Conflit Ville-Canton
Querelle autour de la passerelle du Mont-Blanc
Par Olivier Francey. Mis à jour le 18.10.2012 23 Commentaires
(Image: Infographie: Gilles Laplace)
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Que se passe-t-il entre les services de Michèle Künzler et ceux de Rémy Pagani? Loin d’être anecdotique, l’affaire semble symptomatique des relations qu’entretiennent l’Etat et la Ville en matière d’aménagement du territoire. Au cœur de la querelle: la passerelle cyclable et piétonne du Mont-Blanc.
Seulement voilà, pour Michèle Künzler, conseillère d’Etat chargée de la Mobilité, les contraintes liées à la navigation des bateaux de la Compagnie Générale de Navigation (CGN) «voire des Mouettes genevoises» dans la petite rade n’ont pas été prises en compte lors de l’élaboration du concours de projet d’architecture. En clair, il faudra «adapter» les deux débarcadères du Mont-Blanc et du Baromètre (voir l’infographie). Coût estimé? Entre deux et trois millions de francs, selon nos informations.
Qui va payer?
Subsistent deux questions: qui va régler cette facture, la Ville ou le Canton, et surtout pourquoi le cahier des charges du concours n’incluait pas ces contraintes? «Les conditions du concours ont été discutées avec Madame Künzler. (…) Elle s’est engagée à déplacer le débarcadère (ndlr: du Baromètre) de la CGN, s’il le fallait», avance Rémy Pagani, le 3 septembre devant le Conseil municipal. Contacté hier, le magistrat municipal chargé des Constructions persiste, procès-verbal à la main, et conteste les propos de son homologue cantonale. «Nous avons toujours dialogué avec la CGN. Il a toujours été clair que c’était à l’État de gérer cet aspect-là du projet!»
Au tour de la conseillère d’Etat de rétorquer, courrier à l’appui, que sur les cinq projets retenus, un seul «serait, à première vue, réalisable». Et d’ajouter que les coûts des travaux «n’ont pas été appréciés de façon précise et encore moins validés par le Conseil d’Etat». «Il faut que le Conseil administratif apprenne à respecter les procédures. Nous ne sommes pas dans une discussion de marchands de tapis», conclut Michèle Künzler.
La facture explose
Egalement contacté, l’un des administrateurs de la CGN corrobore cette version en confirmant avoir donné ses contraintes à la Ville, l’automne dernier. «D’autre part, nous n’avons pas un sou à mettre dans ces aménagements», ajoute enfin Jean-Marc Mermoud.
Reste que le projet, tel que présenté, devra être modifié pour permettre aux grandes embarcations de la CGN d’effectuer leurs manœuvres. «D’autre part, précise Rémy Pagani, des surcoûts liés à la sécurité, si un bateau heurte la structure par exemple, n’ont pas été pris en compte.» La facture, imposée à 20 millions maximum par le concours, passerait aujourd’hui à 30 millions de francs pour cette raison.
Cet élément remet-il en cause le subventionnement fédéral, à hauteur de 40% du projet? «Il s’agit d’un taux plafond. S’il y a surcoût, à d’autres que la Confédération de payer», avertit le maire de la Ville. Unique condition imposée par Berne: les travaux doivent débuter avant 2014. Un groupe de travail réunissant Ville, Canton, Capitainerie, Mouettes et CGN planche actuellement sur le sujet. Brûlant. (TDG)
Créé: 18.10.2012, 07h10
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23 Commentaires
Il faut faire comme ont fait les TPG....on construit la passerelle, et dans 2 ou 3 ans, on la réhausse...! Répondre
"Les conditions du concours ont été discutées avec Madame Künzler. (…)". Au vu de ce qui a été réalisé, elle serait très capable : " (...) elle s’est engagée à déplacer le débarcadère". Une fois de plus, tous les paramètres et les réels intervenants concernés n'ont pas été entendus ni pris en compte; et qui paiera ce surcoût, au final? Nous, les contribuables. Quelle non-sens, quelle gabegie! Répondre
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