Retraite des fonctionnaires
Si la majorité ne concède rien, le piège du référendum se refermera sur les syndicats
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Enjeux
La fusion concerne les deux plus grandes caisses publiques du Canton: la CIA (enseignement et administration centrale) et la CEH (santé). Ces caisses sont en primauté de prestation et fonctionnent selon un système mixte de répartition/capitalisation. La loi fédérale leur impose de couvrir 80% de leurs engagements d’ici à 2052.
Or, l’an passé, leur taux de couverture atteignait 47% (CIA) et moins de 60% (CEH). Pour arriver au but fixé par Berne, l’Etat propose d’augmenter d’un point les cotisations (26 à 27%) et de faire passer la durée de cotisation de 39 à 40 ans. L’âge de départ augmenterait à 64 ans. En parallèle, l’Etat recapitaliserait la CIA à hauteur de 800 millions. (M.Bn.)
Tableau présenté par le Département des finances illustrant l'effet sur l'échelle des traitements du plan de recapitalisation des caisses de retraite selon le projet de loi 10847 voté par la commission des finances.
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Ce vendredi, avant 19h, la majorité du Grand Conseil aura sans doute voté la loi sur le renflouement et la fusion des deux caisses de retraite des fonctionnaires, la CIA des fonctionnaires de l'Etat et la CEH des travailleurs des Hôpitaux. Il y a très peu de chances qu'un des amendements déposés par le rapporteur de minorité, le chef du groupe socialiste Roger Deneys ne soit accepté. «Même si le MCG et les Verts devaient désavouer leur représentants à la commission des finances, ils ne peuvent renverser la majorité, explique Pierre Weiss, qui n'imagine pas la désertion ce soir d'un seul député PLR, PDC ou UDC.»
Olivier Baud, le patron du Cartel, espère néanmoins que «le PLR saura faire les concessions nécessaires pour éviter au Cartel intersyndical de lancer le référendum». Mais il n'y croit guère et accuse même le PLR d'avoir tendu un piège aux syndicats. Deux amendements sont particulièrement sensibles aux yeux de l'enseignant: que le comité de la nouvelle caisse de retraite compte 28 membres et non 16 comme proposé par la commission des finances et que la charge des cotisations à rattraper en cas de promotion suive la règle générale des deux tiers payés par l'employeur et un tiers payé par l'employé et non de 50/50 comme le propose la majorité de la commission.
Le rapporteur de la majorité reste inflexible. Pierre Weiss et le PLR refuseront la loi si un seul amendement socialiste devait être accepté.
La balle va ce soir passer dans le camp des syndicats. «Ça serait incohérent de ne pas se battre jusqu'au bout», déclare David Andenmatten, coprésident du SSP. Si la loi est voté sans changement, il plaidera jeudi prochain, 20 septembre, pour le lancement d'un référendum devant l'assemblée des délégués. «Nous sommes un syndicat démocratique, c'est l'assemblée qui décidera», dit l'employé des HUG, très remonté contre les «mensonges» du Conseil d'Etat et les «menaces qu'exerce David Hiler en particulier à l'encontre des fonctionnaires».
Olivier Baud s'en remet, lui aussi, à l'assemblée du Cartel qui se réunira un jour avant celle du SSP, le mercredi 19 septembre. Il ne donne pas de mot d'ordre, sans doute convaincu que ce référendum sera très difficile à gagner par la fonction publique.
Bataille de chiffres
La bataille des chiffres ne fait que commencer. Chacun brandit des tableaux qui sont difficilement comparables. Dans son tract, le SSP indique que les rentes mensuelles seront amputées de 16 à 26% selon la classe de traitement. Les futurs retraités pourraient perdre de 330 francs par mois à plus de 1300 francs est-il écrit noir sur blanc. Pierre Weiss dénonce une double manipulation. Il donne des chiffres pour une retraite à 60 ans alors qu'à cet âge on ne cumule que rarement 40 ans de cotisation pleines. En outre, le syndicat ne tient pas compte que le sauvetage des caisses de retraite réclame des sacrifices notamment l'augmentation de la durée de cotisation et l'inclusion du 13e salaire dans le salaire soumis à cotisation. Pour les plus bas salaires (jusqu'à la classe 10), estime le député, les rentes ne seront pas diminuées.
Le député PLR brandit de son côté un tableau fourni par les services de David Hiler, où l'on découvre que la rente totale (AVS + retraite) des travailleurs les moins bien payés de l'Etat (le salaire le plus bas classe 4 anuitée 22 est 5600 francs par mois) atteint 92% de leur dernier salaire. Ce taux diminue progressivement jusqu'à 77%. Pierre Weiss précise qu'il s'agit de la situation des célibataires. Le taux des fonctionnaires mariés est légèrement plus faible dans la mesure où un couple touche l'équivalent d'une rente AVS et demi de célibataire et non deux rentes. (TDG)
Créé: 14.09.2012, 16h50
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