Région de Genève
Les exilés fiscaux du tennis suscitent la polémique en France
Par Melchior Oberson. Mis à jour le 13.02.2012 50 Commentaires
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L'équipe de tennis suisse n'est pas la seule à se trouver dans l'oeil du cyclone après la gifle infligée par les Américains ce week-end. Malgré leur large victoire contre le Canada, les tennismen français et notamment leur entraîneur Guy Forget sont également sous le feu des critiques après que ce dernier a ardemment défendu l'exil fiscal de certains joueurs.
«Les joueurs sont à l'étranger huit mois par an»
Dans un entretien accordé au Monde samedi, Guy Forget revient en effet sur l'amour particulier que semble porter les tennismen français à la Suisse. Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Richard Gasquet, Amélie Mauresmo... et lui-même sont tous des résidents de longue date de la région valdo-genevoise. Et ce n'est un secret pour personne, des raisons fiscales plus que sentimentales ont présidé à ce choix. Guy Forget ne cherche d'ailleurs pas à le nier. Il aurait même tendance à soutenir ses protégés: «On veut leur faire un procès parce qu'ils ont envie de ne payer que 30 % d'impôts en Suisse au lieu de 50 % en France.» Des reproches que l'entraîneur ne comprend pas. «La carrière d'un joueur de tennis dure une dizaine d'années. [...] Les joueurs sont à l'étranger huit mois par an, ils gagnent donc l'essentiel de leurs revenus hors de France. Il faut savoir que quand ils gagnent 1 million d'euros en France, ils en laissent 500 000 aux impôts.» Les athlètes devraient-ils donc être dispensés d'impôt dans le pays qui les a formés? Guy Forget évoque la «liberté», et juge «sévère» les réactions indignées qu'inspirent systématiquement la question de l'exil fiscal en France. «On montre certains sportifs du doigt, comme s'ils étaient responsables de l'endettement. Les erreurs et le gaspillage des gouvernements successifs ont beaucoup plus à voir dans les difficultés que nous traversons aujourd'hui», déclare-t-il. Une plaidoirie qui n'aura pas convaincu tout le monde.
«Un plaidoyer consternant»
Le site d'information français Rue89 s'emporte contre ces propos qu'il estime «consternants. Guy Forget connaît-il l'idée de solidarité ? Se dire qu'une partie de ses impôts peut financer des salles de sports, des universités, des pompiers, des hôpitaux?» Le site rappelle que la formation des talents à l'Institut National du Sport (Insep), où Tsonga a fait ses classes, est essentiellement financée par la contribution publique. Rue89 s'interroge sur la légitimité de représenter la France dans les compétitions internationales lorsque «l'on passe le plus clair de son temps hors du pays. Pourquoi jouer la Coupe Davis si l'on peut gagner un gros chèque dans un tournoi canadien ou quatarien?» Les réactions des internautes sont au diapason. «Écoeurant», écrit Alexad. «Chaque gain réalisé en France devrait être prélevé à la source.» Certains sont encore plus virulents, comme Fredpop: «Qu'on les vire de l'équipe de France!» L'équipe de Suisse apparaît finalement presque mieux lotie...
(TDG)
Créé: 13.02.2012, 16h53
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50 Commentaires
Bientôt le petit président aux talonnettes va exiger des suisses qui gagnent le gros lot à l'Euromillion de payer des impôts sur leur gain à la France? On nous chamaille, mais on entend pas parler de Jersey ou guernesey. Comme les ricains qui ne parlent pas du Delaware. Ces grandes puissances en problèmes de finances jalousent et enquiquinent la petite Suisse, mais ne balaient pas devant sa porte? Répondre
La France a le pouvoir et l'autorité de mettre en place et d'appliquer un système fiscal qui non seulement ne fasse pas fuir les riches contribuables, mais en plus rapatrie ceux qui se sont exilés.
Il est juste regrettable qu'elle en soit incapable, tous gouvernements confondus, et ce depuis des décennies.
Ne pas prendre les bonnes décisions et fustiger autrui relève de l'ineptie.
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