La Une | Jeudi 24 mai 2012 | Dernière mise à jour 16:26
Interview

Le Conseil d’Etat exige des comptes de Mark Muller

Par Pierre Ruetschi et Fabiano Citroni. Mis à jour le 10.02.2012

Dans l’affaire de l’agression du MàD, le président du gouvernement, Pierre-François Unger, a décidé de demander à son collègue le montant qu’il a versé au barman, à titre de réparation.

Président du Conseil d’Etat genevois, Pierre-François Unger était l’invité de la Tribune de Genève, jeudi matin. Après avoir assisté au briefing de 10h, le magistrat nous a notamment accordé une interview sur l’affaire Muller, du nom de son collègue du Conseil d’Etat qui a reconnu, mercredi, avoir agressé le barman du Moulin à Danses le 1er janvier. Pierre-François Unger nous a annoncé vouloir en savoir plus sur l’indemnité versée par Mark Muller au barman.

Pierre-François Unger, combien Mark Muller a-t-il versé au barman?

Je ne le sais pas.

Président du MCG, Eric Stauffer dit 50?000?francs. Un montant qui serait décent? Quel montant serait indécent?

Le communiqué des avocats parle de réparation à raison des frais encourus. Pour le Conseil d’Etat, il peut y avoir des frais d’avocats, médicaux, voire pour perte de gain. Si nous apprenions que le montant couvre d’autres éléments, nous rediscuterions de tout et, probablement, envisagerions de nous répartir les dossiers de Mark Muller.

Allez-vous interroger Mark Muller sur le montant versé?

Oui. La prochaine séance du gouvernement aura lieu le 22 février.

Aucune discussion avant, donc? Je me réserve le droit de mener mes actions de président du Conseil d’Etat ou de ne pas les mener. Je n’ai pas et je ne vais pas les pré-annoncer.

Mark Muller ne serait pas obligé de répondre à vos questions…

C’est vrai. Mais il prendrait alors un petit risque. C’est-à-dire?

Nous serions six à décider comment interpréter son silence. Je pense que le plus simple serait qu’il nous donne le montant.

Un chèque de 50?000?francs vous paraît-il dans les normes?

Je ne connais pas le tarif des avocats du barman. Mais beaucoup d’avocats ne sont pas bon marché. Pourquoi ne pas accepter l’idée d’une indemnité pour tort moral?

Nous aurions pu l’accepter. Mais le communiqué ne fait état que de frais directs, pas de tort moral.

La réalité des faits qui ont eu lieu prend des contours plus précis. Mark Muller vous a-t-il trahi?

Non, je n’ai pas ce sentiment. Mais nous n’avions pas l’ensemble des détails de l’affaire. Je relève à ce titre que les détails ont beaucoup bougé dans chacune des bouches.

Mark Muller vous a-t-il induit en erreur?

Non. Entre ce qu’il nous avait déclaré et ce qui figure dans le communiqué de presse, il n’y a qu’une modeste différence.

Quelle était l’ambiance, mercredi matin, lorsque Mark Muller a annoncé avoir trouvé un accord avec le barman?

Cet accord constitue sûrement une issue heureuse pour les deux parties. Mais l’atmosphère est toujours lourde lorsqu’une solution trouvée nous laisse avec une inconnue qui est d’importance et qui ne nous soulage pas. L’inconnue? Connaître les circonstances exactes.

L’affaire Muller est-elle classée?

Vous ne pouvez pas classer une affaire comme ça. Elle va laisser une atmosphère difficile. Mais nous devrons travailler les uns avec les autres, sauf si nous apprenions que s’agissant du montant de l’indemnité, on nous a menti. La crédibilité de Mark Muller est-elle entamée?

Elle est fragilisée par une succession d’éléments. On sait que l’art de construire, à Genève, est difficile. On sait que l’art de convaincre une commune qu’elle n’est pas un village gaulois l’est aussi. Et puis, il y a eu le problème de la gestion du parc immobilier de l’Etat et deux ou trois autres choses qui ne rendent pas la vie et le contexte particulièrement faciles. (TDG)

Créé: 09.02.2012, 17h59

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