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Etat de Genève

750 fonctionnaires défilent dans les rues de Genève

Par Mabut Jean-François. Mis à jour le 06.12.2012 68 Commentaires

Le Cartel intersyndical de la fonction publique espérait rassembler deux à trois mille personnes à la place de Neuve.

1/11 Genève, le 6 décembre 2012.
Place de Neuve. Manifestation de la fonction publique.
Photo: Laurent Guiraud.

   

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«Les postes augmentent au DIP»

Le ministre genevois de l'Instruction publique, Charles Beer, s'est refusé ce matin sur les ondes de la radio romande à des coupes budgétaires supplémentaires dans son dé. «La ligne n'est pas franchie avec le budget 2013 mais on ne peut pas aller plus loin, notamment en ce qui concerne les fonctions centrales, le DIP est exemplaire à ce sujet», a dit le nouveau président du Conseil d'Etat. S'agissant des 25 postes supprimés, il relevé que cette coupe portait sur une augmentation de 55 postes. Le DIP aura donc 30 postes de plus en 2013. Sur la mobilisation des syndicalistes, le ministre socialiste a rappelé que la grève est un droit constitutionnel et qu'il fallait se garder de faire de la surenchère. En ligne de mire la votation du 3 mars prochain, le président du gouvernement genevois craint que les Genevois ne refusent le plan de renflouement des caisses de retraite des fonctionnaires.

Encadrement des élèves: top et flop

Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, portant sur 2009/2010, Genève est dans le top 5 des cantons suisse quant au nombre d'élèves par enseignant au Cycle d'orientation. Il reçoit la note 6. En revanche, pour l'école primaire, sa note est médiocre. Au CO, avec 9 élèves par enseignant, il se situe au-dessous de la moyenne suisse qui est à 12 élèves par enseignant. A l'école primaire, il y a selon l'OFS, 16,5 élèves par enseignant en moyenne alors que la moyenne nationale se situe à 15.(cliquez sur le graphique pour l'agrandir). NB: La présente version a été corrigée le 7 décembre à 9h30.

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La journée d'action syndicale de la fonction publique genevoise a commencé piano avec des distributions de tracts devant diverses administrations. Elle ne se termine pas fortissimo. Quelque 750 personnes ont défilé de la place de Neuve à Rive à l'appel du Cartel intersyndical. Jeudi matin, son président, l'enseignant Olivier Baud, espérait mobiliser deux à trois mille fonctionnaires pour signifier au gouvernement et au Grand Conseil le mécontentement de la fonction publique face aux restrictions budgétaires.

«A l'Office cantonal de l'emploi, le personnel n'a pas fait grève par respect à l'égard des chômeurs», a indiqué dans la matinée le président du Cartel intersyndical, de retour de Montbrillant. «Au département des finances nous n'avons pas de relais», explique Françoise Weber, du Syndicat interprofessionnel de travailleurs (SIT), rencontrée devant l'Office de tutelle des adultes, boulevard Georges-Favon.

«Ce dernier secteur est très mobilisé», indique la syndicaliste. L'entrée en vigueur au 1er janvier du nouveau code de procédure civile en matière de tutelle bouleverse les métiers des quelque soixante collaborateurs de l'Etat. «Plus d'un sur deux a participé ce matin à un arrêt de travail d'une demi-heure», estime la syndicaliste. Une journaliste de l'ATS a évalué leur nombre à une quinzaine. Certains ont poursuivi la mobilisation en se rendant à l'assemblée convoquée à la Maison des associations, puis à 14 heures, à la salle du Faubourg.

Le nombre des grévistes connu dans une semaine

La mobilisation n'a donc pas été plus importante en fin d'après-midi pour le cortège qui a parcouru les Rues Basses de la plade de Neuve à Rive, obligeant les TPG à remplacer le tram 12 par des bus. Olivier Baud attendait entre deux et trois mille personnes, soit moins de 10% des effectifs de la fonction publique genevoise. L'Office cantonal des automobiles a fermé ses portes à 15 heures, une heure avant l'heure habituelle. Pour le reste le chef des syndicats des fonctionnaires n'avait aucun écho de la mobilisation effective de ses troupes.

Du côté des Hôpitaux, le service de presse fait savoir que le service minimum prévu en cas de grève a été assuré. Et que le nombre des grévistes ne sera pas connu avant sept jours au moins, compte tenu du délai accordé aux grévistes pour renvoyer la déclaration d'arrêt de travail.

Les postes au DIP augmentent de 30 postes

Les revendications détaillées dans des tracts et reprises dans les discours tiennent en quelques lignes. Le gel des salaires pour la deuxième année consécutive. La suppression de 25 postes à l'Instruction publique, le plan Per4ormance à L'Hôpital cantonal qui promet 75 millions d'économies et l'inconnue sur le vote du budget 2013 qui ne sera pas voté en décembre comme d'habitude. Plus généralement, les syndicalistes disent vouloir défendre les conditions de travail. Il sont également contre la suppression de toute possibilité de retraite anticipée.

A propos du gel des salaires, le Cartel conteste la suppression des annuités pour la deuxième année consécutive, une mesure annoncée mais pas encore votée dans le cadre du budget 2013. Elle pénalise principalement les fonctionnaires jeunes qui n'ont pas atteint le sommet de l'échelle salariale de leur fonction.

Pour ce qui est de la suppression des postes à l'Instruction publique, le syndicaliste ne précise pas, comme la fait Charles Beer ce matin sur les ondes de la RTS, que la coupe de 25 postes est en réalité une augmentation réduite. Dans sa première mouture, le projet de budget prévoyait en effet 55 nouveaux postes au DIP, il en reste donc 30 en plus. Les postes nouveaux iront au CO, ainsi que dans l'enseignement spécialisé. Le postobligatoire en gagnera une cinquantaine grâce à des rocades internes.

Quel taux d'encadrement des élèves?

Le syndicaliste fait néanmoins valoir que l'encadrement des élèves est en diminution au Cycle d'Orientation, ce qu'atteste les dernières statistiques publiées par le Service de recherche en éducation (SRED). «Au cours des cinq dernières années d’observation, le recul atteint –2.6% tout type de personnel confondu, et –4.1% pour le personnel enseignant», note page 35, le rapport 2011 publié en juin dernier. En revanche, le syndicaliste pas plus que le SRED n'indiquent quel est le taux d'encadrement idéal qu'il faudrait atteindre pour que Genève caracole en tête du classement PISA des pays de l'OCDE.

Selon l'Office fédéral de la statistique, Genève offre un encadrement très important aux élèves du CO. Avec 9 élèves pour un enseignant à plein temps, le taux d'encadrement des élèves au CO est supérieur à la moyenne qui est de 12 élèves par enseignant pour l'année 2009/2010. A l'école primaire en revanche, avec 16,5 élèves par enseignant à plein temps quand la moyenne nationale est à 15, Genève partage la queue du classement, avec Zurich notamment. (NB: Ce paragraphe a été corrigé, voir correctif ci-dessous)

Le Cartel intersyndical réclame depuis longtemps un taux d'encadrement de 14 élèves par enseignant à l'école primaire. Son président présente deux tableaux tirés des études du SRED. Le premier montre que le nombre d'enseignants à pratiquement stagné dans les années 1990 jusqu'à l'an 2000, alors que le nombre d'élèves a augmenté de 20%. Durant la première décennie du XXIe siècle, le nombre d'élèves est resté stable tout comme le nombre d'enseignants.

Taxer les riches

Olivier Baud estime, comme les partis de gauche, que le problème de l'Etat de Genève est un problème de recettes fiscales. Les dernières baisses d'impôt ont fait perdre plus de 400 millions de francs au budget, rappelle le syndicaliste qui s'en prend particulièrement au bouclier fiscal qui limite les prélèvements fiscaux des plus riches. Olivier Baud, qui milite par ailleurs contre les forfaits fiscaux accordés aux riches étrangers et pour l'entraide fiscale internationale, dit encore ne pas craindre pour l'avenir de la place financière.

TAUX D'ENCADREMENT, cet article a été corrigé On peut exprimer le degré d'encadrement des élèves soit en indiquant le nombre de professeurs pour 100 élèves soit le nombre d'élèves par enseignant. Une lecture erronée du tableau publié par l'Office fédéral de la statistique OFS nous a fait donner, dans une première version de cet article, une bonne note à l'école primaire et une note médiocre au CO. C'est en fait le contraire. Le tableau de l'OFS reproduit en marge de l'article (cliquez dessus pour l'agrandir) indique bien qu'il dresse le palmarès du nombre d'élèves par enseignant. Avec 9 élèves pour un enseignant à plein temps, le taux d'encadrement des élèves au CO est, à Genève, supérieur à la moyenne suisse qui est de 12 élèves par enseignant. A l'école primaire, en revanche, Genève partage la queue du classement, avec Zurich notamment. Avec nos excuses pour cette malencontreuse erreur. (JFM) (TDG)

Créé: 06.12.2012, 11h38

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68 Commentaires

Mezigues Etpuces

06.12.2012, 12:35 Heures
Signaler un abus 198 Recommandation 15

Je me demande bien pourquoi BEER a engagé une centaine de directeur inutiles, eux-même embauchants assisitants et secretaires également inutiles pour ensuite serrer la vis au DIP!Il n'y a qu'a virer ces beeristes qui coutent quelques dizaines de millons pas ans de nos impôts, cela fera de jolies économies et personnes ne verra de différence! Répondre


Rui Oliveira

06.12.2012, 11:43 Heures
Signaler un abus 157 Recommandation 62

Ces syndicats nous mèneront tout droit dans le mur, si on les laisse faire. Répondre



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