Les milieux immobiliers se fâchent contre Hiler

Réformes fiscalesLe projet de réévaluation des immeubles fait craindre une hausse de la fiscalité

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Nous combattrons avec la dernière énergie tout projet tendant à augmenter la fiscalité immobilière.» La Chambre genevoise immobilière (CGI) montre les dents. Elle est très critique envers le ministre des Finances David Hiler et son projet de réévaluation des immeubles. Les négociations futures s’annoncent ardues. Le conseiller d’Etat a remis ce dossier sensible sur le tapis en septembre. Il concerne les immeubles (et les villas) occupés par leur propriétaire. L’évaluation de ces objets à leur valeur vénale est nécessaire pour fixer l’imposition sur la fortune. Or, la dernière évaluation remonte à 1964. Depuis, ces valeurs n’ont été que partiellement indexées. Conséquence: les immeubles acquis naguère sont largement sous-évalués par rapport au prix du marché. Il en résulte deux problèmes: une inégalité de traitement entre nouveaux et anciens propriétaires et, surtout, des pertes fiscales que l’Etat estime à 287 millions par an.

La CGI reconnaît le besoin de «réformer le système», comme l’admet Christophe Aumeunier, son secrétaire général. Mais elle estime qu’il est trop pénalisant de retenir une valeur vénale stricto sensu. Les autres cantons pondèrent ces valeurs, note la CGI. «Un bien occupé par son propriétaire constitue une partie de son deuxième pilier et il s’agit de logements familiaux, note Christophe Aumeunier. Il faut aussi tenir compte des propriétaires qui ont acquis leur bien il y a très longtemps et qui ne sont pas les plus fortunés.»

Le désaccord porte aussi sur la méthode d’évaluation à retenir. La CGI veut encore éviter à tout prix que ces évaluations contribuent à augmenter la pression fiscale. David Hiler a prévu des compensations, par exemple par une baisse des impôts sur la fortune. Mais la CGI fait part de sa méfiance.

Le dossier, très politique, est aussi très technique. «Mais il est possible de se mettre d’accord», estime Christophe Aumeunier. Qui espère reprendre les réflexions menées avec le fisc en 2008. Quant à l’Etat, il attend les réponses issues de la consultation pour se prononcer.

Une première passe d’armes a eu lieu fin novembre au Grand Conseil. La majorité a refusé d’indexer les valeurs des immeubles de 20% jusqu’à 2016. Et elle a donné deux ans au Conseil d’Etat pour mettre en place les futures estimations. (TDG)

(Créé: 11.12.2012, 07h09)

Mots-clés

Articles en relation

Les propriétaires genevois s'opposent à la hausse proposée par Hiler

Impôt sur la fortune La Chambre genevoise immobilière s'oppose à l'augmentation linéaire de 20% de la valeur des appartements en propriété et des villas Plus...

«Le parc immobilier genevois est le moins bien entretenu de Suisse»

Immobilier Laurent Isoard, spécialiste en économies d'énergie, encadre les propriétaires et leur explique les avantages qu’ils auraient à rénover leur bien Plus...

Rendements immobiliers: Genève en 2e position

Classement suisse Vaud sort en tête en termes de rendement global sur le marché de la propriété. Lancy tire son épingle du jeu Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Orange suisse s'appellera désormais Salt.
Plus...