Histoire
Le manuscrit retrouvé du pilote genevois François Durafour
Par Jean-Claude Ferrier. Mis à jour le 23.04.2012
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Pionnier de l’aviation, le Genevois François Durafour s’est rendu célèbre en se posant au Mont-Blanc, sur le Dôme du Goûter, à plus de 4000 mètres d’altitude, en juillet 1921. Le pilote rédigea ses mémoires dans les années 50-60. Ne trouvant pas d’éditeur, il avait offert son manuscrit à un ami, l’ingénieur genevois Léon Baechler, qui s’expatria à La Réunion. Son fils Claude en hérita avant de le passer à sa voisine, Sophie Champalou. Qui le fera parvenir au Meyrinois Jean-Claude Cailliez, historien de l’aviation (Pionnair-ge.com), qui vient de le publier aux Editions Cabédita. L’ouvrage est présenté au Salon du Livre.
Diplômé de l’Ecole de mécanique à Genève, Durafour travaille au montage des voitures Stella. On le retrouve chauffeur d’un homme politique roumain à Bucarest. Il le conduira à travers toute l’Europe, jusqu’en Ecosse. Puis le mal du pays le fait revenir à Genève. Cela lui arrivera plusieurs fois dans sa vie.
Il est mécanicien pour le grand pilote de Divonne René Vidart, en 1910, avant de voler de ses propres ailes. Il vole d’Avenches à Genève en 1911 et s’illustre dans des meetings. Il est le premier pilote à voler au Guatemala et au Salvador et pose, suite à une avarie de moteur, en pleine ville de New York, avant de voler à… Collex-Bossy. Il est l’un des premiers pilotes militaires suisses en 1914 mais le peu d’avions disponibles font qu’il offre ses services à la France. En 1918, il réalise le premier vol Paris-Genève et se pose sur le terrain de Saint-Georges.
En 1920, première tentative au Mont-Blanc, accompagné du journaliste de la Tribune de Genève Paul du Bochet. L’appareil ne parvient pas à franchir les 4000 mètres d’altitude et Durafour doit renoncer. Il récidive l’année suivante, seul à bord pour gagner du poids et avec un moteur plus puissant. L’aventure doit rester secrète. «Pour une fois, écrit-il, le journaliste de la Tribune de Genève Eugène Trollux ne fut pas trop bavard… mais il se rattrapera par la suite». Une équipe de copains doit l’attendre sur place mais, retardés par le mauvais temps, ils arrivent après l’atterrissage. La chance veut qu’une autre équipe de montagnards se trouve sur place. Parmi eux, M. Brégeault, secrétaire général du Club Alpin Français.
François Durafour redécolle et se pose à Chamonix, pour une grande fête. Notons que Durafour s’illustra aussi dans le sport automobile et qu’il fonda l’aéroport d’Annemasse. Il décède le 15 mars 1967, à 79 ans. Sa tombe se trouve à Collex-Bossy. (TDG)
Créé: 23.04.2012, 12h48
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