Carouge
Le cimetière se fait numérique pour des tombes à portée de clic
Par Aurélie Toninato. Mis à jour le 11.07.2012 2 Commentaires
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Le cimetière de Carouge se met à l’ère du numérique. Ses 2000 défunts viennent de pénétrer dans l’éternité virtuelle et c’est une première pour un cimetière chrétien romand. Inaugurée hier en présence de la maire Jeannine de Haller Kellerhals, une borne interactive trône désormais dans le hall du cimetière. Sa mission: faciliter la localisation des sépultures.
«On nous demande d’améliorer la signalétique des lieux depuis plusieurs années, rapporte Vanessa Brunerie, responsable du service de l’état civil. Nous avons décidé d’aller plus loin et d’installer cette borne.» Et la source d’inspiration de la commune est plutôt originale: les centres commerciaux et leurs bornes indiquant le positionnement des différents magasins.
Ce passage au numérique permet de trouver l’emplacement de tante Marguerite en quelques clics: on tape le prénom ou le nom, et le lieu de la sépulture apparaît, localisé sur un plan du cimetière. Le must: de petits traitillés rouges indiquent le chemin à suivre pour parvenir jusqu’à la tombe. Quant aux défunts enterrés au jardin du souvenir, ils pourront, eux, conserver leur anonymat.
L’interface a volontairement été simplifiée à l’extrême afin de rendre l’outil accessible à tous, surtout aux seniors peu familiers du clavier. Mais pour éviter de bouleverser les habitudes, la borne et les feuillets contenant les noms et emplacements cohabiteront pendant quelques semaines encore. Si le numérique enterre le papier, c’est parce qu’il permet plus de rapidité et une mise à jour immédiate, explique Philippe Santschi, responsable du cimetière. «Avant, il fallait mettre sans cesse à jour les feuillets et donc les réimprimer tous les deux mois environ! Maintenant, toutes les informations sont en réseau 24?h après un enterrement.»
Aussi un espace de détente
Cette innovation technologique aura coûté 17?000?francs à la commune. La fréquentation du lieu justifie-t-elle réellement un tel investissement? «Vous seriez étonnée, on dénombre de dix à quinze visiteurs par heure, assure Philippe Santschi. Cet endroit est un lieu de recueillement mais c’est aussi un jardin, un espace de détente.»
A Genève, depuis six mois, un autre lieu de sépultures s’est aussi branché sur le numérique: le cimetière israélite de Veyrier et ses 3300 défunts. Mais le système utilisé ici va plus loin: une fois trouvée, la tombe apparaît en photo sur l’écran! De plus, les données sont consultables depuis un ordinateur, via le site de la communauté. Celle-ci ambitionne d’ailleurs de faire de cette borne plus qu’un outil de recherche: «Nous pourrions proposer d’accéder à un historique du cimetière ou encore une biographie des personnes célèbres enterrées sur place, avance Jean Plançon, responsable du cimetière. Et c’est un bon moyen pour le personnel puisque nous pouvons lister les travaux effectués pour chaque tombe.»
A l’étude également, la possibilité de laisser sur la borne un témoignage d’amitié, comme cela se fait déjà en France. Du côté de la Ville de Genève, on songe à équiper le cimetière de Saint-Georges avec deux bornes, mais pas avant fin 2013. Enfin, le cimetière interactif a également fait des émules hors du canton. Morges était intéressée par le concept mais son Conseil communal l’a finalement refusé en mai, estimant que la présence d’une telle borne était en inadéquation avec l’esprit du lieu. «En Suisse, la demande n’est pas très forte, constate Dan Amar, dont la société a développé la borne de Veyrier. Elle est plus forte en Europe et nous ambitionnons de créer des connexions et un partage de données entre les cimetières.» (TDG)
Créé: 11.07.2012, 08h10
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2 Commentaires
Judicieuse initiative.Je fais la proposition de laisser la trace nominale des defunts même après la fin de la concession tombale ou la date légale communale (20 ans),ainsi le REPOS ETERNEL ne sera pa vain mais présent dans l'ESPRIT et le SOUVENIR. Répondre
Curieuse, je me suis rendue à Veyrier où j'ai pu manipuler la borne. J'ai pu en quelques minutes parcourir les siècles en cliquant ça et là sur la carte, voyant défiler les photos des tombes! J'ai aussi été agréablement surprise de trouver parfois un complément biographique en relation avec les personnalités, comme l'écrivain Albert Cohen.Bel exemple de sauvegarde du patrimoine Genevois. Bravo! Répondre
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