Le Canton débourse 70 millions pour le site de Firmenich

GenèveLa caisse de pension des fonctionnaires (CPEG) rachète le site industriel situé à la Jonction. L’Etat compte y loger 1000 employés et des habitants. Une place sera faite à la culture.

Le site de Firmenich à la Jonction vu du ciel.

Le site de Firmenich à la Jonction vu du ciel. Image: Lucien Fortunati

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Le Canton glisse une belle pièce dans sa besace. Une jolie prise, que l’on reconnaît de loin avec sa tour qui domine l’Arve. Il vient d’acquérir le site de Firmenich à la Jonction. Le parfumeur cède son domaine historique pour la somme de 70 millions de francs et en profite pour renforcer ses activités dans la zone industrielle de Meyrin-Satigny. L’acheteur n’est autre que la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). La transaction a été validée hier matin par le Conseil d’Etat et présentée dans la foulée à la presse.

«L’année commence très bien avec cette transaction historique, se félicite François Longchamp, président du gouvernement. Elle permet de renforcer l’ancrage à Genève de Firmenich, une entreprise à laquelle nous sommes attachés, et elle permet à la CPEG d’investir dans des immeubles de rapport qui lui permettront d’assurer sa mission.»

Son collègue Antonio Hodgers, chargé de l’aménagement, souligne un autre avantage. «Grâce à la libération foncière de ce site emblématique, le Canton va pouvoir développer la pointe Nord du PAV.» Le PAV est l’acronyme du projet Praille-Acacias-Vernets, cette vaste opération qui vise à transformer cette zone industrielle en un nouveau quartier de ville.

Coup d’accélérateur

En acquérant ce site, l’Etat espère donner un coup d’accélérateur à son projet de transformation. Car s’il possède 80% des terrains du PAV, la plupart de ses parcelles sont occupées par des entreprises au bénéfice de droit de superficie. Leur libération est longue et laborieuse. A Firmenich, l’Etat devrait disposer des terrains en 2020.

«Cette parcelle était une opportunité à ne pas manquer», relève Christophe Decor, directeur général de la CPEG. «Elle renforce notre position dans le PAV où nous œuvrons déjà sur trois autres projets, poursuit Michael Paparou, son vice-président. La notion de promoteur est importante pour nous.» Si la caisse des fonctionnaires devient propriétaire du site Firmenich, l’Etat garde la main. Tous deux ont signé une convention qui permet au Canton de disposer des terrains pour ses besoins, voire de les racheter en priorité.

Que va-t-on faire de cette parcelle? S’étendant sur 19 000 m2, elle est déjà largement occupée. On y trouve une étroite tour de quinze étages, construite en 1964, ainsi que plusieurs bâtiments de laboratoire plus récents. Enfin, quelques petites bâtisses industrielles parsèment le pourtour du terrain. Il n’y aura a priori pas de démolition massive. «Nous nous dirigeons plutôt vers la rénovation des bâtiments existant», indique Michael Paparou. Des études doivent toutefois confirmer les options possibles.

1000 fonctionnaires déplacés

Le programme du futur est toutefois connu dans les grandes lignes. Il s’agit d’abord de loger des services de l’Etat qui, aujourd’hui, occupent des locaux dont ils ne sont pas propriétaires. Une étude doit être menée pour déterminer quels offices peuvent être déménagés, compte tenu aussi de la pertinence pour les administrés. «Nous devrions économiser entre 10 et 20% de loyers», relève Serge dal Busco, ministre des Finances. En tout, le site devrait accueillir près de 1000 fonctionnaires. Les premiers sont attendus pour 2022.

Logement et culture

Il est aussi question de construire du logement, en quantité toutefois modeste. De 150 à 250 appartements sont prévus. Rappelons qu’à 500 mètres, plus de 1000 logements seront réalisés sur la parcelle des Vernets, dans une opération à laquelle participe la CPEG.

Enfin, l’Etat entend «confirmer l’identité culturelle de la Pointe Nord en créant un «fil culturel de l’Arve». Il rappelle que le secteur accueille le théâtre du Loup, la Parfumerie ainsi que la Gravière. «Nous voulons protéger, voire renforcer ces activités sur le site», relève Antonio Hodgers. En tout, la CPEG pense investir près de 200 millions sur le site.

Firmenich se renforce à Meyrin

Firmenich, quant à lui, va désormais concentrer toutes ses activités sur son site de la zone industrielle de Meyrin. Après avoir investi 60 millions de francs l’année passée pour une nouvelle usine de parfumerie, l’entreprise va encore consacrer 100 millions de francs pour renforcer ses activités (TDG)

(Créé: 11.01.2017, 19h02)

Le parfumeur se concentre sur Satigny

«Nous quittons la Jonction pour consolider notre présence à Genève.» C’est en substance le message qu’a apporté hier Patrick Firmenich, président depuis cet automne du conseil d’administration de l’entreprise après l’avoir dirigée durant douze ans. Ce dernier s’est réjoui de la transaction passée avec l’Etat après près de deux années de discussions. Elle lui permet de se redéployer entièrement sur son site dans la zone industrielle de Meyrin-Satigny.
Ce déplacement n’est pas anodin. Car la Jonction représente le berceau historique de l’entreprise depuis 1897. «Nous y avons notre principal centre de recherche mondial, avec 65% de nos équipes de chercheurs, indique son directeur général, Gilbert Ghostine. La Jonction est notre principal centre créatif mondial.»

Ces activités vont être transférées en 2020 au siège mondial de l’entreprise, à Satigny. Cinq cents employés sont concernés par ce transfert. Ce redéploiement va nécessiter des dépenses de l’ordre de 100 millions de francs pour réaménager des locaux. «Un investissement historique», commente le directeur.

Le groupe a déjà investi 60 millions de francs en 2016 pour la création de sa nouvelle usine de parfumerie. «Notre siège accueillera dès lors le plus grand centre de recherche et de création ainsi que des unités de production pour la parfumerie et les arômes.»

Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers voit dans cette opération un exemple pour le projet Praille-Acacias-Vernets. «Le déménagement des entreprises leur permet de moderniser leur outil de production tout en confortant leur présence à Genève, et elles contribuent à la mutation du quartier.»

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