Révolution dans l'affichage, la Ville change de partenaire

GenèveLa société genevoise Neo Advertising SA a remporté la concession de la Ville au détriment de la SGA.

Christian Vaglio-Giors, CEO de Neo Advertising.

Christian Vaglio-Giors, CEO de Neo Advertising. Image: Laurent Guiraud

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Dans le monde de l’affichage genevois, il s’agit d’une révolution. La société Neo Advertising SA a annoncé ce mercredi avoir remporté la concession de la Ville de Genève, privant ainsi la SGA, partenaire historique de la Municipalité, d’un nouveau mandat. Le contrat porte sur une durée de cinq ans, durant lesquels l’entreprise devra gérer l’exploitation des 3574 surfaces d’affichage présentes sur le domaine public, pour des recettes estimées à quelque 8 millions de francs par an.

Si la décision a été prise courant novembre, après étude des dossiers des trois sociétés ayant répondu à l’appel d’offres de juillet, le résultat n’a pas encore été officiellement validé. La SGA a en effet décidé d’user de son droit de recours. Il appartiendra à la Chambre administrative de la Cour de justice de trancher dans cette affaire. En attendant et à compter du 1er janvier, la Ville a décidé mardi qu’il reviendrait à Neo Advertising d’exploiter, à titre provisoire et pour une durée de six mois, les supports d’affichage genevois. Si divers critères ont pesé dans la balance au moment de l’attribution de la concession, la redevance perçue par la Ville sur les recettes de l’entreprise exploitante reste le nerf de la guerre. Un montant que ni la Municipalité ni Neo Advertising ne communiquaient mercredi, dans le cas de leur nouvelle association.

Malgré le recours, Christian Vaglio-Giors, CEO de l’entreprise, se réjouit du signal lancé par les autorités. «Symboliquement, c’est une décision forte. Le marché de l’affichage sur le domaine public a longtemps été dominé par une unique entreprise, mais on s’aperçoit aujourd’hui que les concédants n’hésitent plus à faire confiance à de nouveaux acteurs.»

En 2015 déjà, la société genevoise avait profité de cette tendance pour empocher le contrat d’exploitation de l’aéroport de Genève. Une première entrée dans l’affichage classique pour l’entreprise fondée en 2003, comme spécialiste des supports numériques. Avec la concession de la Ville, le CEO de Neo Advertising estime que son entreprise détiendra 5% des parts d’un marché suisse évalué à quelque 590 millions de francs par an.

D’ici là, les différents acteurs concernés auront une transition à gérer, et les défis sont nombreux. Pas plus de dix jours pour tout mettre en place. La SGA, par la voix de son responsable pour la Suisse romande Olivier Chabanel, regrette la précipitation: «Nous proposions une période de six mois durant laquelle nous aurions continué à administrer le mandat, afin de laisser à tous les acteurs le temps de prendre leurs marques. La solution n’a pas été retenue.» Résultat, l’entreprise va devoir trouver d’autres surfaces à ses clients ayant passé des réservations en octobre pour 2017.

Le sort de la quinzaine d’employés de la SGA liés à la concession genevoise est aussi en suspens. Neo Advertising s’est en effet engagée à les reprendre, dans la mesure de ses possibilités et de ses besoins, mais le recours empêche pour l’instant de trouver un accord. Sur ce point, Rémy Pagani, le magistrat en charge de l’Aménagement, dont le département a géré le dossier, est monté au créneau. L’élu refusant que des «emplois soient sacrifiés» sur fond de lutte entre entreprises concurrentes.

Agacé par les tensions entourant le dossier, Rémy Pagani est allé jusqu’à imaginer une gestion future en interne de l’affichage de la Ville, si aucun accord n’était trouvé rapidement. (TDG)

Créé: 21.12.2016, 11h12

TPG Pub perd son «G» pour grandir

Une nouvelle raison sociale à la hauteur de ses ambitions nationales. Depuis le 17 octobre, TPG Publicité, entité en charge de l’affichage dans les Transports publics genevois, est devenue TP Publicité. Une décision qui fait suite à l’attribution, en juillet, du contrat d’affichage dans les transports lausannois. «La régie publicitaire reste en main des TPG, explique son directeur général, Jean-Claude Schmalz, mais nous souhaitons nous étendre. Dans ces conditions, il semblait naturel de faire tomber le G.»

Dès le 1er janvier, TP Publicité s’occupera donc de la commercialisation des espaces publicitaires de 250 véhicules lausannois, pour des recettes annuelles espérées de 4 millions de francs. Avec ce nouveau contrat – remporté face au candidat sortant SGA Traffic – TP Publicité s’annonce comme un acteur montant du marché de la publicité dans les transports.

Une position que la régie publicitaire compte renforcer avec la signature d’une convention réunissant les transports publics des quatre principales agglomérations suisses, prévue pour la fin de 2017. «Après trois ans de négociations, ce partenariat commercial devrait nous faire entrer dans une autre dimension, se réjouit Jean-Claude Schmalz. Avec une tarification unifiée entre les villes et un réseau de transports utilisé par deux millions d’usagers quotidiennement, nous pourrons attirer des campagnes aux larges ambitions.»

En 2017, la régie espère voir son chiffre d’affaires progresser de 35%. En 2016, il se montait à 9 millions de francs.

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