La Une | Jeudi 24 mai 2012 | Dernière mise à jour 16:42
Affaire du MàD

Les avocats du barman: «Mark Muller n'en est plus à un mensonge près»

Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 22.02.2012

Les avocats du barman du MàD reprochent au conseiller d'Etat d'avoir donné un document confidentiel à la Tribune de Genève. Ils annoncent «la fin de la paix voulue» par Mark Muller

Archive Les avocats du barman, Me Roland Burkhard et Me Philippe Juvet

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Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

L'affaire de l'agression du Moulin à Danses, qui a vu le conseiller d'Etat Mark Muller malmener un barman de l'établissement le 1er janvier est-elle bouclée? Pas le moins du monde. Alors que les deux parties ont annoncé avoir signé une convention mettant fin au litige, le 8 février, voilà que les avocats du barman annoncent que l'affaire n'en restera pas là.

Pour comprendre le courroux des avocats du barman, il faut revenir à mardi matin et à l'audition de Mark Muller par le comité directeur de son parti. Lors de cette réunion qui a lieu toutes les deux semaines, le magistrat a été interrogé sur le montant de la réparation versée au barman dans cette affaire.

Le magistrat n'a pas voulu répondre à cette question. "Mark Muller nous a expliqué qu'il ne pouvait révéler ce montant, celui-ci faisant l'objet d'une clause de confidentialité", expliquait hier matin Alain-Dominique Mauris, président du PLR, au site tdg.ch. Il ajoutait: "Mark Muller nous a expliqué qu'il regrettait cette situation et aurait préféré se montrer transparent, mais ne le pouvait pas suite à l'insistance des avocats du barman."

En découvrant ces propos sur notre site Internet, hier, Me Philippe Juvet, l'un des deux avocats du barman, nous a contactés. Et il a déclaré: "Si je comprends bien, mon client aurait demandé le secret, ce que Mark Muller regretterait. Que je sache, à ce jour, nous n’avons pas reçu de courrier officiel de M. Muller ou de son conseil nous demandant de renégocier la convention pour en lever la confidentialité. Si tel était le cas, et si le barman était d’accord, une levée porterait naturellement sur l’ensemble du dossier et pas uniquement sur l’indemnité versée".

Suite à ces déclarations, Mark Muller a alors fait parvenir à notre journal, toujours hier, la copie d'une lettre adressée à son avocat, Me Alec Reymond, par les avocats du barman. La lettre datée du 10 février revenait sur les propos tenus dans la Tribune de Genève par le président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger. Ce dernier annonçait qu'il allait demander à Mark Muller de dévoiler le montant remis au barman dans cette affaire. Motif d'une telle demande: écarter tout soupçon d'achat du silence du barman.

Que dit le courrier du 10 février, publié hier sur notre site? En substance, il rappelle que Mark Muller est tenu au silence, y compris vis-à-vis de ses collègues. "A défaut, notre mandant réclamera l'exécution de l’article 6 de la convention. Les termes contractuels "Chaque violation" feront l'objet d'une interprétation rigoureuse. Notre mandant se réserve également d’exiger l’application de l’article 161 al.2 du CO, si le dommage dépasse le montant de la peine."

C'est précisément la diffusion de ce courrier confidentiel sur notre site Internet qui provoque, aujourd'hui, le courroux des avocats du barman. Dans un courrier adressé à différents médias, ils écrivent: "Nous nous insurgeons contre l'assertion selon laquelle Mark Muller dit avoir subi des pressions de sa partie adverse pour garder le silence. Une clause de confidentialité ayant été signée par les parties, nous n'avons fait qu'exiger son application. Et M. Muller n'a jamais demandé qu'elle soit levée! Dès lors, les propos de M. Muller sont non seulement totalement contestés, mais scandaleusement faux! M. Muller n'en est manifestement plus à un mensonge près!"

«Violation de la clause de confidentialité»

Et les avocats du barman, Mes Roland Burkhard et Philippe Juvet d'ajouter: "S'agissant de la publication in extenso, sur le site Internet de la Tribune de Genève de ce jour, de la lettre que Me Philippe Juvet a adressée le 10 février 2012 à Me Alec Reymond, nous considérons pour le compte de notre client que la divulgation de ce document par M. Muller à la presse constitue d'ores et déjà une violation de la clause de confidentialité, puisque cette lettre fait expressément mention d'une partie du contenu de la convention, laquelle devait être tenue secrète."

Et les avocats de conclure: "Il est évident que cette affaire n'en restera pas là et que des suites juridiques seront données à cette violation qui met sans conteste un terme à la paix voulue par M. Muller."

Hasard du calendrier, ce mercredi matin, lors de la séance hebdomadaire du Conseil d'Etat, le président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger entend demander des comptes à Mark Muller sur cette affaire. (TDG)

Créé: 22.02.2012, 08h48

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