Pagani lorgne un deuxième duplex

Immeuble ClartéCet achat d’un appartement Le Corbusier s’inscrit dans un projet mené avec le Canton.

La devanture de l'immeuble.

La devanture de l'immeuble. Image: Olivier Vogelsang

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De l’immeuble Clarté, à la rue de la Terrassière, on connaît la façade, la cage d’escalier en verre et son puits de lumière. Mais impossible pour l’heure de découvrir «la lumière fabuleuse que donnent les balcons sur double hauteur dans les appartements» décrite par Patrick Devanthéry, architecte genevois et ancien résident.

Pour augmenter les chances de tout un chacun de profiter de ce patrimoine, Rémy Pagani, conseiller administratif chargé des Constructions et de l’Aménagement, lorgne un deuxième appartement. Après l’achat d’un quatre-pièces en octobre, la Ville a l’opportunité d’acquérir un neuf-pièces pour 3,8 millions de francs.

Inscrit à l’Unesco

Le magistrat d’Ensemble à Gauche soumettra sa demande ce soir au Municipal. «Il s’agit d’un appartement-villa, s’enthousiasme-t-il. Soit une villa dans un immeuble. Il est actuellement habité par la fille de Pierre Jeanneret.»

Pour rappel, l’immeuble Clarté est le seul témoin de l’œuvre des cousins Charles-Edouard Jeanneret-Gris, alias Le Corbusier, et Pierre Jeanneret à Genève. Bâti en 1931-1932, il est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis juillet 2016. «J’attendais ce classement pour me mettre sur les rangs», indique l’élu. A la fin d’octobre, une première affaire est bouclée. Le Municipal valide l’achat d’un duplex de quatre pièces pour 1,3 million. Rémy Pagani reviendra ce soir devant le Délibératif avec une nouvelle demande de crédit de 3,8 millions pour le neuf-pièces. Il bénéficie du soutien de Patrick Devanthéry, qui signe, aux côtés de 45 autres architectes, un courrier. «C’est une construction plus que remarquable que nous devrions tous pouvoir visiter pour découvrir, comprendre, apprécier et s’émerveiller d’avoir à Genève, «en vrai», la leçon d’un mode d’habiter et de construire», écrit-il.

Côté procédure, la Ville peut faire valoir son droit de préemption; autrement dit, elle est prioritaire lors d’une vente. Côté financement, la moitié de la facture serait réglée par un mécène, en la personne de Philippe Bertherat. Le président du Mamco estime en effet que «ce projet vaut la peine d’être soutenu. A Genève, on peine à mettre en valeur notre patrimoine culturel.» Il ajoute: «Vous n’allez pas venir à Genève juste pour voir une façade. Par contre, s’il y a un espace d’accueil avec iconographies et maquettes, cela peut valoir le détour.»

Car tel est bien l’objectif: donner accès à ce patrimoine. D’où un projet mené conjointement par la Ville et le Canton. Sabine Nemec-Piguet, directrice de l’Office cantonal du patrimoine et des sites, résume: «Notre but est de répondre aux attentes du public sans que la fréquentation ne porte atteinte au bien lui-même. Et, dans le cas de Clarté, dans le respect des habitants.»

Pour ce faire, l’Etat a acheté des locaux au rez-de-chaussée: l’ancienne loge de concierge, mais aussi un lot divisé au sein de l’actuel restaurant indien, d’une surface de 18 m2. «Nous sommes en discussion pour une extension qui porterait cette surface à 65 m2.» Donnant sur la rue, cette arcade serait idéale pour accueillir le public.

Réguler les flux

Là prendraient place de la documentation sur la maison Clarté, une maquette d’un appartement, une autre de l’immeuble, des documents graphiques, des photos d’intérieur. «Un point information permettrait de connaître les horaires des visites de l’immeuble, des halls d’entrée, voire d’appartements», précise la directrice. Selon Rémy Pagani, le ou les appartements de la Ville pourraient faire l’objet d’un accord avec le locataire pour une après-midi de visite par semaine.

Précisant que l’inscription d’un site à l’Unesco engendre une hausse de fréquentation moyenne de 30%, Sabine Nemec-Piguet insiste: «Il ne s’agit pas de faire de la publicité supplémentaire mais plutôt de réguler les flux actuels.» Rémy Pagani confirme: «Autant mettre en place un accueil digne de ce nom pour éviter que les habitants ne soient dérangés par des gens qui se faufilent dans les allées.» Réunis lors d’une prochaine assemblée, les copropriétaires doivent donner leur aval à ce projet. Rémy Pagani se dit confiant. (TDG)

Créé: 15.05.2017, 20h34

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