Mendicité
La pétition contre la loi anti-mendicité pénalisée par l'opération «Barbulesti»?
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Suite au démantèlement d'un réseau mafieux rom, Faut-il conserver la loi anti-mendicité à Genève?
Rappel des faits
Fin 2007, une loi anti-mendicité est adoptée à Genève. Le texte permet aux forces de l'ordre d'amender les mendiants. Pour de nombreux partis politiques et associations, cette loi vise clairement les Roms. Ses opposants la juge stigmatisante, inutile et coûteuse. En décembre 2011, une pétition demandant l'abrogation de la loi est lancée par un collectif comptant une vingtaine d'associations et de partis politiques, dont les socialistes et les Verts de la Ville de Genève. En avril dernier, la pétition, forte de 3500 signatures est déposée au Grand Conseil.
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Le coup de filet mardi à Moillesulaz contre un réseau mafieux exploitant des mendiants Roms sur Genève aura-t-il la peau de la pétition contre la loi anti-mendicité? Si les socialistes et les Verts de la Ville, membres du collectif à l'origine de cette pétition, restent sereins, ils reconnaissent tout de même que cette affaire risque de compliquer quelque peu la tâche. En revanche, du côté de l'UDC, on estime que la loi interdisant le mendicité permet justement de lutter contre ces réseaux.
«Cela va certes nous compliquer la tâche, reconnaît Sylvain Thévoz, conseiller municipal socialiste. Cette opération ne va faire que renforcer l'amalgame entre mendicité et réseaux mafieux. Or, on ignore encore beaucoup de choses concernant cette opération: s'agit-il bien d'un réseau mafieux ou d'un système de solidarité élargie? Il faut attendre les résultats de l'enquête.» Malgré certaines craintes, Sylvain Thévoz n'en démord pas. Sur son blog « Topo Thévoz », il rappelle que «la loi coûte cher, et n’a jamais empêché quiconque de mendier ou de se faire exploiter par d'autres». Et d'ajouter, comme pour enfoncer le clou: «Ce n'est d'ailleurs pas la loi qui a permis le démantèlement de ce réseau mais une enquête de police.»
«La lutte contre ces réseaux passe aussi par l'interdiction de la mendicité»
Même son de cloche du côté des Verts. «Il faut éviter toute conclusion hâtive et surtout tout amalgame dans l'esprit des gens entre des réseaux organisés, actifs dans la traite d'êtres humains, et la mendicité telle qu'on la retrouve à Genève», commente Mathias Buschbeck, élu municipal Vert. Si le conseiller trouve cette information «fâcheuse pour la pétition», il reste néanmoins confiant. «J'espère que le Grand Conseil se rendra compte que la loi interdisant la mendicité est contre-productive et qu'elle n'a d'ailleurs pas empêché le développement de réseaux organisés.»
Pour l’Union démocratique du centre (UDC), farouchement opposée à la pétition, ce texte législatif a toutes ses raisons d'être. «Cela fait des années que nous dénonçons le fait que le phénomène Roms est lié à des réseaux mafieux, rappelle Céline Amaudruz, présidente de la section genevoise de l'UDC et conseillère nationale. Ces personnes ont, très souvent, une partie de leur famille qui est prise en otage en Roumanie par des réseaux à qui ils doivent donner de l'argent.» Aux yeux de la conseillère nationale, la loi permettant d'amender les mendiants ne doit donc pas être abrogée. Bien au contraire: «La lutte contre ces réseaux mafieux qui pratiquent la traite d'êtres humains passe aussi par une interdiction de la mendicité», estime Céline Amaudruz.
L'opération «Barbulesti» va certainement s'inviter dans les délibérations du Grand Conseil concernant la pétition contre la loi anti-mendicité. Le combat des pétitionnaires n'est pas encore gagné. Affaire à suivre.
(TDG)
Créé: 21.06.2012, 15h51






























