L’amour nous fait du bien. Sous toutes ses formes

Saint-Valentin Une sexualité épanouie et des liens filiaux solides augurent d’une meilleure santé.

Moins angoissées et colériques, les personnes faisant souvent l’amour seraient mieux armées face aux difficultés de la vie.

Moins angoissées et colériques, les personnes faisant souvent l’amour seraient mieux armées face aux difficultés de la vie. Image: Reuters

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A la tête comme au corps, aimer fait un bien fou. En ce jour de la Saint-Valentin, la Tribune de Genève a voulu explorer les effets de l’amour sur la santé. De la passion à l’attachement durable, en passant par la sexualité, la liste est longue et parfois surprenante!

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La chamade

Premier constat: le choc amoureux chamboule le cerveau. «L’exacerbation des émotions, la focalisation de l’attention, l’envahissement de la mémoire, la sensation de manque et de vide: le comportement des personnes amoureuses ressemble à s’y méprendre à un comportement addictif», commence la Dre Hélène Richard-Lepouriel, médecin adjoint responsable de l’Unité des troubles de l’humeur des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Dans les deux cas, les individus sécrètent un taux élevé de dopamine, un neurotransmetteur qui active le circuit de la récompense et qui est lié à la recherche de plaisir et d’émotions.

«La dopamine élevée accroît la satisfaction et la confiance en soi, poursuit le médecin. De même, l’état amoureux s’accompagne d’une montée du taux de noradrénaline, qui influe sur le rythme cardiaque, le sommeil et l’appétit.» Amoureux, notre cœur bat plus vite. Nous avons moins besoin de sommeil et moins faim. Moins drôle: on devient aussi anxieux et fébrile. «La sérotonine est basse, comme lors d’une dépression.» Heureusement ou malheureusement, cet état d’agitation dure «environ six mois. Ensuite, l’organisme s’autorégule. D’autres hormones prennent le relais, liées à l’attachement», note le médecin. Une autre forme d’amour peut se développer, très précieuse pour notre état mental.

«Nous fêtons à la Saint-Valentin plus particulièrement les aspects amoureux et passionnels de l’amour. Ils donnent le sentiment intense de vivre, mais font, hélas, souvent passer par les affres de sentiments extrêmes et la passion n’est pas toujours durable», note la Dre Katharina Auberjonois, responsable de la consultation psychothérapeutique pour familles et couples des HUG.

L’attachement

D’autres formes d’amour mériteraient également d’être fêtées, selon la psychiatre. Et de souligner la valeur de «l’amour familial, idéalement aussi de l’amour conjugal, qui résulte de l’attachement profond et inconditionnel de la relation parents-enfants et/ou de la relation des membres d’une fratrie. Il est si sûr qu’il donne la force et la confiance en soi, indispensables aux enfants pour sortir du nid familial et prendre leur envol. En outre, des recherches ont montré qu’il renforçait le système immunitaire.»

Cet amour se consolide par «l’accumulation de gestes attentionnés tout au long de l’enfance et de l’adolescence. En prenant soin de leurs enfants, les parents leur procurent un bien-être aussi bien physique que psychique. En laissant un petit mot d’encouragement, en préparant le plat favori, en s’intéressant aux événements de la journée des membres de la famille, en reconnaissant la valeur de chacun, les liens indéfectibles se vivent. En grandissant, les enfants offrent en retour à leurs parents des gestes de reconnaissance. Chacun se sent reconnu dans son importance, au moins au sein de sa famille, prêt à affronter le monde extérieur.» Les liens familiaux seraient donc «essentiels à l’élaboration des personnalités dès les premiers âges de la vie. Plus ils sont solides, plus l’individu est fort psychiquement et physiquement.»

Le lit défait

Quid de la sexualité? Tout en prenant soin de mentionner les risques d’infections ou de maladies sexuellement transmissibles, le Dr Francesco Bianchi-Demicheli, spécialiste en médecine sexuelle aux HUG, déroule la longue liste de bienfaits psychiques et soma­tiques résultant d’une «sexualité épanouie, entre personnes consentantes». Notant que la médecine s’est longtemps intéressée au sexe exclusivement d’un point de vue négatif, il souligne le rôle très important que celui-ci peut jouer sur la qualité de vie.

«Plusieurs études ont établi une corrélation significative entre une activité sexuelle fréquente et importante et une meilleure santé mentale. Un effet bénéfique sur l’humeur, un moindre risque de développer une dépression, une meilleure qualité de la relation de couple – enrichie d’un sentiment d’intimité et d’attachement au partenaire – ont été relevés», assure le médecin.

Celles et ceux vivant bien leur sexualité s’adapteraient mieux aux difficultés de la vie: «Face à une situation hautement stressante, ils se montrent mieux armés.» Faire l’amour souvent atténuerait non seulement les manifestations de mauvaise humeur, d’angoisse et de colère mais également le risque de développer des maladies mentales en général. «Ce que disent ces études va assez loin, observe le sexologue, qui modère: bien sûr, cela n’est pas automatique. On peut être très actif sexuellement et malheureux.»

Mille et une nuits

La sexualité revêtirait également plusieurs vertus sur le plan somatique. «L’activité sexuelle renforce la ceinture pelvienne (ndlr: structure osseuse reliant les membres inférieurs à la colonne vertébrale). Elle abaisse la morbidité cardiovasculaire et le risque d’infarctus. Une étude publiée en mars 2016 dans la revue European Urology démontre que des orgasmes fréquents sont associés à un risque plus faible de cancer de la prostate et une meilleure espérance de vie (20% de cancer en moins chez les hommes ayant connu plus de 21 orgasmes par mois).» Le Dr Bianchi-Demicheli cite également deux études liant l’activité sexuelle à un moindre risque de cancer du sein. Cerise sur le gâteau: l’amour physique rallongerait l’espérance de vie.

A ce stade, le lecteur se demande peut-être ce que signifie une «activité sexuelle fréquente et importante». «Question délicate, car ce n’est pas toujours spécifié dans les études», répond le sexologue, qui se replie sur la statistique: «La population suisse a, en moyenne, environ deux relations sexuelles par semaine, ce qui la situe dans la médiane mondiale.» Il existe beaucoup de différences selon la géographie: «Le pays où les gens ont le plus de relations sexuelles est la Grèce. Le Japon est celui où elles sont le plus rare. Question de météo, de temps à disposition, de permission culturelle…»

Mais bien plus que la fréquence, «l’important est la satisfaction, le partage, l’émotion, la présence à l’autre. On peut accumuler beaucoup de relations et demeurer très insatisfait. De même que l’on peut vivre une vie heureuse sans sexualité, ajoute le médecin. Celle-ci n’est pas un déterminant et il ne faut pas mettre les gens sous pression. Ce qui compte, finalement, c’est la qualité de la relation.» (TDG)

Créé: 13.02.2017, 19h48

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