Office pénitentiaire
Le rapport qui accable les prisons genevoises
Par Isabel Jan-Hess. Mis à jour le 23.01.2012 10 Commentaires
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La prochaine bombe politique est peut-être à chercher dans le dernier rapport de la Commission des visiteurs officiels du Grand Conseil (CVO). Ce document révèle des dysfonctionnements dans la plupart des services de l’Office pénitentiaire (Ofpen). «Il n’y a plus de pilote, déplore la députée socialiste Loly Bolay, auteure de ce rapport. Cela fait des années que l’on dénonce les mêmes choses et rien ne change.»
La CVO s’interroge aussi sur les deniers publics dépensés à l’Ofpen. «Au lieu de tenir compte des remarques de la Cour des comptes, de la Commission de gestion ou de la CVO, le Département de la sécurité (DSPE) lance des audits coûteux (un pour l’Ofpen, deux pour l’établissement pour mineurs de la Clairière). Pour arriver exactement aux mêmes conclusions.»
Au fil des pages de ce rapport, on constate la récurrence de la plupart des doléances des chefs de service, des employés et des commissaires. Sans revenir sur les problèmes à la Clairière, les lenteurs dans la réalisation du projet Cento Rapido, la surpopulation endémique à Champ-Dollon et les soucis budgétaires du futur centre Curabilis, la Tribune de Genève propose aujourd’hui quelques morceaux choisis de ce rapport.
Trop de policiers mobilisés
La CVO met notamment en lumière la multiplication des transferts de détenus et la sécurité des bâtiments qui obligent la police à détacher quotidiennement 38 gendarmes, depuis l’entrée en fonction de Justice 2011. «C’est inacceptable, alors que tout le monde réclame plus de policiers dans la rue, on a des gendarmes qui passent parfois plusieurs heures à l’hôpital avec un détenu.» Ce constat avait poussé Isabel Rochat à réclamer des budgets supplémentaires pour engager des assistants administratifs dévolus à ces tâches. Budgets que la majorité du Grand Conseil a sabrés.
Le rapport révèle aussi que des sociétés de sécurité privées sont souvent appelées en renfort pour assurer des tâches policières. «On voit que ce sont régulièrement des privés qui assurent l’accompagnement des renvois forcés entre le centre de Frambois et l’avion, au lieu des agents de la Brigade des enquêtes administratives (Bead). C’est une tâche régalienne de l’Etat qui n’a pas à être confiée à des privés.» Autre dysfonctionnement: la maison d’arrêt pour femmes de Riant Parc. «En 2010, nous dénoncions déjà de graves problèmes, rappelle Loly Bolay. Rien n’a changé, au contraire c’est pire. Les détenues se plaignent d’iniquité de traitement et les compétences de la directrice sont remises en cause. On a même découvert qu’elle avait engagé sa belle-sœur comme gardienne chef.»
Choquant également, le passage sur les criminels étrangers frappés d’une double condamnation (peine de prison assortie d’un renvoi). En page 28 du rapport, on découvre que leur renvoi à la sortie de prison n’est pas effectué en fonction de la gravité de leur délit ni de la teneur du jugement, mais selon les places disponibles à Frambois. En clair, quand il n’y a pas de place, le détenu est remis sur le trottoir à la fin de sa peine. Sur 441 décisions de renvoi d’étrangers ayant commis des délits durant les dix premiers mois de 2011, 183 ont été renvoyés, 72 ont été remis sur le trottoir et les autres purgent encore leur peine.
«La police préconise la création d’une vingtaine de places de détention administrative pour ces personnes», relève Loly Bolay. Autre incohérence, «récemment, un détenu avait une place dans un avion pour un retour forcé, il était d’accord mais on ne l’a pas laissé partir car il devait encore purger un jour de prison. Du coup, le lendemain, il a bénéficié d’une remise sur le trottoir!» Autant de remarques et de doléances qui amènent à s’interroger sur la gestion de l’Ofpen. Absent depuis plusieurs mois, le directeur n’est pas remplacé. A l’interne, les collaborateurs se plaignent de ne plus avoir d’interlocuteur.
Le Département s’explique
Au DSPE, le porte-parole Laurent Paoliello précise pourtant que l’Ofpen est tenu par un adjoint et une directrice administrative. «Une direction par intérim sera nommée si l’absence se prolonge.» Concernant Riant Parc, il assure que l’engagement d’un parent éloigné de la directrice s’est fait en toute transparence. «Elle a été nommée en 2005, pour ses compétences. Quant aux iniquités, elles proviennent du fait que ces détenues ont toutes un statut juridique différent.»
L’utilisation de policiers ou de sociétés de sécurité privée pour des tâches de convoyage ou de surveillance, Laurent Paoliello les justifie par le besoin: «La population réclame plus d’agents dans les rues, Madame Rochat va donc engager plus d’assistants de sécurité publique pour l’encadrement des détenus. Mais tant qu’ils ne sont pas formés, nous devons répondre à la demande et assurer ces missions. Pour ne pas mobiliser plus de policiers encore, nous faisons appel à ces sociétés. Mais la volonté, à terme, est bien de ne plus avoir recours au privé ni aux policiers pour cela.» (TDG)
Créé: 23.01.2012, 23h19
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10 Commentaires
Les dysfonctionnements de cet Office ont commencés dès sa création (par l'actuel directeur de Champ-Dollon).
D'autre part, une étude interne montrait clairement les incohérences et les coûts faramineux des déplacements des détenus pour voir les juges à Lancy mais personne n'a trouvé à redire à l'époque (un juge ne se déplace pas !)
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Mme ROCHAT : conseillez-vous et prenez des cours auprès le la personne la plus compétente en matière de securité : Mme Karin Keller-Sutter , PLR , Saint-Gall .
Mme Rochat : votre parti , le PLR , a peu de gens compétents , allez faire un stage là-bas , prenez un congé sabbatique et revenez plus forte pour le bien des genevois
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