AFFAIRE FRÉDÉRIC HOHL
Policier payé à ne rien faire depuis deux ans
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 04.04.2012
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Il touche ses quelque 10?000?francs par mois depuis près de deux ans. Sans rien faire. Inculpé en 2010 dans le cadre de l’affaire Frédéric Hohl, un brigadier genevois est toujours suspendu dans l’attente de l’issue de l’enquête pénale et administrative dont il est l’objet. Il est suspecté d’avoir fait transmettre au député PLR Frédéric Hohl des informations confidentielles sur un journaliste.
L’élu cantonal, organisateur des festivités en marge de l’Euro?08, était soupçonné d’avoir, entre mai et juin?2008, montré à plusieurs personnes les fameuses données policières en laissant faussement entendre qu’il s’agissait du casier judiciaire du rédacteur. Or, le casier judiciaire du journaliste, défendu par Me?Jean-Marc Carnicé, était bel et bien vierge. Pour ces faits, contestés, Frédéric Hohl s’est retrouvé inculpé de diffamation, voire calomnie (nos éditions du 5 mars?2009 ).
Accord à l’amiable signé
Le député, représenté alors par Me?Michel Valticos, avait déposé une plainte contre le journaliste à la suite de plusieurs articles virulents parus dans 20?minutes sur la gestion de l’Euro?08. Selon nos renseignements, les deux hommes, qui étaient en conflit ouvert à l’époque, ont décidé d’enterrer la hache de guerre, cette fois, sans faire de bruit… Un accord à l’amiable a été signé dans ce sens en décembre?2010 déjà: «La page est tournée», nous confirmait hier Frédéric Hohl.
Il n’empêche, le policier, défendu par Me?Daniel A. Meyer, reste sous enquête, inculpé de violation du secret de fonction, diffamation, voire calomnie. Une source proche du dossier précise que le suspect aurait imprimé les données sur une feuille. Il l’aurait ensuite remise à un collègue aujourd’hui décédé. Ce dernier savait-il dans quel but seraient utilisées ces informations confidentielles? La justice n’a toujours pas répondu à cette question. «Il semblerait que le policier ait laissé des traces informatiques, car lorsqu’un agent accède au système, il doit entrer un code et une carte, affirmait à l’époque notre source. De plus, en imprimant la feuille, il n’a pas été très prudent.» Mais l’enquête interne et l’enquête pénale tirent en longueur et embarrassent les autorités. En attendant, l’Etat lui verse son salaire depuis 22?mois et prend également en charge son assurance?maladie.
Une enquête à la traîne
Mais pourquoi les investigations sur des faits connus depuis l’été 2008 ne sont-elles pas terminées? Contacté hier, le service de presse du pouvoir judiciaire n’est pas parvenu à atteindre la procureure Alix Francotte Conus, en charge du dossier. Me?Daniel A. Meyer, lui, ne souhaite pas faire de commentaire: «Mon client n’a pas été jugé et il bénéficie dès lors de la présomption d’innocence.» Et qu’en dit Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de la police et de l’environnement (DSPE)? «C’est une ancienne affaire. Elle est actuellement à l’étude par le DSPE qui en évalue la situation sous l’égide de notre nouvelle directrice des ressources humaines, entrée en fonction le 1er mars de cette année.» (TDG)
Créé: 04.04.2012, 07h27








































































