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Procès

«Prouesses» à moto: un gendarme genevois condamné

Par Catherine Focas. Mis à jour le 28.05.2013 20 Commentaires

Accusé d’avoir deux fois enfreint le Code de la route, ainsi que d’avoir percuté un piéton, il fait faux bond à la justice.

Photo d'archive. Le Palais de justice en Vieille-Ville.

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Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

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Le gendarme de 40 ans qui devait comparaître, hier, à son procès devant le Tribunal de police ne s’est pas présenté, ni excusé. L’ayant attendu un certain temps et tenté de le contacter sans succès, la juge a estimé que son absence réduisait à néant son opposition à l’ordonnance pénale qui le condamnait. Le jugement est donc devenu exécutoire. Le gendarme a écopé de 90 jours-amende avec sursis (à 110 francs le jour) et d’une amende de 2400 francs à payer immédiatement.

Deux témoins qui s’étaient déplacés pour l’occasion quittent le prétoire moyennement satisfaits. L’un d’eux rappelle qu’il a fait 200 km et trois heures de voyage pour venir à cette audience. La présidente l’assure qu’il sera indemnisé. Mais elle ne peut pas exclure de le convoquer à nouveau, «vu les rebondissements incessants dans ce dossier».

De quoi s’agit-il? D’un gendarme en délicatesse avec la Loi sur la circulation routière (LCR) dans le cadre de ses fonctions. Le 11 décembre 2009, à l’avenue de Châtelaine, au guidon de sa moto de gendarmerie, il a effectué une manœuvre dite de «wheeling». Autrement dit, il a cabré son engin. Et dès qu’il a reposé sa roue avant sur le sol, il a percuté un piéton qui s’était engagé sur la route malgré le feu rouge.

Cascade sur 10 mètres

Le procureur général, Olivier Jornot, indique dans son ordonnance pénale que le prévenu se trouvait au carrefour de l’avenue de Châtelaine et de la route des Franchises. C’est en redémarrant aux feux qu’il a effectué sa cascade et n’a pas pu éviter le choc avec le piéton. Les témoins entendus ont affirmé que le gendarme a effectué ce «wheeling» sur plus de 10 mètres avant l’accident. Ce dernier a contesté, dans un premier temps, avoir fait une figure de style avec sa moto. Dans un deuxième temps, il a admis que sa roue avant s’était peut-être un peu levée à cause de son accélération.

Moins d’un mois plus tard, alors qu’il n’était cette fois pas en fonction, le même gendarme aurait à nouveau enfreint le Code de la route. A l’avenue Louis-Casaï, sur une autre moto, il aurait roulé à 105 km/h alors que la vitesse est limitée sur ce tronçon à 50 km/h. Mis en cause, il a affirmé à la police qu’il avait ce jour-là prêté son véhicule mais qu’il ne voulait pas dire à qui «pour des raisons culturelles et familiales». Il précisait que le conducteur n’était ni sa mère, ni sa belle-mère, ni son ex-femme. Lui-même n’aurait pas bougé de chez lui. Blessé légèrement après l’accident du 11 décembre, il affirmait ne pas pouvoir se déplacer à moto.

Faire dégorger sa moto

Pourtant, sa déclaration à l’Inspection générale des services (IGS) diffère. Là, il admet avoir «sorti sa moto de l’hivernage afin de la faire tourner et l’avoir dégorgée». Il n’avait pas vu le radar mais se souvenait avoir accéléré. Il demandait à sa hiérarchie de se montrer indulgente.

Pour le procureur, il n’y a pas de doute. Le gendarme a effectué le «wheeling» du 11 décembre et l’excès de vitesse du 6 janvier. Il l’a donc condamné pour violation grave de la LCR ajoutant que ses motivations «relèvent d’un injustifiable mépris de la législation régissant la circulation routière». (TDG)

Créé: 28.05.2013, 08h31

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20 Commentaires

Romain-Albert Purrain

28.05.2013, 08:44 Heures
Signaler un abus 129 Recommandation 3

Menteur, tricheur... Rien à faire dans la police. Le garder jette le discrédit sur cette corporation. Répondre


Serge Dragaz

28.05.2013, 09:30 Heures
Signaler un abus 84 Recommandation 2

Il a demandé à sa hiérarchie d'être indulgent ! et au service des automobiles que va t il demander ? de fermer les yeux, d'annuler l'excès de vitesse. J'aimerai que votre journaliste suive cette affaire pour nous communiquer la décision du SAN. Pour la justice une affaire de décembre 2009 traitée en mai 2013 ? il faut qu'il fasse recours et avec de la chance il touchera sa retraite avant sa peine. Répondre



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