Le MCG Carouge recrute une candidate en France voisine

Elections municipalesUne candidate au Municipal vit en Haute-Savoie mais a déposé ses papiers dans la Cité sarde.

Le MCG présente treize candidats à Carouge, dont Gabriela Sonderegger.

Le MCG présente treize candidats à Carouge, dont Gabriela Sonderegger. Image: Laurent Guiraud

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Les listes électorales contiennent souvent de petites perles. Celles du MCG n’échappent pas à la règle cette année. Sur la liste présentée par le parti à Carouge, treize candidats s’engagent pour la Commune. Parmi eux, en onzième position, Gabriela Sonderegger. Selon nos informations, cette militante MCG vit dans une commune de France voisine, depuis 2001.

Mais depuis mars 2011, elle est à nouveau domiciliée dans le canton. Tout d’abord à Vernier, où elle a même été suppléante du local de vote, pour le MCG en 2013. Et depuis le 13 août 2014, la candidate MCG est recensée à la rue Nicolas-le-Vieux, à Carouge. L’étiquette collée sur une boîte aux lettres atteste de son adresse dans cet immeuble. Mais dans le quartier, personne ne semble la connaître.

Des voisins confirment

Du côté de Veigy-Foncenex en revanche, elle est connue. Une voisine est même formelle. «Cette dame vit ici depuis longtemps.» Sur le stand du MCG les samedis à Carouge, elle ne brille pas non plus par sa présence. Interrogé, un autre candidat MCG, Bikoy Simon explique que «les gens ne sont pas obligés de venir. C’est mieux, mais ils font aussi campagne dans les rues, il n’y a pas que le stand pour rencontrer les Carougeois.» Sandro Pistis, candidat MCG à l’Exécutif de Carouge et responsable de la campagne municipale, assure pourtant que Gabriela Sonderegger est très active. «Elle vient sur le stand comme les autres candidats, assure le conseiller municipal MCG. Cette dame, que je ne connais pas personnellement, a aussi participé à la récolte de signatures pour les référendums communaux.» Sandro Pistis explique ne pas vérifier si les candidats vivent bien à l’adresse qu’ils indiquent. «Nous faisons confiance à ces personnes et n’exigeons qu’un extrait du casier judiciaire et un avis de non-poursuites, explique le MCG. Ensuite, si le Service des votations valide la candidature, c’est que son domicile dans la commune est reconnu.»

«No comment»

Contactée à son domicile français, Gabriella Sonderegger coupe court à la conversation. «Je ne réponds pas aux journalistes.» A la question «Que pensez vous pouvoir apporter à la ville de Carouge en n’y vivant pas vraiment?» elle oppose un «no comment» glacial.

Président du MCG, le député Roger Golay indique ne pas connaître personnellement Gabriela Sonderegger: «Je l’ai juste aperçue lors d’une réunion, mais j’ignore où elle vit», reconnaît le candidat à la Mairie de Lancy. Pour l’heure, les listes étant publiées, le parti ne bougera pas. «En revanche, si cette dame est élue, nous investiguerons, assure Roger Golay. S’il s’avère qu’elle ne vit pas à cette adresse, nous interviendrons. On ne peut pas prétendre s’investir pour une commune et défendre ses résidents si l’on n’y vit pas réellement.»

Durant la précédente législature, le MCG Carouge avait déjà exclu un de ses élus pour les mêmes raisons. «Stephan Pollini nous avait roulés dans la farine et nous avions découvert qu’il ne vivait pas à Carouge, reconnaît Sandro Pistis. Le Service des votations avait dû intervenir pour qu’il donne sa démission, qui nous a permis de repourvoir le siège qui était au MCG.»


Candidat à Satigny, il critique Genève

Parmi les candidatures MCG du canton, celles d’Ambroise et Céline Le Joncour, à Satigny, interpellent aussi. Gendarme à la police de sécurité internationale (PSI), le fonctionnaire s’était établi en Valais en 2011 avec sa future épouse. Interrogé dans un journal local, le couple n’a pas hésité à critiquer vertement Genève: «J’aime l’énergie des grandes villes, mais pour la vie quotidienne je préfère Sierre.» Son épouse précisait: «A Genève c’est le stress permanent, ici je suis apaisée.»

De retour l’été dernier dans le canton, Ambroise Le Joncour tempère ses propos: «On vivait en pleine ville et on ne trouvait pas de logement, justifie-t-il. Comme je suis d’origine valaisanne, nous nous sommes installés à Sierre.» Interrogé sur leur arrivée à Satigny, le candidat parle de compromis. «Ici, on retrouve le calme et la mentalité valaisanne, assure-t-il. On s’est tout de suite senti bien accueilli avec notre bébé. Les gens sont très chaleureux. Mon épouse est genevoise et même si nous avons vécu en Valais, nous soutenons les résidents de la commune dans laquelle nous vivons.»

Sur son programme, en revanche, le candidat reste plus énigmatique. «On veut défendre les intérêts des agriculteurs et des habitants de Satigny, assure le MCG qui part sur une liste commune avec l’UDC. Valoriser les produits locaux et redonner une plus-value à Satigny.»

Pour Roger Golay, président du MCG, la candidature et les déclarations passées d’Ambroise le Joncour n’ont rien d’incompatible. «Je ne le connais pas, mais il a pu quitter Genève en raison de la crise du logement et y revenir pour d’autres raisons, tempère le président du parti populiste. A ma connaissance ce monsieur est très impliqué dans la campagne à Satigny.»

Sur la page Facebook du candidat, on découvre en effet qu’il sillonne le canton sur les stands du MCG. On y remarque aussi beaucoup de photos du Valais et un intérêt particulier pour le Front national et l’agitateur antisémite Dieudonné, qu’il ne commente pas.

I.J-H.

(TDG)

Créé: 07.04.2015, 18h44

D'autres couacs MCG

Présent depuis trois législatures dans les parlements communaux, le MCG a connu plusieurs couacs impliquant certains de ses élus et/ou candidats. A Chêne-Bourg, par exemple, à peine élu, Jean-Marc Antoine a fait l’objet d’une dénonciation, évoquant qu’il vivait dans une autre commune genevoise. Après enquête, la Chancellerie a reconnu l’adresse qu’il avait indiquée. C’était chez une dame.
A Pregny-Chambésy, plusieurs candidats MCG, peu connus dans la commune, avaient donné une adresse identique. Au final, le parti s’en est mêlé et ne représente pas de candidat cette année.

A Onex, Patrick Baud s’était installé en Thaïlande sans démissionner du Municipal, laissant un siège vide et irremplaçable durant près d’un an.
A Onex toujours, l’ex-président du Municipal, Eric Oulevey, a démissionné en raison de son déménagement à Gaillard (F). La démarche n’est pas exceptionnelle, mais émanant d’un élu d’un parti combattant les frontaliers, elle a fait jaser. Mais comme le rappelle Roger Golay, président du MCG, «le mot frontalier désigne pour nous un étranger venant travailler en Suisse et non un Suisse résidant à l’étranger qui travaille ici».

I.J-H.

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