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Cointrin

L’aéroport s’arme contre la météo extrême de cet hiver

Par Chloé Dethurens. Mis à jour le 12.02.2012 2 Commentaires

Le froid polaire et les rafales de bise n’épargnent ni le tarmac, ni les pilotes. Reportage

1/13 Cointrin par moins 12
Genève, le 9 février 2012. Avions en transit sur le tarmac de l'aéroport de Genève-Cointrin. Le trafic aérien est rendu possible en hiver grâce à des moyens techniques considérables de déneigement ou salage des pistes de décollage.
©Pierre Albouy

L'aéroport s'arme contre le froid

   

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Bagages, catering, kérosène. Emmitouflés jusqu’aux oreilles, les employés de Cointrin s’activent autour des appareils malgré un froid mordant. Depuis quelques jours, l’aéroport subit lui aussi le climat glacial, renforcé par les rafales de bise. Décollages, atterrissages, manœuvres au sol: de part et d’autres de la plate-forme, on s’active pour que cette météo extrême ne perturbe pas la valse des avions et de leurs passagers. Pas toujours évident.

Le froid complique effectivement ces opérations aéroportuaires. La neige, le givre et le verglas doivent être éliminés le plus rapidement possible pour éviter tout problème sur la piste et le tarmac. Pour déblayer le périmètre, l’aéroport peut déployer un total de 65 véhicules, dont plusieurs camions d’entreprises privées. Maniant des lames de huit mètres de large, des fraiseuses et autres souffleuses, près de 100?personnes peuvent être mobilisées en même temps pour évacuer la neige. Pour les y aider, Cointrin vient d’agrandir son parc de machines spécialisées. Au total, les engins déneigeurs représentent un investissement de 10 millions de francs.

Récurer le tarmac

«Cette année, il n’a neigé que deux jours, raconte Bertrand Stämpfli, porte-parole de l’aéroport. Mais il a fallu récurer tout le tarmac, être extrêmement exigeant, vu le grand froid qui était annoncé.» Cointrin disposant d’un tarmac plutôt réduit, l’opération a dû être coordonnée avec minutie. «Il faut intervenir tout en essayant de réguler le trafic et engendrer un minimum de retards», poursuit Bertrand Stämpfli. Rappelons qu’il faut quinze ?minutes pour nettoyer la piste d’un bout à l’autre, dont la surface représente quelque 40 terrains de football, sans compter les 200 hectares restants. Le coût? Près de 14?000?francs par passage. Grâce à des terrassements réalisés l’an passé, la neige peut désormais être stockée à divers endroits du tarmac.

Pour déterminer si la piste est exploitable, l’aéroport dispose du «Tester», une voiture équipée d’une cinquième roue. «Elle nous permet de calculer le coefficient de friction sur la piste», explique le premier lieutenant Patrick Sarrasin, du Service de sécurité de l’aéroport (SSA). Selon les résultats, la piste est fermée pour être déneigée. Le cas s’est produit vendredi dernier à deux reprises pendant une demi-heure, lors d’une journée pourtant ensoleillée. «A cause du vent, des congères s’étaient formées sur le dernier tiers de la piste, côté Lausanne, poursuit Patrick Sarrasin. Le degré de friction n’était pas suffisant.» Ici, pas de sel – trop corrosif pour les avions – mais un produit de substitution.

Il n’y a effectivement pas besoin d’une avalanche de neige pour compliquer les manœuvres sur le tarmac. Le givre, qui apparaît lorsque les températures hivernales rencontrent un certain taux d’humidité, doit lui aussi être combattu: un avion ne peut pas décoller si ses ailes en sont couvertes. «Cela peut créer des kilos de glace, alourdir l’appareil et modifier la forme des ailes, explique Bertrand Stämpfli. Le givrage peut mettre un avion au tapis.»

Lutter contre le givre

Pour éviter ce cas de figure, des camions déversent un liquide, stocké dans trois cuves de 25?000 litres, sur les ailes des appareils avant tout mouvement. Indispensable, l’opération prend en général vingt minutes et se déroule juste avant le décollage, créant parfois quelques retards.

En l’air, ce froid extrême oblige les pilotes à se montrer encore plus prudents. Le fuel, par exemple, ne doit pas descendre en dessous de -43°, obligeant parfois l’équipage à réduire son altitude pour gagner quelques degrés. Au sol, les soucis sont rares. Les conduites, profondément enterrées, ne gèlent pas. «Mais le week-end passé, plusieurs sociétés d’assistance au sol sont venues chez nous se fournir en eau afin de ravitailler les avions, car leur station avait gelé», explique le premier lieutenant du SSA.

Et le vent? L’intense bise que Genève a connue ces derniers jours peut créer des difficultés aux pilotes. «Le vent de travers est un phénomène qui peut s’avérer dangereux (lire ci-contre), explique Bertrand Stämpfli. Mais les cas sont rares à Genève, la piste a été construite pour faire face aux vents dominants.» Comment se portent les abeilles du tarmac face à cette météo polaire? On ne le saura qu’au printemps… (TDG)

Créé: 12.02.2012, 20h52

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2 Commentaires

Jerry Tom

14.02.2012, 07:44 Heures
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Merci aussi de penser à l'ensemble des personnels des agents d'assistance au sol, tous services confondus, dont nombreux sont ceux qui passent des journées entières sous les avions dans ces conditions, et font leur possible pour permettre des départs à l'heure. Répondre


Jean Nemarre

13.02.2012, 23:06 Heures
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Je tiens à féliciter tous toutes les personnes qui travaillent sur le tarmac de Genève.Chapeaux!! Répondre



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