Enseignement genevois
Maîtrise du français: des profs s'alarment mais ne tirent pas sur les SMS
Par Laurence Bézaguet. Mis à jour le 26.09.2012 25 Commentaires
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Beer s'en tient à PISA
(Image: abensur)
«L’ENQUÊTE PISA L’ATTESTE: LE NIVEAU DE FRANÇAIS S’EST AMÉLIORÉ»
U «Démantèle-t-on ou renforce-t-on une langue parce qu’on écrit toujours plus… même si c’est souvent par SMS?» Charles Beer ne veut pas s’attarder sur cette question qui suscite une multitude d’avis. «J’ai un instrument objectif pour mesurer les compétences des élèves dans la langue de scolarisation, c’est PISA. Et grâce à cette enquête internationale, qui évalue l’acquisition des savoirs de nos élèves, je constate que leur niveau de français s’est amélioré au cours de ces dix dernières années», réagit le responsable du Département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP). La part des écoliers qui ne parviennent pas au seuil minimal de compétences en lecture est ainsi passée dans notre canton de 21% à 12%.
«Notre objectif est de renforcer les conditions d’apprentissage car elles restent insuffisantes. Passer plus de temps à l’école grâce aux heures du mercredi matin devrait notamment permettre de faire progresser les élèves en langues en général et en français en particulier. Nous venons, en outre, de supprimer la période d’accueil des enfants de 3e primaire (6 ans); ils bénéficient ainsi de 75 minutes supplémentaires par jour. Une plage précieuse pour favoriser l’apprentissage de la lecture.»
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Des profs dénoncent la perte de maîtrise du français à l'école: la faute aux SMS?
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«Il y a bien sûr d’excellents élèves en français, mais le niveau global d’écriture est catastrophique», constate Christophe Reuland. Doyen à l’Ecole de commerce Aimée-Stitelmann, cet enseignant expérimenté ne pense toutefois pas, contrairement au sentiment ambiant, que la généralisation du langage SMS (Short Message Service ) ait une influence sur l’orthographe des élèves: «Ils savent qu’ils n’écrivent pas juste en utilisant ce mode de communication. Or, les fautes d’orthographes ne sont pas ce qu’il y a de plus grave dans leurs compositions. Ce sont surtout les erreurs de grammaire et de syntaxe qui sont préoccupantes. Quand j’en arrive à m’interroger sur ce qu’ils ont voulu dire, cela me paraît nettement plus ennuyeux!»
Sa collègue Vanessa Hegi, qui préside le groupe de français de l’Ecole de culture générale Jean-Piaget, ne pense pas autrement: «La qualité du français est désastreuse. A 18 ans, les plus mauvais ne savent pas conjuguer le verbe être!» La spécialiste relève toutefois que ses élèves ne rédigent pas leurs travaux en raccourci comme ils le font dans leurs textos.
La différence entre le langage abrégé immédiat et l’expression écrite, de nombreux élèves la perçoivent très bien, confirme Jean Romain, qui enseigne au Collège: «Ceux qui ont un niveau de français suffisant savent distinguer les genres!» Or, le langage électronique accroît le fossé entre les bons et les moins bons élèves, constate le vice-président de l’Association refaire l’école (ARLE): «Les plus fragiles trinquent car les SMS augmentent leur confusion; ils ne voient plus du tout comment s’articule la langue. Déjà que le niveau de français général est épouvantable, même au Collège, qui recense pourtant des étudiants destinés à entreprendre de longues études. C’est alarmant.»
Une triste réalité qui interpelle la Fédération des associations de parents d’élèves du postobligatoire (Fappo). «Le français écrit à la fin de la scolarité obligatoire représente notre souci prioritaire avec les problèmes liés à l’abus d’alcool», informe sa présidente Francine Betran.
Mais le téléphone portable n’explique pas à lui seul le faible niveau de français, tempère Vanessa Hegi: «Pour moi, c’est plutôt le manque d’attention générale qui pose problème. J’ai le sentiment que certains ne réfléchissent pas aux règles, qu’ils connaissent souvent pourtant. Ils écrivent à la va-vite… en oubliant de raisonner. Comme pour un texto.»
Vanessa Hegi déplore également la pauvreté du vocabulaire, qui ne facilite pas leur façon d’exprimer leur pensée. Cela peut se révéler dramatique pour leur avenir personnel, les lacunes orthographiques ou syntaxiques exaspérant bien des chefs d’entreprise. Mais pas seulement. «Leurs relations sociales sont aussi menacées», prévient l’enseignante de l’ECG Jean-Piaget. (TDG)
Créé: 26.09.2012, 09h24
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La rédaction
25 Commentaires
Je suis absolument effarée du niveau du français des jeunes mais, hélas, aussi des moins jeunes....,mais la faute en revient essentiellement à la manière de l'enseigner, plus de dictées, un livre par...année !!, M. Beer est nul à la tête de ce département, qui voulait même supprimer les notes ! vivement qu'on le change ça a assez duré...Il n'a rien fait de ses mandats... Répondre
Certains enseignants reviennent progressivement aux dictées et proposent des lectures passionnantes pour les jeunes. Une très bonne façon de (re)donner goût à la lecture! Répondre
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