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Les faucheurs sont de retour dans les parcs genevois
Par Sophie Roselli. Mis à jour le 27.07.2012 5 Commentaires
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C’est un souffle, un murmure métallique, le gémissement d’une lame glissant sur l’herbe fraîche. Ce bruit rare surgit comme une récompense jouissive pour la trentaine d’horticulteurs de la Ville de Genève formés ces deux derniers jours à l’art du fauchage. Du folklore écolo?
«Ce n’est pas une mode, tranche d’emblée Jean-Gabriel Brunet, responsable de l’entretien des espaces verts à la Ville. C’est un vieil outil remis au goût du jour en raison de nos besoins.» Lausanne et Vevey l’emploient déjà à satisfaction depuis quelques années. «C’est plus efficace que la motofaucheuse et la débroussailleuse dans les endroits difficiles d’accès, précise-t-il. Dans un talus, une personne peut faucher 200?m en une heure avec une faux, au lieu de 135?m avec une débroussailleuse.»
Et pour atteindre ces performances, la Ville a fait appel aux meilleurs spécialistes du genre. Comme le Lucernois Hansjörg von Känel, barbe grise frisée, mains calleuses, une boucle d’oreille en forme de tracteur, qui a fait la route avec ses quarante faux. Le maître enseigne aux volontaires la technique du marteau pour préparer la lame. «De Dieu, ça glisse! La lame ne veut pas m’obéir», s’écrie Henri, assis sur un tabouret, frappant la tranche longue d’une cinquantaine de centimètres qui s’agite sur l’enclume. Pas facile aussi pour sa voisine Sandrine, ravie de suivre cet apprentissage pour «retrouver le geste d’antan». «Avec la débroussailleuse, tout est broyé: l’herbe, les graines, les insectes, détaille Jean-Gabriel Brunet. Avec la faux, l’herbe reste longue, les graines tombent et ont le temps de rentrer en terre pour ensuite germer, les insectes sont préservés. En plus, on peut récupérer le foin pour nourrir les animaux du Bois de la Bâtie.» Non polluant, l’outil en bois et en fer ne provoque pas de nuisances sonores. Bref, de quoi répondre aux exigences de la politique du développement durable de la Ville.
Question sécurité aussi, l’ancêtre fait mieux que la machine. «La débroussailleuse projette des cailloux et cela peut être dangereux, observe Yvon, 50?ans. On doit garder un périmètre de sécurité de 15?mètres autour de nous.» Avec la faux, un mètre suffit. Parfait pour travailler en ville, près des voitures. Contrairement aux idées reçues, la fatigue est moins grande en utilisant ce manche qui pèse 1 à 2 kilos au lieu des 8 à 10 kilos d’une débroussailleuse. «On peut travailler des heures et aller encore danser le soir!» sourit le formateur barbu.
Mise en pratique au Petit-Saconnex, dans le champ sous la promenade des Crêts, avec le champion de France 2009 du fauchage (cela existe!) venu de Saint-Saphorin. Marjanco Madzovski sort d’abord une pierre ponce de l’étui attaché à sa ceinture, l’appuie sur le bord tranchant et «caresse la lame». Il pose ensuite les mains sur les poignées et se balance de droite à gauche. «Pour ne pas avoir mal au dos, on suit la faux du regard.» La coupe est parfaite, «c’est mieux qu’une tondeuse!» s’exclame un jardinier. «Il ne faut pas user de la force», conseille le professionnel aux novices en action. «Ce n’est pas évident», constate Henri, laissant derrière lui un tapis irrégulier. Les sensations paraissent indescriptibles, si l’on en croit le solide professeur qui poursuit sa chorégraphie en chantant.
Les convertis recevront une faux sur-mesure (200?fr. la pièce) et se déploieront dès le mois d’août, notamment dans le parc La Grange et celui des Eaux-Vives.
(TDG)Créé: 07.07.2012, 15h31
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La rédaction
5 Commentaires
Et si la ville demandait aussi aux différentes personnes de ramasser à l'huile de coude les feuilles mortes, en autome, en lieu et place de ces souffleuses qui font un bruit épouvantable et qui sont tout sauf écolo vue que ça fonctionne à l'essence !!!!! Répondre
Joli moment de nostalgie, je revois mon grand-père et je me retrouve 60 ans en arrière. Répondre





Veuilliez attendre s'il vous plaît 
































































