la politique et j’en passe. Il fallait l’appareil de notes idoines. «Pour le «Dictionnaire de la musique», qui forme le tome le plus épais, il a ainsi fallu 2500 notes pour le rendre illisible», précise l’éditeur Michel Slatkine.
Tisser une toile
Mais à qui se voit destiné ce monument encombrant sur le plan physique? Aussi bien Raymoud Trousson que les autres parlent de «L’honnête homme du XXIe siècle». Autant dire d’une espace aussi menacée que les ours blancs et lkes pandas géants. «C’est pour cela que nous avons pensé dès le départ à une version électronique sur abonnement», explique Michel Slatkine.
A la veille du 28 juin, jour doublement «J», cette dernière n’est pas encore terminée. le travail en aval durera quelques mois encore. Frédéric Kaplan la présente bien. Tout sera facilité pour le confort du lecteur. Plus besoin d’index. Le module sait. Il peut mettre en relation. L’homme a ainsi pensé à une chose fort utile, surtout pour la correspondance. Par le rapprochement plus ou moins fréquent des occurrences communes sur une page, l’utilisateur saura si ces gens sont proches ou non. «Il est possible de tisser une toile des rapports humains qui va du plus proche au plus lointain.»
L’éternel duel
Et à propos de pages, combien y en a-t-il? Vite vu: 15?284. Le prix du tout est de 1900 francs relié. «Mais on pourra acquérir les volumes à l’unité», précise Michel Slatkine. Il y aura aussi un prix spécial pour la correspondance, brochée, derrière laquelle on ne pouvait retrouver que Jean-Daniel Candaux, le seul survivant de la version Pléiade. Il sera de 200?francs. De quoi lire tout un été. Avec une petite frustration. Il n’y a là que Jean-Jacques et pas les lettres de ses interlocuteurs.
Précisons que la longue conférence de presse s’est terminée par un duel à fleurets mouchetés. Raymond Trousson y tenait le rôle de Rousseau. Maître Bonnant s’était mis dans la peau de Voltaire. Un exercice simple pour lui. Qui incarne le passé? Où réside l’avenir? Conclusion, Rousseau l’a emporté avec une botte secrète. En créant une éducation que Me Bonnant trouve aberrante, il a tué la race des vrais lecteurs. Ceux qui dévoraient Voltaire, bien évidemment!
(TDG)Créé: 26.06.2012, 15h08
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2 Commentaires
Bonjour,2500 notes pour rendre le Dictionnaire de la musique illisible... Combien en faut-il pour le rendre lisible ? Répondre
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