Sécurité
La police genevoise se prépare aux attaques de forcenés
Par Sophie Roselli. Mis à jour le 11.12.2012 3 Commentaires
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Des tirs retentissent au cœur d’un centre commercial. Des cris surgissent. Des victimes s’effondrent. Le chaos. Un tireur s’est lancé avec détermination dans un jeu de carnage. Comment le stopper? C’est le scénario auquel l’ensemble des policiers genevois ont été confrontés. Plus de 1300 agents ont suivi durant toute l’année une formation pour répondre au mieux à cette situation extrême. Avec l’obligation d’oublier les principaux réflexes enseignés. De quoi dérouter.
Dans le jargon policier, on l’appelle amok. Ce terme malais désigne un accès de folie qui se termine en bain de sang. Pour faire face à ce type de carnage, exceptionnel mais déjà survenu en Suisse (lire encadré), les commandants de gendarmerie romands ont développé en 2010 un concept, validé il y a un an par les chefs des polices romandes. Toutes les forces de l’ordre sont désormais formées. Et un stage de perfectionnement au Québec vient d’être effectué par quatre Genevois et deux Vaudois.
«Nous sommes partis du constat que la procédure policière telle qu’enseignée jusqu’à présent en Suisse romande n’était pas adéquate pour gérer une attaque amok», explique Monica Bonfanti, cheffe de la police genevoise et présidente de la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse romande, de Berne et du Tessin. L’adaptation au risque implique un changement radical de tactique.
Ignorer les blessés
Face à un tireur fou qui vise des tiers et se retranche à son domicile, la police s’occupe en priorité des victimes, procède au bouclage du périmètre, envoie un négociateur. Le tireur amok, lui, procède d’une autre logique: il cherche à faire un maximum de victimes, dans un lieu public. Pas question de se rendre pour ce jusqu’au-boutiste, prêt au suicide. Dans ce cas de figure, chaque minute compte afin d’épargner des vies. Eric Grandjean, officier de presse, décrit l’exercice marquant auquel il a participé: «Quand on arrive sur les lieux, on entend vociférer, pleurer. Mais il faut passer par-dessus les blessés. C’est le plus grand choc. L’objectif consiste à approcher l’auteur le plus vite possible. Ce qui comporte plus de risques. Lorsqu’on aperçoit le tireur, l’arme à la main, il n’y a pas de discussion possible, pas de sommation. Il faut engager.» C’est-à-dire tirer.
«Il n’y a pas d’autre choix pour faire cesser le carnage, précise-t-il. Cela peut surprendre, car depuis notre formation initiale, on nous apprend que le tir est l’ultime moyen de recours.»
La première patrouille agit
Autant dire qu’il ne faut pas se tromper dans le diagnostic de la situation… «C’est la difficulté, reconnaît Monica Bonfanti. D’où l’importance de former tout le personnel.» Quand les premiers appels de détresse surviennent à la centrale d’engagement, celle-ci a la lourde responsabilité de qualifier un cas amok. C’est la première patrouille arrivée sur place qui a pour mission «d’aller au contact» de l’auteur, et ce, sans attendre de renforts. Les gendarmes interviennent alors armés de leur pistolet de service, mais aussi d’une mitraillette. (TDG)
Créé: 11.12.2012, 07h20
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La rédaction
3 Commentaires
"La police genevoise se prépare aux attaques de forcenés". On attend de voir le sourire aux lèvres si la réaction des socialistes sera aussi de dire que la police est victime d'un sentiment d'insécurité. Répondre
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