«Nous espérons des débats justes et dignes»

Les parents et le compagnon d’Adeline, tuée en 2013 par le détenu qu’elle encadrait en sortie, appréhendent ce second procès.

Les parents d’Adeline seront entendus lors du procès.

Les parents d’Adeline seront entendus lors du procès. Image: Lucien Fortunati

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«Nous espérons des débats justes et dignes»«Il faut tout reprendre de zéro. Nous allons replonger dans notre immense souffrance.» Dans leur maison où ils ont vu pour la dernière fois Adeline, leur fille de 34 ans, sociothérapeute, avant ce jour fatal du 12 septembre 2013, Esther et Jean-Claude se préparent au procès du meurtrier. Le second après la suspension inattendue des débats il y a huit mois, puis la récusation des juges. Une affaire hors norme que le couple de retraités évoque avec Juan, le compagnon de la défunte.

«Je vais à ce procès comme à un enterrement, profondément triste et très anxieux, mais par devoir pour Adeline.» Les mots se bousculent dans la tête de Juan. «Tout recommence. Il faut s’organiser, se préparer à entendre les paroles du tueur – une nouvelle version peut-être – et réfléchir à ce qu’on va dire devant le Tribunal criminel.» Une appréhension palpable aussi chez Esther, marquée par les insomnies et les maux d’estomac. Pour maîtriser leurs émotions, elle et son mari ont couché sur le papier les mots qu’ils livreront devant les juges.

Quelques jours avant l’ouverture du procès bis, ce lundi, tous trois évoquent moins le prévenu, Fabrice A., que la machine judiciaire. «Qu’est-ce qui va encore nous tomber dessus?» s’interroge Jean-Claude. Durant les premiers débats, en octobre, la défense avait contesté, en vain, la qualité de partie plaignante à leur seconde fille, Anne-Laure. «C’était ignoble de laisser entendre que nos deux filles ne s’entendaient pas. C’est comme si l’on avait voulu retirer à Anne-Laure le statut de victime.» Celle-ci suivra de nouveau les audiences à distance, pour une bonne raison: «Elle craint de se retrouver face à lui.»

Le nouveau Tribunal criminel a réduit le nombre de témoins. Attendue à la barre, la directrice du centre de sociothérapie La Pâquerette, où Fabrice A. avait été admis, est cette fois encore en congé maladie. Sans vouloir l’accabler, les proches de la victime s’inquiètent du déroulement des débats. «C’est le procès du tueur, pas des fonctionnaires ou des institutions, mais on ne peut pas parler de lui sans aborder son comportement à La Pâquerette, relève Juan, employé au centre à l’époque. Il ne faut pas se priver d’informations par crainte d’éventuelles conséquences à d’autres niveaux.» Esther souligne la situation exceptionnelle: «Même si l’histoire a été évoquée une première fois, on est censé ne pas en tenir compte. J’espère que le second procès ne sera pas expédié.»

L’internement à vie reste l’enjeu de cet événement judiciaire, le plus marquant de ces dernières années. La sanction maximale du Code pénal pour le prévenu apparaît comme une évidence aux yeux des proches d’Adeline, retrouvée égorgée dans un bois de Bellevue. «Nous espérons des débats justes et dignes», résument-ils. Quelle que soit l’issue pénale, ils n’en ont pas fini avec cette affaire. Trois ans et demi après le drame, le volet institutionnel reste en suspens. (TDG)

Créé: 11.05.2017, 19h13

Rapport à la rentrée?

Elle comptait initialement rendre ses conclusions en octobre 2015. En fait, la commission d’enquête parlementaire (CEP) chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements ayant conduit au meurtre d’Adeline en 2013 ne devrait pas livrer son rapport avant la rentrée, selon nos sources. La complexité de la tâche et de nombreux écueils peuvent expliquer ce retard. Une fois la rédaction achevée, le rapport sera débattu au sein même de la CEP. Celle-ci devra ensuite soumettre son projet aux autorités et aux personnes qui seraient mises en cause, en leur laissant une période raisonnable pour se déterminer. Le document sera alors remis au Conseil d’Etat puis au parlement.
S.R.

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