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Maudet: «Les SIG sont victimes d’un hold-up»
Par Marc Bretton. Mis à jour le 10.02.2012 17 Commentaires
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La semaine passée, le Canton a annoncé qu’il abandonnait le projet de centrale à gaz du Lignon. La nouvelle a pris le conseil d’administration au dépourvu. Interview du maire de Genève, Pierre Maudet, membre du conseil d’administration.
Pierre Maudet, le Conseil d’Etat a mis fin au projet de centrale à gaz. Comment avez-vous appris la nouvelle?
Par la presse et je ne m’y attendais pas. C’est une mauvaise décision, car elle va à l’encontre de la stratégie cantonale visant à accroître notre indépendance énergétique. Elle fragilise notre capacité directe de maîtriser les coûts de l’électricité et dessert au final les consommateurs genevois.
Avez-vous obtenu depuis des explications?
Non, la représentante de l’Etat (ndlr: Isabel Rochat ) n’était pas présente lors de la dernière séance du conseil. J’attends par ailleurs une réponse au courrier envoyé par la Ville de Genève au Conseil d’Etat, lui demandant des explications quant à cette décision. Je n’en attends aucune de la part des SIG, puisque ce choix a été dicté à l’établissement… autonome.
Le Conseil d’Etat justifie sa décision en s’appuyant sur celle des SIG d’investir à Bâle. Etes-vous d’accord?
Au contraire, ces deux investissements ne s’opposent pas; ils sont complémentaires et contribuent à diversifier les sources d’approvisionnement en énergie du canton. L’opposition est ici purement politique, ce qui est parfaitement défendable à condition de le dire franchement.
Le Canton a amélioré son budget 2012 en augmentant la taxe du domaine public payée par les SIG. Il y a quelques années, il lui avait transféré des actifs à haut prix. Comment jugez ce comportement?
En bon français, et de l’aveu même de l’autorité de tutelle cantonale lors d’une récente séance, on appelle ça un hold-up avec récidive. Le Conseil d’Etat avait déjà opéré ce type de ponctions par oukase en 2006 et 2007, à raison de deux fois 40 millions prélevés sur le bénéfice des SIG. Il a poursuivi en 2008 à la faveur du transfert d’actifs, certes approuvé par le peuple, qui a péjoré le bilan de l’entreprise et donc sa valeur pour ses autres copropriétaires que sont les communes. Enfin, en 2009, l’Etat s’est accordé une augmentation de 4 points, passant de 1% à 5%, de la redevance sur l’usage du domaine public par les SIG, au détour d’un changement de la base de calcul. Aujourd’hui, il passe d’une ponction de 5% à près de 30%, théoriquement limitée à trois ans, aux dépens des communes, mais surtout aux frais des clients. Car je ne crois pas un seul instant que cette approche n’ait réellement aucune répercussion sur les prix.
Un conseil d’administration a-t-il encore un sens aux SIG?
Oui, s’il n’est pas cantonné dans un rôle d’organe d’enregistrement des décisions de l’Etat et si les SIG achèvent leur mue en un véritable établissement autonome.
Comment qualifieriez-vous la manière dont les communes sont traitées par le Canton?
Comme des petits actionnaires minoritaires dont l’avis compte peu. C’est oublier qu’elles détiennent 45% du capital de dotation des SIG et qu’à cet égard, elles doivent être associées à la conduite stratégique de l’établissement.
La Suisse veut sortir du nucléaire. Peut-on le faire sans centrales à gaz?
Non, car on est obligé de diversifier les sources d’énergie dans cette phase transitoire qui s’ouvre maintenant. De ce point de vue, j’appuie au maximum la stratégie des SIG en matière de développement des énergies renouvelables, notamment dans l’éolien et le solaire.
Soutenez-vous encore le projet de centrale à gaz ou pas? Et pourquoi?
Je pense que ce projet avait plus de sens que l’évocation très floue d’une multitude de petites centrales, telles qu’énoncé dans la presse. Et je suis convaincu que cet enjeu énergétique doit être traité à l’échelle de la région. (TDG)
Créé: 10.02.2012, 07h17
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17 Commentaires
C'est assez délirant de prétendre qu'un centrale à gaz va accroître note indépendance énergétique. Le gaz, on ne va pas le sortir du Léman, on va bien devoir l'acheter. Et qui plus est, à des états-voyous ou peu recommandables (Russie, Iran, Azerbaïdjan...). Quitte à produire du CO2, mieux vaut encore acheter des centrales à charbon en Allemagne, on donnera notre argent à des gens respectables! Répondre
Lamentable. Mais si la ville de Genève met fin au projet de centrale à gaz des SIG, il pourra peut-être s'occuper de celui de l'usine à gaz mis au point par les TPG... Quant à l'absence de Mme Rochat, elle pourrait peut-être s'expliquer par le fait qu'elle devait être occupée à ordonner un audit pour étudier le problème... Répondre


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