L'angoisse de la domestique battue
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 09.02.2012 14 Commentaires
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Si elle rentre dans son pays, l’Arabie saoudite, S., 47?ans, sera séparée de sa fille. Pour avoir eu cet enfant hors mariage, elle risque 70 coups de fouet et cinq?ans de prison. Afin d’éviter cela, cette domestique clandestine, maltraitée lorsqu’elle travaillait en Suisse au service d’une princesse saoudienne, se bat en justice pour obtenir un permis humanitaire. «Nous venons de saisir la Chambre administrative de la Cour de droit public de la Cour de justice, confirment ses avocats, Mes Anna Soudovtsev-Makarova et Philippe Girod. Si on ne donne pas un tel permis à Madame S., alors à qui?» Agresseur condamné
S. a été engagée en 2001 comme gouvernante auprès d’une princesse qui se rend régulièrement en Suisse. En mai et juillet 2003, lors d’un séjour à Genève, elle est maltraitée par un membre du personnel de la cour princière. Elle dénonce les faits au Ministère public qui conclut, un an plus tard, qu’elle a bel et bien été victime d’agressions de la part d’un collègue de travail. Ce dernier, condamné à six mois de prison ferme, est reconnu coupable de lésions corporelles simples et menaces. S. affirme que son agresseur, qui a quitté la Suisse, l’a également violée. Sa fille est née de cette relation non consentie, explique-t-elle. Faute de preuves, la justice a écarté cette dernière accusation.
Traumatisée par cette agression, craignant d’être lapidée dans son pays, la domestique n’envisage pas une seconde de rentrer au pays. Soutenue par Caritas, elle fait une demande d’autorisation de séjour auprès de l’Office cantonal de la population (OCP) en 2005. Les démarches sont interminables. Clandestine, elle vit dans un premier temps de petits boulots (traiteur à domicile, serveuse dans un bar aux Pâquis) et loge au foyer des Grottes. Elle reconnaît même s’être prostituée pour subvenir aux besoins de sa petite famille. «Soutenue par l’Hospice général, je ne parviens pas à trouver un travail, car je n’ai pas de permis, nous confie-t-elle. Ma fille me demande pourquoi nous ne partons pas en vacances comme ses amis à l’école. Je lui dis que c’est pour des questions d’argent. Mais c’est aussi parce que nous n’avons pas de papiers.»
«Traitement inadmissible»
Au bénéfice aujourd’hui d’une admission provisoire, elle ne peut envisager un avenir pour elle et sa fille de 7?ans et demi. Les autorités lui refusent un permis de séjour, estimant qu’elle n’est pas indépendante financièrement et que son cas n’est pas «un cas d’extrême gravité. Elle ne peut se prévaloir d’une intégration socioprofessionnelle particulièrement marquée.» Pourtant, en 2010, la justice a requis des informations à l’ambassade de Suisse en Arabie saoudite sur les sanctions encourues par la mère célibataire. Le document, remis en 2011, confirme les risques de châtiments corporels et d’emprisonnement encourus. Ainsi, en première instance, les juges concluent, en novembre 2011, que S. «s’expose à un traitement inadmissible. Son renvoi n’apparaît pas licite ni exigible.» Une bonne nouvelle? Pas tout à fait. Car, à l’instar de l’OCP, les juges de première instance considèrent que le cas de S. n’est pas un «cas de rigueur» lui permettant de convoiter un permis humanitaire.
«Nous avons fait recours le mois dernier auprès de la deuxième instance cantonale, car nous ne voulons pas d’une admission provisoire, mais bien d’un permis humanitaire», résument les avocats de S. Pour en bénéficier, le requérant doit notamment avoir un comportement irréprochable, ne pas avoir de condamnations pénales graves et jouir d’une bonne intégration. «C’est le cas de S., qui mérite un permis de séjour, et le juge a le pouvoir d’appréciation pour lui en octroyer un, assure Me Girod. Jusqu’alors en étant simplement favorable à une admission provisoire, le Canton refuse de s’engager. L’ODM réexamine chaque année son dossier. Mais ce statut provisoire est rédhibitoire pour ses employeurs potentiels.» (TDG)
Créé: 09.02.2012, 07h21
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14 Commentaires
Il faut cesser de jour les vierges effarouchées ! Quand on voit que nos autorités laissent agir impunément des centaines de dealers, sans papiers dans notre ville, ne peut-on pas délivrer à cette femme et son enfant un permis de séjour en bonne et due forme ? Cette femme trouverait facilement un job dans un EMS, non ?
Mais peut-être que la drogue...rapporte plus ?
Bande d'hypocrites va !
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Dans l'affaire du portable volé avec menace au couteau "lieu connu pour héberger plusieurs individus magrébins »...Ceux-là, on les laisse tranquille et ensuite on vient nous la ramener avec Schengen. Bien sûr le Maghreb fait partie de l'espace Schengen et surtout c'est la faute aux accords si on les laisse continuer leur trafic !
Par contre, on embête une pauvre femme sans défense !
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