Projet de lagune
Le WWF veut une plage des Eaux-Vives plus modeste
Par Eric Budry . Mis à jour le 05.06.2012 15 Commentaires
«Il n’y a pas d’espaces de détente»
La conseillère d’Etat écologiste Michèle Künzler réagit avec circonspection au projet de plage du WWF. Interview.
Le projet de lagune vous séduit-il?
Je trouve positif que le WWF comprenne qu’il y a un problème d’accessibilité à l’eau en proposant cette microplage. Mais ce projet n’offre pas d’espaces de détente et ne permet pas d’installer de petites infrastructures comme des cabines. Il y a une vraie demande pour des zones de loisirs au bord de l’eau.
Pas question par conséquent d’entrer en matière?
Il faut pour Genève un projet digne de ce nom. Or il existe déjà et a été voté à l’unanimité par le Grand Conseil, ce qui lui a donné un financement. Un processus démocratique a été suivi avec des possibilités de recours, mais le WWF n’a pas lancé de référendum. Il faut que les gens comprennent qu’on ne peut pas venir à tout moment avec d’autres propositions.
Quelle sera la suite?
J’attends la décision de la justice. Ensuite, on avisera. Ce que je peux vous dire, c’est que si ce projet était mauvais pour l’environnement, je ne le ferais pas. Et mon prédécesseur, Robert Cramer, ne l’aurait pas lancé non plus.
Propos recueillis par E.BY
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Et plouf! Un pavé dans la mare. Le WWF Genève a présenté hier une variante au projet de plage des Eaux-Vives. Une alternative qui, assure l’association, a l’avantage de préserver plusieurs hectares de milieux aquatiques tout en offrant une plage et l’accès du public au lac.
Pour ceux qui auraient manqué les premiers épisodes, rappelons que le WWF a recouru en décembre 2010 contre l’autorisation de construire qu’a obtenue le projet qu’avait lancé Robert Cramer. Un recours qui n’a pas encore été tranché par le Tribunal administratif.
La plage oui, le parc non
«Le WWF n’a jamais été opposé à une plage, précise Sylvia Leuenberger, présidente du WWF Genève. Notre recours porte sur le remblai qu’il est prévu de déverser dans le lac pour créer un parc.» D’où cette variante, qui préserve le Petit Lac et permettrait même de revitaliser la rive en créant des roselières.
«L’idée est toute simple, au lieu de faire un remblai, on fait une lagune», poursuit Benoît Stadelmann, biologiste et membre du WWF Suisse. La plage, elle, se situerait sur la digue qui fermerait partiellement le plan d’eau. Des pontons seraient réalisés pour relier la plage à Baby-Plage et à la rive.
«Notre proposition respecte totalement la création de la plage et l’accès au lac du public», complète Françoise Chappaz, secrétaire régionale du WWF Genève. C’est exact, mais l’aire de détente que constitue le parc tombe à l’eau. Pour faire bonne mesure, la secrétaire régionale demande par conséquent l’étude d’un projet global d’accès différenciés à l’eau qui irait du Jardin anglais au bas de la rampe de Vésenaz. Il inclurait la reconstruction des Bains des Eaux-Vives, détruits vers 1917.
Validé par l’EPFL
Afin de s’assurer que sa variante ne prendrait pas l’eau, le WWF a demandé il y a six mois une expertise du laboratoire de construction hydraulique de l’EPFL. «Nous voulions être certains que cela fonctionnait au niveau des courants, et c’est le cas», ajoute Françoise Chappaz. Cette étude aura coûté près de 30?000?francs, un investissement jugé exceptionnel par les responsables du WWF.
L’association écologiste a choisi de ne pas transmettre, pour l’heure, sa proposition aux autorités cantonales. «S’il y a une étape judiciaire supplémentaire après la décision du Tribunal administratif, nous ajouterons notre variante», précise Françoise Chappaz. (TDG)
Créé: 05.06.2012, 07h09
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La rédaction
15 Commentaires
Je suis favorable à la protection de la nature et je l'applique (vélo, très peu d'avion, pas d'utilisation d'alu ni de capsules Nespresso, tri des déchets, jardin sans herbe à l'anglaise, consommation locale, etc.) mais je constate que Genève a vu doubler sa population sans la moindre création d'un seul grand vrai parc (non situé sur un parking souterrain qui empêche la réalisation d'un vrai parc avec de l'herbe et des vrais arbres). La nature a certes besoin d'espace mais les humains ont aussi besoin de parcs. En plus j'aimerais que le WWF soit un peu plus efficace par rapport aux graves et répétées atteintes à la nature que sont les nombreuses carrosseries (qui ne respectent pas les normes à sentir les odeurs de peinture à proximité), les bagnoles qui croupissent dans les champs privés, les haies de tuyas et de laurels qui prolifèrent alors que l'on sait qu'il s'agit de "béton vert", etc. etc. plutôt que de se concentrer sur la sauvegarde d'une centaine de mètres de littoral déjà totalement dénaturé par l'homme. Répondre
Le WWF se retrouve piégé, seul contre tous, par un blocage idéologique consternant. A refuser d'oeuvrer dans l'intérêt de la population ils perdent toute crédibilité. Une lagune en plein centre ville, bonjour l'odeur de l'eau stagnante en été et puces du lac en tout genre. Je ne me retrouve plus dans cette organisation qui devrait plutôt lutter contre les vrais défis de l'environnement. Répondre
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