Péclôt 13 retrouve sa place au cœur de la Jonction

MobilitéL’association ouvre un troisième atelier vélos. Il y a huit ans, elle était chassée d’Artamis par le chantier de l’écoquartier.

L’association vient d’ouvrir de nouveaux locaux sur l’ancien site d’Artamis, sur l’emplacement du futur écoquartier.

L’association vient d’ouvrir de nouveaux locaux sur l’ancien site d’Artamis, sur l’emplacement du futur écoquartier. Image: Olivier Vogelsang

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Une odeur de vernis envahit les lieux. Le jour de l’ouverture du nouvel atelier de Péclôt 13 est enfin là. Dès aujourd’hui, l’association retrouve la place qu’elle avait laissée au cœur d’Artamis en 2008, quand les acteurs de l’espace culturel autogéré étaient remplacés par les machines de chantier. A présent, l’Ecoquartier Jonction a accueilli ses premiers habitants et une place a été réservée pour l’association qui bichonne les vieux vélos. Après les Grottes et Plainpalais, c’est là le troisième atelier de Péclôt 13.

L’espace est généreux: 150 m2 au-dessus desquels une vaste mezzanine a été construite. Le principe reste le même: «On récupère les laissés-pour-compte», résume Raphaël Piguet, membre de l’association. Sans l’aide d’aucune subvention, le collectif répare ou revend des péclots — l’helvétisme désigne une machine en mauvais état; il a donné naissance au verbe pécloter — à prix abordable.

Les Grottes puis la rue de l'Industrie

Si l’association fête son retour à la Jonction, elle demeure étroitement liée aux Grottes. C’est là qu’elle a son quartier général. C’est là aussi, dans une arrière-cour de l’Ilôt 13, que tout a commencé, en 1989, avec une charrette itinérante permettant aux cyclistes urbains d’effectuer leurs réparations et du troc.

Puis les mécaniciens de Péclôt 13 se sont installés à la rue de l’Industrie en 1995, réhabilitant des locaux construits par un serrurier au début du siècle passé. L’atelier autogéré est l’un des premiers de ce type en Europe et en inspire d’autres, à Lyon, Grenoble ou Paris.

11 000 réparations par an

Plus de vingt ans plus tard, l’histoire de Péclôt 13 est émaillée d’ouvertures d’ateliers et d’évacuations pour cause de chantiers. Les mécaniciens, eux, continuent d’éviter la poubelle à des dizaines de milliers de vélos. «Nous effectuons environ 11 000 réparations par année», indique Birgit Schiemann, l’une des 25 personnes employées à temps partiel par l’association. «Nous nous sommes professionnalisés, le travail est plus soigné aujourd’hui», constate-t-elle en regardant dans le rétroviseur.

Reste tout de même le caractère frondeur de Péclôt 13. Car avant de fêter l’ouverture de son troisième atelier, l’association a dû mener un bras de fer avec les autorités pour conserver ses locaux de la rue de l’Industrie. En 2012, la Ville de Genève souhaitait construire des logements et menaçait de démolition. Un statu quo avait alors été obtenu après une intense bataille. Aujourd’hui, la vigilance demeure et personne à Péclôt 13 n’envisage de partir: «Nous estimons avoir atteint notre quota d’évacuations.» (TDG)

(Créé: 10.01.2016, 18h39)

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