Internet et politique
Salerno et Hodgers sont les nouveaux rois du Web
Par Sophie Simon. Mis à jour le 23.05.2012 11 Commentaires
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Les dessous de l'étude
L’étude, dont la valeur commerciale est estimée à près de 40?000?francs, serait financée à 100% par son auteur, MAJ consulting. Cette agence spécialisée dans le Web marketing, le référencement et l’e-réputation a été créée en août 2011. L’équipe est composée de Paul Merz, fondateur de l’agence, d’une journaliste consultante, d’un graphiste, d’un développeur et d’une «comunity manager».
Les résultats s’appuient sur les performances digitales à partir de «critères objectifs», indépendamment du contenu et du message politique. L’analyse a été effectuée de janvier à mars 2012. Quatre études de ce type devraient paraître chaque année dans différents secteurs d’activité.
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La politique, une affaire de terrain. Oui, mais le terrain des temps modernes se décline aussi virtuellement, sur les réseaux sociaux, les blogs. Une partie du débat politique s’y organise en parallèle des médias traditionnels. En 2010, d’après une étude de l’Office fédéral de la statistique sur «Internet dans les ménages en Suisse», 32% des personnes interrogées avouaient utiliser le Web pour s’informer lors de campagnes politiques. L’agence de Web marketing MAJ consulting (lire encadré) s’est demandé comment le virage numérique est négocié par la classe politique genevoise. Une étude faite entre janvier et mars 2012, à retrouver en intégralité sur notre site tdg.ch.
1. Performance digitale. Tous nos élus (les conseillers municipaux en Ville de Genève, administratifs, nationaux, les conseillers d’Etat et aux Etats, les députés au Grand Conseil) ont vu leur «performance digitale» évaluée selon deux catégories (voir infographie). La première est la réputation numérique, c’est-à-dire la façon dont les politiques gèrent leur image sur le Net, notamment avec la production de contenus positifs réguliers et une veille des résultats nominatifs sur les moteurs de recherche. La deuxième concerne l’action politique 2.0, à savoir l’utilisation d’Internet comme média pour défendre son opinion et interagir avec les citoyens. A noter que les hommes et les femmes politiques genevois semblent privilégier Facebook à Twitter.
2. Réputation numérique. Le grand gagnant de l’image virtuelle est le conseiller national Vert Antonio Hodgers. Notamment grâce à une présence active sur Twitter. «Contrairement à une interview dans la presse ou à la radio, mon profil Facebook permet d’avoir un feed-back mesurable, notamment grâce au bouton «like». Pourtant, selon lui, «faire campagne sur les réseaux sociaux ne permet pas de gagner des voix» mais de «prendre le pouls de la population». Christian Lüscher, deuxième du classement: «Je ne crois pas que mon profil Facebook serve à grand-chose, ce n’est pas une solution miracle.» Antonio Hodgers y voit aussi certains risques, comme «l’appauvrissement du débat public et sa réduction aux «petites phrases».
3. Action numérique. Dans la catégorie «action politique», c’est la conseillère administrative Sandrine Salerno qui tient le haut du pavé pour son implication dans de nombreux médias sociaux. Sur la base de son blog, visité selon elle 1000?fois par mois, elle est aussi présente et active sur Facebook, Twitter, Flickr, YouTube et Instagram. Par ailleurs, la socialiste était déjà très bien placée (quatrième position) dans le classement «réputation numérique».
La magistrate explique poster un maximum de contenu de sa propre plume, sauf pour les aspects purement institutionnels, où son équipe lui transmet un premier jet. Sandrine Salerno ne se «considère pas comme une geek» pour autant, elle admet s’être offert les services de consultants pour le lancement de sa stratégie digitale. Pour rappel, à l’automne dernier, un ex-chargé de communication du département de la politicienne se plaignait d’avoir été licencié pour ne pas avoir suivi certaines instructions d’une supérieure. Comme poster des commentaires sur le site de la Tribune de Genève pour ironiser sur la peur de Salerno vis-à-vis de Kanaan aux élections municipales. Sandrine Salerno avait alors qualifié ces allégations d’«inexactes voire infondées».
4. Les mauvais élèves. Trois députés genevois au Grand Conseil, Christiane Favre, Marie-Thérèse Engelberts et Henry Rappaz, cumulent des scores négatifs dans le classement, soit parce qu’ils sont absents des réseaux sociaux, soit parce que des résultats Google font apparaître des articles négatifs à leur sujet. Par exemple, les premiers liens qui ressortent pour Marie-Thérèse Engelberts évoquent «l’affaire» de ses emprunts personnels il y a plus de dix ans, alors qu’elle était directrice d’une école de soins infirmiers. Sans forcément mentionner le non-lieu obtenu depuis.
Le cas de la conseillère d’Etat Michèle Künzler est analysé comme «typique de la mauvaise gestion d’une e-réputation». En effet, une vidéo humoristique datant de 2007 apparaît dans les premiers résultats de recherche Google la concernant. Dans l’ancienne émission décalée Y a le feu au lac sur Léman bleu, elle apparaît dans une version parodique du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Une petite casserole pas bien méchante. Selon MAJ, «soit l’intéressée n’en a pas pris connaissance, soit elle accepte la critique et l’ironie, et n’a rien entrepris pour faire disparaître le document». Michèle Künzler estime que cette vidéo «est très ancienne. (…) Aujourd’hui, ma priorité ne se situe pas dans la gestion historique de mon image, mais dans la conduite d’actions prioritaires pour Genève.»
5. Les «meilleurs partis». En pondérant la performance du site et l’engagement sur les médias sociaux, c’est le PLR qui arrive en tête du classement de la présence sur Internet des partis politiques genevois. Sa page Facebook atteint presque 8000 fans. «C’est le plus grand nombre de fans pour un parti politique à Genève, voire en Suisse, se targue Geoffroy de Clavière, rédacteur en chef du site Internet du Parti libéral-radical genevois. Mais Facebook menace de fermer les pages nominales des partis politiques, alors nous avons dû reprendre notre slogan «Par amour de Genève» en titre.» Le parti compte sur un système d’«ambassadeurs», qui participent au relais des informations sur la Toile. Une présence sur le Web qui a un coût: 10?000?francs pour la mise en place du site et 12?000?francs pour la campagne Google Adwords (publicité en ligne qui diffuse des annonces en parallèle des résultats du moteur de recherche).
Quels que soient les partis, «les élus en général sont plus prolifiques sur Internet en période électorale», selon l’étude. Le parti cancre, toujours en pondérant les critères de performance et de médias sociaux, est l’UDC.
6. Conseil d’Etat et candidats. Au niveau du Conseil d’Etat, c’est David Hiler qui remporte la palme de l’e-réputation, sans obtenir un excellent score. Quant aux candidats au Conseil d’Etat, Pierre Maudet arrive 8e, talonné par Eric Stauffer en 9e position. L’ex-président du MCG affirme éjecter ses amis Facebook «s’ils émettent un commentaire négatif» et engager «systématiquement une procédure en justice» lorsque les attaques sont calomnieuses. Loin derrière, Anne Emery-Torracinta arrive au 41e?rang. Entretemps, la candidate a d’ailleurs ouvert un profil Facebook, au début du mois d’avril. Ce qui la ferait remonter vers la 33e?place. «Son engagement récent limite clairement sa progression dans l’algorithme, du fait d’un nombre de «fans» très faible, à 275», explique Paul Merz, auteur de l’étude. (TDG)
Créé: 23.05.2012, 07h25
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11 Commentaires
Il est effectivement facile d'être présent sur le web comme Mme Salerno en utilisant (notamment) les compétences de MM Waelti et Lo Verso pour alimenter ses blogs et profils. Propagande payée par le contribuable, il n'y a pas mieux ! Répondre
Ne serait-ce pas justement Mme Salero qui s'était faite remarquer récemment pour utiliser les fonctionnaires de la Ville à son profit exclusif afin de vanter ses mérites et de mettre en oeuvre sa gloire personnelle? Ah, le bon vieux modèle du culte de la personnalité d'Etat, comme c'est beau, et en plus, tout ceci à nos frais. Il faut reconnaître que cette Dame a au moins une qualité: le culot! Répondre
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