La Une | Mercredi 22 mai 2013 | Dernière mise à jour 07:39
Démission du conseiller d’Etat

Mark Muller, le redoutable lobbyiste qui s’est enfermé dans son énigme

Par Christian Bernet. Mis à jour le 28.02.2012 5 Commentaires

Le magistrat a connu quatorze ans d’une carrière fulgurante. Portrait en trois étapes décisives

1/34 Le 27 février 2012, Mark Muller, dans son bureau, annonce sa démission
Pascal Frautschi

   

Mark Muller aura surpris son monde jusqu’au dernier jour. Sa démission, hier matin, a désemparé jusqu’aux arcanes du pouvoir. Même le Conseil d’Etat semble avoir été pris de court par ce départ précipité. Et pour cause. Mark Muller répétait encore la semaine dernière qu’il n’allait pas démissionner. Et son déni était crédible. Non pas parce que le libéral est le genre d’homme à s’accrocher au pouvoir (on serait même tenté de dire le contraire). Mais plutôt parce qu’il a toujours donné l’impression, à l’inverse des orgueilleux, d’être indifférent aux attaques du landerneau politique. Toutefois, même la résistance d’un coureur de demi-fond a ses limites.

Les «Douze salopards»

L’attaque, pourtant, a forgé le début de carrière de Mark Muller. C’est d’abord comme secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière qu’il s’illustre. Il secoue cette institution à la faveur d’un clash et en fait une redoutable machine à référendums. Sa cible: les entraves à la construction, et surtout la Loi sur les démolitions, la LDTR, bête noire des milieux immobiliers.

Son ascension est fulgurante. En 1998, il entre au Parti libéral. Une année plus tard, il est élu au Conseil municipal de la Ville de Genève. En 2001, il lance avec onze autres secrétaires patronaux de la droite une offensive sur le Grand Conseil. Les «Douze salopards», comme ils s’appellent eux-mêmes, font une entrée fracassante au Parlement. Le libéral n’aura de cesse de fustiger la politique du socialiste Laurent Moutinot, accusé de ne pas construire assez et de ne pas tenir compte des intérêts des communes.

Le pacificateur

En toute logique, il est élu au Conseil d’Etat en 2005. Le député pugnace change de costume. Privé de l’Aménagement, réduit à un département que l’on pense croupion, il ouvre des négociations avec les partenaires du logement pour fonder une nouvelle politique. Le libéral finit par obtenir un accord que la presse qualifie d’historique tant il semble inaugurer une nouvelle ère, celle de la paix du logement. C’est la consécration pour Mark Muller devenu homme d’Etat, rassembleur et pacificateur. Parallèlement, il s’amuse avec quelques foucades, comme une candidature pour les Jeux olympiques et l’Euro de foot, pour lequel il pose un ballon sur le Jet d’eau. En 2009, il est brillamment réélu. Plus rien ne s’oppose à ce qu’il prenne l’Aménagement. Il détient dès lors toutes les clés pour construire. Mais son département est immense, la tâche d’une agglomération à forger est colossale et les attentes des Genevois aussi impatientes que contradictoires. C’est trop pour un seul homme.

L’énigme

Les ennuis commencent. Son département connaît une valse de départs inquiétants. Le projet Praille-Acacias-Vernets change trois fois de directeur. Le management de certains dossiers devient défaillant, comme celui de la Gérance immobilière. Les grands projets, lancés avec une ambition prometteuse, n’avancent pas à la vitesse désirée et la construction de logements reste anémiée.

Mark Muller, lui, semble ne pas remarquer la frustration qui se manifeste. Il est droit dans ses bottes, imperturbable, et répond dans un langage de juriste à l’impatience qui monte. Le calme qui faisait sa force se retourne contre lui. Serait-ce de l’apathie, de l’indolence, de la paresse? Le doute s’installe, même chez certains de ses partisans. Mark Muller devient une énigme.

Le mystère s’épaissit en été 2011, quand la presse révèle qu’il loge dans un sept-pièces à 2000?francs en bénéficiant d’une LDTR qu’il a toujours combattue. Il ne comprend pas l’indignation qu’un tel avantage provoque. Sa cécité politique désempare. Sa communication sera désastreuse. Elle ne sera pas meilleure quand l’affaire du Moulin à Danses éclatera en janvier de cette année.

PHOTOS OLIVIER VOGELSANG ET PASCAL FRAUTSCHI (TDG)

Créé: 28.02.2012, 07h11

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

5 Commentaires

Roland Marquis

28.02.2012, 07:39 Heures
Signaler un abus 11 Recommandation 0

Ceci dit en trois mots: Marc MULLER était un très mauvais homme politique. Répondre


casse republique

28.02.2012, 08:31 Heures
Signaler un abus 5 Recommandation 0

M. Weiss est très nerveux ces derniers temps . Lorsqu’il a agressé et insulté E. Stauffer ( il l’a fait à plusieurs reprises au sein du parlement ) , il savait déjà que M.M. allait démissionner. Des craintes ?.. celles de voir Mme Rochat etre attaqué par le MCG par son médiocre bilan , encore un PLR dans l’aréna à subir la foudre et les assauts des loups garous ! Répondre



Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Sondage

Faut-il lier le développement de lignes de tram à la construction de nouvelles routes?




Sondage

L'équipe de Suisse va-t-elle gagner les Mondiaux de hockey?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
Restitution anticipée d'un appartement à louer
homegate Les aspects juridiques intéressants en cas de résiliation anticipée de l'appartement. Plus

En coopération avec:

Homegate

Programme TV

Accédez au programme TV

ABONNEMENTS MOBILE

Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.