Copinage
Les pros de l'immobilier estiment que l'Etat loue St-Georges Center à un juste prix
Par Christian Bernet. Mis à jour le 15.02.2012 21 Commentaires
«Je me suis excusé, donc je n'ai pas menti» La citation imprimée sur fond rouge mord le portait d'un Mark Muller regardant fixement à droite. On sent le magistrat PLR, emporté dans la tourmente d'un 1er janvier mouvementé, droit dans ses bottes. L'Illustré lui consacre quatre pages et une accroche en une cette semaine sous le titre «Docteur Mark... et Mister Muller». Après un rappel de l'agression du barman du MàD, le politicien répète son mea culpa: «J'ai commis une bêtise et je l'assume: je suis en paix. je mérite ma punition.» Féru de polars américains, il a pensé au Clinton «toutes proportions gardées».
Lâché par son parti? «S'il avait été socialiste, on lui aurait donné une deuxième chance. Voyez Valérie Garbani,», remarque un ami anonyme. Combien a-t-il payé pour échapper à la justice? L'Illustré n'en dit rien. Mark Muller aimerait faire mentir un de ses professeurs qui a écrit un jour sur son carnet: «Mark, tu n'arriveras jamais à rien!»
Deviendra-t-il un ministre sans dossier comme le Neuchâtelois Frédéric Hainard, s'interroge l'hebdomadaire édité à Lausanne? Il faudra sans doute attendre une semaine - vacances de février obligent - pour savoir si le Conseil d'Etat privera Mark Muller d'autres dossiers que celui du déménagement du Moulin à danse qui prend du retard et bloque l'urbanisation du nouveau quartier Artamis à la Jonction. JF Mabut (Image: Lucien Fortunati (Archives))
Il semblerait que Mark Muller n’ait plus de répit. Depuis l’affaire du Moulin à Danses, qui a vu le conseiller d’Etat impliqué dans une bagarre, les faits et gestes du magistrat sont sujets à toutes les interprétations. Hier, le journal 20?minutes faisait planer un soupçon de copinage entre le magistrat et un promoteur de la place. Assez pour faire monter la mayonnaise et susciter des réactions outrées. Le Parti socialiste réclame un audit du Département des constructions (DCTI) alors que la députée UDC Christina Meissner dénonce le dossier au Grand Conseil.
Le cas concerne le Saint-Georges Center, un immeuble de bureaux en construction à la Jonction. Parmi les propriétaires figurent deux promoteurs bien connus: Thierry Barbier-Mueller, administrateur de la SPG, et Patrick Pillet. En mai dernier, l’Etat a décidé de louer la totalité du bâtiment, soit 8500?m2. Le contrat de bail s’étend sur quinze ans, résiliable après dix ans. Montant du loyer annuel: 5,2 millions de francs. Les propriétaires sont assurés de toucher 52 millions en dix ans.
L'Etat a-t-il trop payé?
C’est une bonne affaire. D’autant plus que cette opération immobilière a connu des débuts difficiles. Après la démolition de l’ancien immeuble, le chantier s’est trouvé arrêté dix-huit mois. En pleine crise financière. L’Etat est-il venu sauver ce projet en reprenant les locaux? «Pas du tout, répond Dominique Bakis-Metoudi, qui a piloté le dossier à la SPG. Le chantier a redémarré en 2010, avant que nous ayons signé avec l’Etat.»
Il n’en reste pas moins que c’est une bonne affaire. C’est d’ailleurs les termes qu’a utilisés Mark Muller dans 20?minutes . «Je voulais dire que les grandes surfaces, bien équipées, sont rares et donc très recherchées. Quand un propriétaire en dispose, il fait de bons rendements.»
L’Etat a-t-il trop payé dans cette affaire? Selon ses services, le prix au mètre carré revient à 577?francs par an. La dernière étude de Wüest & Partner indique, pour Plainpalais, des loyers allant jusqu’à 650?francs le m2 pour des objets neufs et de bonne facture. Une autre étude, réalisée par Colliers International, arrive à des chiffres similaires. Selon deux experts de ces sociétés de conseil, le bail de l’Etat est donc conforme aux prix du marché.
Ce tarif implique un bon niveau d’aménagement. «Ce qui est le cas, nous assure Patrick Armaingaud, directeur de l’Office des bâtiments. L’objet sera livré clé en main.»
Ce loyer est deux fois plus élevé que la location voisine, louée par la police judiciaire. «Mais l’Etat la loue depuis cinquante ans et en termes de qualité, on ne peut pas comparer», précise Dominique Bakis-Metoudi.
Prix négocié à la baisse
Selon elle, le prix du Saint-Georges Center a été négocié à la baisse par l’Etat. «Il s’élevait au départ autour des 600?francs.» Elle assure n’avoir jamais rencontré Mark Muller lors de ces discussions. Mark Muller affirme aussi n’avoir jamais participé aux négociations sur le prix.
Dans ces conditions, le magistrat a-t-il privilégié Thierry Barbier-Mueller, dont on sait qu’il soutient le Parti libéral-radical? «Je connais tout le monde dans les milieux immobiliers. Si on veut m’accuser de copinage, on peut le faire chaque fois que j’octroie un mandat ou que je délivre une autorisation. Ces accusations sont infondées.» Le magistrat conclut: «Le Conseil d’Etat, comme pour toutes les locations importantes, a validé ce loyer.» L’Etat pouvait acheter
Le Saint-Georges Center servira de bâtiment-relais. Il accueillera d’abord le DCTI, dont les locaux actuels doivent être désamientés et rénovés. Puis ce sera au tour des Finances d’intégrer le Saint-Georges Center pour les mêmes raisons.
Il est piquant de rappeler qu’il y a dix ans, avant l’arrivée de Muller, l’Etat aurait pu racheter ce bâtiment pour près de 7 millions. Commentaire d’un expert. «L’Etat a raté une bonne occasion. Quand on planifie mal, on arrive au dernier moment et on paie le prix du marché.» (TDG)
Créé: 15.02.2012, 09h04
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21 Commentaires
"Les pros de l'immobilier estiment que l'Etat loue St-Georges Center à un juste prix "
Alors si les potes de MM disent que le prix est juste... :o)
M'enfin bon, je trouve totalement aberrant que l'Etat loue de tels locaux. L'Etat est et doit etre propiétaire. Ca coute beaucuop moins cher aux contribuables et c'est beaucoup lpus cohérent à moyen/long terme. incompréhensible...
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Genève, Royaume des Régies, des Proprios et des Expats..
Le petit peuple à leur service.
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