Les hommes rechignent au ménage et à l’éducation

StatistiqueLa répartition des tâches reste très inégalitaire dans le couple. Elle repose sur un idéal de la famille encore traditionnel.

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Les tâches ménagères sont encore, en majorité, l’affaire des femmes. Il en va de même pour l’éducation des enfants. Cette répartition inégalitaire des tâches trouve d’ailleurs son ancrage dans des schémas de pensée traditionnels. Tels sont les résultats d’une enquête sur les familles réalisée à Genève et dans le reste du pays. Publiée aujourd’hui par l’Office cantonal de la statistique, elle sera renouvelée tous les cinq ans, histoire d’observer dans quelle direction la situation évolue.

1. Le ménage pour les femmes

Le ménage est le plus souvent une affaire de femmes (voir infographie). A Genève, dans la majorité des couples (54%), ce sont elles qui assument seules ces tâches. Les corvées ne sont partagées que dans 34% des cas. Toutefois, la répartition varie fortement selon la situation professionnelle. Quand la femme ne travaille pas et que l’homme turbine à plein-temps, le ménage revient aux femmes dans 77% des cas. En revanche, ils se partagent les tâches dans 49% des cas quand les deux partenaires sont à temps plein. Cela dit, même dans cette situation, les femmes «font tout» dans 38% des cas. Les personnes interrogées sont très satisfaites de ce partage. Mais les hommes le sont plus que les femmes… A noter que 23% des couples disent faire appel à une femme de ménage.

2. L’éducation pour les femmes

L’éducation des enfants n’est guère différente de celle du ménage (voir infographie). Là encore, les femmes jouent un rôle prépondérant. Ce sont elles qui majoritairement (68%) les habillent et restent à la maison s’ils sont malades. Les hommes commencent à s’activer quand il s’agit d’aider les enfants à faire les devoirs, de les amener à la crèche, de jouer avec eux ou de les mettre au lit. Là où ils s’impliquent le plus, c’est quand il s’agit… «de parler avec eux de leurs problèmes».

3. Vive les crèches

Le recours à l’aide extérieure pour les enfants est largement répandu. C’est le cas de trois quarts des couples avec des enfants de moins de 12 ans. Le type de garde le plus répandu est la crèche (23%) et l’accueil parascolaire continu (32%). Seuls 16% des couples bénéficient d’une prise en charge gratuite. Il s’agit souvent des grands-parents puisque 20% d’entre eux disent garder leurs petits-enfants aux moins une fois par semaine.

4. Le modèle «idéal»

Si, dans la pratique, les tâches sont mal réparties, ça l’est aussi dans les têtes. Il a en effet été demandé quel était le modèle idéal pour organiser la vie familiale et professionnelle. Le type préféré c’est: la mère à temps partiel et le père à temps plein (44% des personnes sondées). Suivent: les deux parents à temps partiel (29%) puis, la mère au foyer et le père à temps plein (19%).

Cette vision de l’organisation de la famille repose sur diverses conceptions. Ainsi, pour les enfants, 51% des hommes pensent que les femmes savent mieux s’en occuper qu’eux (celles-ci ne sont que 41% à penser de même). Les hommes, toujours eux, sont 23% à penser que le ménage doit être géré par les femmes exclusivement (celles-ci ne sont que 12% à penser de même).

Si les hommes sont si disposés à déléguer à leurs partenaires les corvées du foyer, ils se projettent différemment dans la vie professionnelle. Ainsi, ils sont 34% à penser que ce sont eux qui doivent entretenir financièrement la famille (26% des femmes pensent de même). Et ils sont 28% à penser qu’il est plus important pour un homme d’avoir un emploi (16% parmi les femmes).

5. Bourgeois contemporain

Ainsi, les représentations qu’a chaque sexe de son rôle et de son statut dans le couple se retrouvent dans la réalité. Colette Fry, directrice du Bureau de l’égalité, note dans la préface à l’étude: «Du modèle traditionnel bourgeois où les femmes étaient professionnellement inactives et les hommes travaillaient à plein-temps, nous sommes passés au modèle contemporain bourgeois», où les femmes travaillent certes, mais à temps partiel et accomplissent la majeure partie des tâches à la maison.

Ces stéréotypes «nourrissent les discriminations des femmes à l’embauche et à la promotion et limitent des hommes dans leur envie de s’investir davantage dans la sphère familiale.» Colette Fry rappelle que 2016 marque les trente-cinq ans de l’inscription dans la Constitution fédérale du principe de l’égalité. Sa loi d’application dans le monde du travail, elle, a vingt ans. (TDG)

Créé: 05.09.2016, 20h03

Genève différent

Si les tâches sont mal réparties à Genève, c’est pire dans le reste de la Suisse. Pour la plupart des résultats, les différences sont très marquées.

Dans le reste du pays, les femmes sont plus nombreuses à s’occuper seules du ménage et des enfants. Le modèle «idéal» de la femme au foyer est aussi davantage plébiscité.

Et si 71% des Genevois pensent qu’un couple peut divorcer même avec des enfants, ils ne sont que 57% en Suisse. C.B.

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