La rage jusqu’au bout des lattes

RencontreLe skieur du Grand-Bornand Thomas Mermillod-Blondin s’élancera aujourd’hui sur «Verte des Houches» pour s’emparer du Globe de cristal du super-combiné.

Le skieur du Grand-Bornand rêve de décrocher cette saison le Globe de cristal du super-combiné.

Le skieur du Grand-Bornand rêve de décrocher cette saison le Globe de cristal du super-combiné. Image: LUCIEN FORTUNATI

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A la maison. C’est là que Thomas Mermillod-Blondin tentera de s’emparer du Globe de cristal du super-combiné. C’est en effet à Chamonix, en Haute-Savoie, sur la légendaire «Verte des Houches» que le skieur du Grand-Bornand s’élancera aujourd’hui. Son but: prendre la tête du classement de la Coupe du monde de la spécialité. «Je suis actuellement troisième, à dix points des deux premiers ex aequo. Une victoire me garantirait la première place au classement», lâche ce compétiteur dans l’âme.

En attendant, c’est à la maison, au Grand-Bornand même cette fois, que Thomas Mermillod-Blondin s’est remis sur pied. Blessé lors d’un entraînement en Corée du Sud au début du mois, il trouve réconfort et soins auprès des siens. «Le tenseur du fascia lata est bien meurtri», précisait-il, vendredi passé, en sortant de l’IRM. Mais, pas question de se laisser abattre. «Dans ma tête, je suis déjà à Chamonix.» Non sans être remonté d’ici là sur les skis, en dévalant les pistes de son enfance, histoire de reprendre confiance.

Du Mont Lachat au Chinaillon, ce domaine, il le connaît par cœur. Pour cause, c’est là que bambin, à 2 ans seulement, il monte pour la première fois sur les spatules, suivant ainsi les traces de son père, guide et moniteur au Grand-Bornand. A l’époque, il oscille entre les crampons de foot et les lattes… «Et occasionnellement un peu d’école», sourit-il. Ce sera finalement le ski. Les débuts sont plus que prometteurs. «Il ne le dira pas car il est trop modeste, mais, avant 2000, il a tout gagné», stipule le président du ski club du Grand-Bornand, Stéphane Deloche.

Un podium historique

Dès son plus jeune âge, la rage de vaincre est là. Tout comme elle habite ses camarades de jeu, parmi lesquels de futurs grands noms de la glisse tel Steve Missillier, né comme lui en 1984. «On cassait tout!» La bande est tellement motivée qu’entre eux, la compétition ne cesse jamais. «On faisait la course entre le ski club et le lieu de rassemblement pour l’entraînement, se souvient Thomas Mermillod-Blondin. Celui qui arrivait le premier remportait la Schuss cup!»

De cette ambiance potache reste l’envie de gagner. Une persévérance souvent récompensée. Comme le 22 janvier dernier. Ce jour-là, il monte sur la troisième marche du super-combiné à Kitzbuehel, en Autriche. Un podium historique puisque trusté par trois Français, soit dans l’ordre Alexis Pinturault, Victor Muffat-Jeandet et le Bornandin. «On en a bien profité. On a apprécié le moment.» Notamment la Marseillaise, entonnée à tue-tête par le trio.

Jack est fier de son papa

De quoi faire vibrer ceux qui sont restés à la maison. Tels sa compagne et son fils Jack, âgé de 2 ans et demi. «On lui a acheté une de ces cloches qui fait un bruit insupportable. A chacune de mes courses, il est devant l'écran et il la secoue comme un fou.»

A 32 ans, Thomas Mermillod-Blondin a déjà une longue carrière. Il a connu les hauts mais aussi les bas, comme sa blessure à la cheville droite en 2005. Ecarté alors de la Fédération française de ski (FFS), il refuse d’abandonner. Aux côtés d’un entraîneur d’origine canadienne, Eric Phillps, il repart en quête des sommets. En octobre 2007, à Tignes, il signe son grand retour en se qualifiant pour ses premières coupes d’Europe.

Suivra sa première Coupe du monde en 2008 à Adelboden, en Suisse. Et beaucoup d’autres courses. D’autant que Thomas Mermillod-Blondin est engagé dans les cinq disciplines de ski alpin. Et ce polyvalent en a encore sous le pied. «C’est vrai que les années passent mais j’aime tellement skier que je ne ressens pas de lassitude.» Du coup, même les Jeux de 2018 en Corée du Sud ne lui paraissent plus si loin. En attendant, c’est à Chamonix qu’il entend bien briller ce week-end. (TDG)

(Créé: 18.02.2016, 18h42)

Bio express

1984 Né le 3 janvier à Annecy.

2004 Intègre la Fédération française de ski.

2005 Blessé à la cheville, écarté de la FFS.

2006-2007 Entraîné par Eric Phillps, il remonte, seul, au plus haut niveau.

2008-2009 Première Coupe du monde à Adelboden (CH) et réintégration à la FFS. 2009 Premiers championnats du monde: 6e en super-combiné le 9 février à Val d’Isère.

2011 1er podium en Coupe du monde: 3e du super-combiné de Bansko (Bulgarie).

2013 3e au combiné de Kitzbuehel (Autriche). Naissance de son fils Jack le 5 juillet.

2016 Il est sur le podium avec deux autres Français en combiné à Kitzbuehel.

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