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Jonction

«Nous avons tout perdu dans l'incendie»

Par Julien de Weck. Mis à jour le 13.02.2012 25 Commentaires

Le sinistre de la Jonction a jeté une centaine d'habitants à la rue. Les rescapés ont été pris en charge par les abris de la protection civile de Varembé et des Grottes. Témoignages.

1/40 Geneve, le 13 février 2012. Important incendie à l'angle de la rue de la jonction et de la rue du Quartier Neuf. Au levé du jour les pompier sont toujours à pied d'oeuvre. ©Pierre Albouy

Jonction incendie

   

Relogement en discussion

Le maire de la Ville de Genève et magistrat de tutelle du SIS Pierre Maudet a interrompu ses vacances pour constater les dégâts et rencontrer les sinistrés. Il devait discuter des solutions de relogement avec les propriétaires des immeubles et les régies lundi à 12h00. «L’idée est de permettre aux habitants de quitter le plus vite possible les abris PC», a-t-il déclaré devant les médias. (ATS)

A midi, les sinistrés ont été regroupés au sein de l'abri PC de Varembé, pour recevoir un repas chaud et les dernières informations. Les victimes de l'incendie ont été priées de contacter leurs familles afin de trouver une solution d'hébergement. Celles n'ayant pas cette possibilité seront logées dans l'immédiat à l'abri PC.
Aux dernières nouvelles, les appartements situés au n°9 rue de la Jonction sont voués à la destruction. JdW

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«J'ai tout perdu.» Cette phrase est sur toutes les lèvres ce lundi matin à l'abri de la protection civile (PC) de Varembé. Une cinquantaine de locataires du 9, rue de la Jonction parti en fumée, tentent de récupérer après cette nuit de cauchemar. Entre 4 et 5 heures du matin, ils ont tout laissé derrière eux pour échapper au sinistre.

Autour des tables, de petits groupes reforment les différents foyers de l'immeuble. Couvertures, croissants et café sont distribués pour réchauffer les corps. Le moral attendra. «Toutes nos affaires ont brûlé, mais nous sommes en vie, les biens matériels sont secondaires», se rassure Arturo Garcia. «Je suis sorti en caleçon. Dans ces moments, on pense uniquement à sauver sa peau.» Leur appartement, au rez-de-chaussée, est rapidement léché par les flammes, parties de la cave. Réveillés par une épaisse fumée vers 3 h 40, «nous avons pris notre fils pour nous trouver la minute suivante dehors, sans rien», appuie son épouse Lydia Espinoza. Les secouristes les acheminent dans un bus des TPG où des contrôles sanitaires d'urgence sont pratiqués.

«Ils crachaient leurs poumons»

D'autres ont eu moins de chance. Deux de leurs voisins de palier ont été acheminés à l'hôpital, incommodés par la fumée. Claude Miserez, la cinquantaine, trouve ses colocataires endormis. Il les réveille, puis prennent ensembles la fuite. «Dehors, ils crachaient leurs poumons», raconte leur sauveur.

Autre étage, autre vécu. La famille Hossain est réveillée par des fracas à 5 heures du matin. «J'avais peur, j'ai pensé à des voleurs», raconte Iman, 10 ans. Les hommes qui pénètrent dans l'appartement du 5e étage ont de bonnes intentions. Policiers et pompiers procèdent à l'évacuation. Une partie de la famille gagnera la rue par la grande échelle, les autres par les escaliers. Lors de la descente, «ils nous ont donné un masque à oxygène car c'était irrespirable», témoigne Sahed, 16 ans.

Proches sollicités

Dans l'abri PC, une odeur tenace de fumée rappelle la cause de leur présence. Le téléphone du centre est assailli. Rassurer les proches et organiser la suite. Habits, chaussures, argent et téléphones portables arrivent en tête des requêtes. Vient ensuite la question de l'hébergement. Nombreux sont les sinistrés résolus à passer les prochaines nuits au centre PC de Varembé. Une dame en pantoufle réclame ses médicaments. «Je n'ai pas de carte d'identité ni d'argent, comment vais-je faire à la pharmacie?» Autour d'elle, la dizaine d'enfants présente à Varembé a fait de l'abri PC son terrain de jeu. En peignoir, les bambins égayent les lieux avec leurs activités improvisées.

Pierre-Alain Geyer, du Service d'Incendie et de Secours, gère l'abri PC de Varembé. Habituée à ces situations, son équipe tente de répondre aux demandes des infortunés: «Ils ne réalisent pas encore ce qui leur arrive, confie-t-il. Dans quelques heures, ce sera dur.» Peu d'informations sont communiquées. Seule certitude: pas question de revenir dans l'immeuble. «nous devons oublier le n°9», répète un ancien habitant.

Réserves de mazout découvertes à la cave

Pour l'heure, les causes du sinistre restent inconnues. Hypothèse récurrente dans la conversation des sinistrés, l'occupation des caves par des intrus. «Il paraît que des gens y dormaient», avance Claude Miserez. «Cette nuit, j'ai sorti un drogué de l'immeuble vers 1 heure du matin, le bâtiment n'était pas très sécurisé», rappelle le locataire. D'autres notent des chauffes-eaux «qui dégageaient de fortes chaleurs ces jours-ci.» A la cave, les pompiers ont découvert des réserves de mazout. L'immeuble ne disposait pas de chauffage central.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances de l'incendie. (TDG)

Créé: 13.02.2012, 11h41

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25 Commentaires

danis mertz

13.02.2012, 12:19 Heures
Signaler un abus 15 Recommandation

Je compatis à la tristesse de toutes ces personnes qui ont perdu leur lieu de vie.
Immeuble mal sécurisé ? pas assez entretenu ?
Il est vrai qu'on a souvent l'impression que les propriétaires sont plus préoccupés par l'augmentation des loyers que par l'entretien et la rénovation de leurs immeubles. Avec l'argent touché par l'assurance, ils pourront faire de nouveaux logements... plus chers.
Répondre


Ana Care

13.02.2012, 13:07 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation

Il est temps à présent pour les services publics (service du logement et autres) de montrer qu'ils peuvent servor à quelque chose!!! Ils savent souvent dire non à de pauvres diables, mais on donne des 6 pièces et autres ä M. Muller et sa copine, qu'on les reprenne et les donne à ceux qui ont en temps besoin, il y a moyen de reloger ces gens de toute urgence, alors Messieurs les élus, au boulot !!! Répondre



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