Pétition contre le Human Brain Project

RechercheDes scientifiques, dont des Genevois, contestent les options prises par un projet à un milliard d’euros qui doit s’installer à Sécheron.

Professeur à l'EPFL, Henry Markram dirige le

Professeur à l'EPFL, Henry Markram dirige le "Human Brain Project". Image: Sebastien Feval (Archives)

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Dans une lettre adressée lundi à la Commission européenne, quelque 130 scientifiques menacent de boycotter le Human Brain Project. La recherche dirigée par l’EPFL a pour but de modéliser entièrement le cerveau humain sur ordinateur. 24 heures après le lancement de la protestation, on s'approchait de 300 soutiens dont la liste figure sous le document en ligne www.neurofuture.eu, dans lequel ils contestent les options scientifiques du projet à un milliard d’euros, et sa gestion financière. Parmi les signataires, on relevait lundi dix représentants de l’Université de Genève, pourtant associée au projet qui doit s’installer au Campus Biotech de Sécheron.

Le HBP est l’un des deux projets scientifiques d’envergure que l’UE avait décidé de soutenir en 2013 dans le cadre du projet FET Flagship (Future and emerging technologies), un programme d’innovation et de recherche de la Commission. Il est susceptible de recevoir jusqu’à 500 millions d’euros de fonds européens sur une période de dix ans, à condition que les États ou l’industrie les cofinancent à la même hauteur.

Le HBP suscite «un grand malaise en Suisse et en Europe», a indiqué lundi Richard Hahnloser, professeur de neurosciences à l'EPFZ et à l'Uni de Zurich, sur les ondes de la RTS, qui a révélé l'information. Il parle d'un «bâtiment plein de promesses mais sans contenu réel». «Quel avantage y a-t-il à faire une simulation pareille alors qu'on arrive même pas à simuler un ver de terre qui a seulement 300 neurones», s'est-il interrogé. Le chercheur craint que le projet n'accapare tout l'argent dévolu aux neurosciences en Europe.

Gérard Escher, conseiller auprès du HBP, rappelle qu'une partie des signataires de cette lettre ouverte sont des personnes qui ne se sont jamais identifiées au projet ou qui s'y sont opposées, comme M. Hahnloser, un «opposant de la première heure». Sur le fond, il explique que le projet porte pour l'heure, jusqu'à la mi-2016, sur 54 millions d'euros. «Il montera en puissance ensuite, et c'est là qu'il y a une dispute sur la distribution de l'argent supplémentaire», a-t-il expliqué.

Le HBP, initié par le professeur Henry Markram, vise à simuler en détail un cerveau humain sur un superordinateur d’ici 2023, afin de mieux comprendre comment il fonctionne et d’améliorer les applications en neurosciences et en médecine.

Les signataires travaillant en Suisse sont les suivants (le chiffre renvoie à leur rang dans la liste: 3 Silvia Arber. FMI. 6 Daphne Bavelier, professeur ordinaire à la faculté de psychologie de l'Université de Genève, 23 Alan Carleton. Genève, 24 Pico Caroni. Institut Friedrich Mieschler Bâle (FMI). 31 Alexandre Dayer. Genève, 39 Rodney Douglas. Ecole polytechnique de Zurich, 48 Rainer Friedrich. FMI, 59 Richard Hahnloser. EPFZ, 64 Fritjof Helmchen. Université de Zurich, 67 Sonja Hofer. Université de Bâle, 69 Daniel Huber. Genève, 70 Denis Jabaudon. Genève, 76 Jozsef Kiss, Genève, 88 Andreas Luthi, FMI, 94 Kevan Martin, EPFZ, 100 Tom Mrsic-Flogel, Bâle, 103 Stephan Neuhauss, Zurich, 115 Alexandre Pouget, Genève, 120 Botond Roska, FMI, 127 Peter Scheiffele, Bâle, 132 Martin Schwab, Zurich, 134 Sophie Schwarz, Genève, 150 Patrik Vuilleumier, Genève, 162 Jean-Marc Fritschy, Zurich, 180 Georg Keller, FMI, 271 Philippe Millet, Genève, 277 Louis-Marie Plumel Idiap, 285 Alessandro Villa, Genève...

(TDG)

Créé: 07.07.2014, 21h00

Articles en relation

Le Human Brain Project menacé par le coup de froid avec l'UE

Science Le monde académique s’inquiète d’une mise à l’écart du nouveau programme-cadre européen qui englobe une partie du Human Brain Project. L’accord n’est pas signé et paraît compromis. Plus...

Le Human Brain Project de l'EPFL s'installe à Genève

Recherche La Fondation Wyss et la famille Bertarelli ont annoncé en mai l'acquisition du site de Sécheron à l'entrée de Genève, ex-Merck Serono. Plus...

«Un pôle neurologique majeur se constitue à Genève»

Recherche L’arrivée du Human Brain Project sur l’ancien site de Merck Serono à Sécheron réjouit le recteur de l’UNIGE Jean-Dominique Vassalli. Plus...

Fin octobre 2013, le recteur de l'Université de Genève, Jean-Dominique Vassalli, promettait l'emménagement dès 2014 de plusieurs chercheurs sur l'ancien site de Merck-Serono à Sécheron, racheté par la Fondation Wyss et la famille Bertarelli . «Quelque 200 chercheurs et collaborateurs répartis dans l’EPFL Innovation Park et dans les bâtiments des sciences de la vie lausannois pourraient dès 2014 se déplacer sur le site de Sécheron. La plupart déménageront d’Ecublens, où le Human Brain Project est basé. De nombreux postes seront aussi créés.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève championne suisse des vols de voitures
Plus...