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Qualité de service

L'administration genevoise fait toujours râler les entreprises du Canton

Par Mabut Jean-François. Mis à jour le 10.04.2013

Les Chambres de commerce publient leur étude biennale sur la compétitivité des administrations des cantons de Suisse latine.

1/11 Selon le sondage de MIS-Trend, l'administration fiscale genevoise a régressé en 2013 dans la qualité de ses services à l'égard des entreprises.
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Malgré les biais méthodologiques que présente l'étude MIS-Trend, le patron de la Chambre de commerce de Genève considère que le sondage livre des informations intéressantes. Jacques Jeannerat cite le secteur de la formation professionnelle. L'administration genevoise se distingue très nettement des autres pour son formalisme, fait-il remarquer. «Nous allons interpeller cette direction et voir ce que nous pouvons faire ensemble.»

Grégoire Evêquoz (photo) rappelle qu'en matière d'apprentissage les procédures sont fédérales et donc les mêmes dans tous les cantons. Le directeur de l'Office genevois de formation professionnelle relève que les ordonnances fédérales en matière d'évaluation du travail des apprentis sont des lois. Il est normal que le canton veille à leur juste application.

Faut-il trouver là une partie de l'explication à l'insatisfaction manifestée par les patrons genevois? Le directeur de l'Office de formation professionnelle dit se réjouir de creuser la question avec les partenaires sociaux. Il remarque que son administration reçoit une très bonne note à propos de la finalisation des contrats. Grégoire Evêquoz y voit la reconnaissance du projet «Rapide contrat» qu'il a lancé depuis deux ans. L'été, il embauche des étudiants qui aident les entreprises à remplir les documents administratifs. Résultat: moins de 8% de patrons insatisfaits. (JFM)

Classement sans surprise pour David Hiler

Au micro de la RTS, David Hiler a relativisé ce classement: L’administration fiscale genevoise passe ainsi de 6,1 points (sur 10) en 2009 à 6,6 points en 2011 pour redescendre à 6,2 points en 2013. Le ministre des Finances constate que les écarts sont très petits entre le 4e et le 7e rang. Il fait remarquer aussi que les cantons urbains à structure de personnes morales complexes et à très forte quantité de personnes morales comme Vaud et Genève, ne sont pas comparables à des cantons comme Fribourg ou le Valais. On constate d’ailleurs que les critiques émises sont relativement semblables pour l’administration fiscale vaudoise et pour l’administration fiscale genevoise (lenteurs, retards de réponses, difficultés de trouver un interlocuteur).

Enfin pour le ministre qui quittera sa fonction à la fin de cette année renvoie la balle au Grand Conseil qui n'a toujours pas voté le budget 2013: «On atteint les limites de l’exercice consistant à faire des économies sur les services de l’administration centrale. L'AFC traite en 2013 trois mille déclarations fiscales d'entreprise de plus qu'en 2010.» (JFM)

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C'est bien connu, les Genevois sont des râleurs. Est-ce la raison pour laquelle leur administration cantonale reste scotchée en queue du palmarès de la compétitivité comparée des six cantons romands et du Tessin? Au classement général, Genève se place au 5e rang avec 6,2 points sur 10, à égalité avec le Jura et juste devant Neuchâtel.

Fribourg, quatre fois classé meilleure administration de la Suisse latine depuis 2004, se fait doubler cette année par le Tessin, champion 2013, qui décroche la palme avec 7,2 points. Le concours de la meilleure administration cantonale, du point de vue des patrons, a été réalisé du 4 ou 8 mars sur mandat des Chambres de commerce cantonale par l'Institut MiS Trend auprès de 759 entreprises dont une centaine à Genève.

Tout aussi préoccupante pour Genève que son classement, l'appréciation d'ensemble de l'administration cantonale a diminué. Elle était notée à 6,4 en 2009 et 2011, elle tombe a 6,2 en 2013. Selon Mis-Trend, les critères qui expliquent ce recul sont la disponibilité des interlocuteurs, l'orientation client et le coût des émoluments. «Dès qu'une entreprise atteint une note supérieure à 7, son administration peut être qualifiée de bonne, note l'auteur de l'étude Mathias Humery. Il est rare pour une entreprise d'atteindre la note 8.» Le collaborateur de MIS-Trend remarque aussi que les entreprises sont souvent plus sévères avec les administrations publiques.

Le fisc mal noté

L’administration fiscale (AFC) est particulièrement mal notée et son évaluation se détériore. 32% des 71 entreprises sondées à Genève donnent une note inférieure à 6 en 2013 contre 18% en 2011. Du coup, l'AFC genevoise, qui était quatrième du classement 2011, tombe au septième et dernier rang en 2013 avec une note de 6,2 sur 10 quand Fribourg caracole en tête avec 7,7 points.

Presqu'une entreprise genevoise sur deux – 48% exactement contre 34% en 2011 – se dit insatisfaite quant au temps nécessaire pour obtenir des infos de l'AFC. Au Tessin et à Fribourg, moins de 10% des entreprises se disent insatisfaites à ce sujet. 58% des entreprises genevoises jugent mauvaise la disponibilité des fonctionnaires de l'AFC, 49% ne sont pas satisfaites de l'efficacité en termes de prises de décisions. En revanche, la serviabilité est appréciée par plus de 80% des personnes interrogées, bien qu'en baisse par rapport à 2011. Autre recul notable, la compétence passe de 93% en 2011 à 70% en 2013.

Classement sans surprise pour David Hiler

Au micro de la RTS, David Hiler a relativisé ce classement: L’administration fiscale genevoise passe ainsi de 6,1 points (sur 10) en 2009 à 6,6 points en 2011 pour redescendre à 6,2 points en 2013. Le ministre des Finances constate que les écarts sont très petits entre le 4e et le 7e rang. Il fait remarquer aussi que les cantons urbains à structure de personnes morales complexes et à très forte quantité de personnes morales comme Vaud et Genève, ne sont pas comparables à des cantons comme Fribourg ou le Valais. On constate d’ailleurs que les critiques émises sont relativement semblables pour l’administration fiscale vaudoise et pour l’administration fiscale genevoise (lenteurs, retards de réponses, difficultés de trouver un interlocuteur).

Enfin pour le ministre qui quittera sa fonction à la fin de cette année renvoie la balle au Grand Conseil qui n'a toujours pas voté le budget 2013: «On atteint les limites de l’exercice consistant à faire des économies sur les services de l’administration centrale. L'AFC traite en 2013 trois mille déclarations fiscales d'entreprise de plus qu'en 2010.»

Formation professionnelle, bonne mais en baisse

Genève est aussi cancre de la classe des sept cantons latins dans le secteur de la formation professionnelle. La note de cette administration est cependant meilleure que celle de l'AFC, 7 points sur 10. En tête toujours Fribourg avec 7,7 points. Genève est le seul canton dont l'évaluation baisse en 2013, note Mis-Trend, «ceci en raison de trois problèmes importants : les procédures, critiquées par quatre répondants sur dix, la rapidité d’intervention en cas de problème avec un apprenti et la compétence des collaborateurs.»

Dans le domaine sensible de la sécurité, seules 29% des entreprises considèrent que l'Etat n'en fait pas assez pour la sécurité. Des 107 entreprises genevoises qui ont répondu à ce critère, 46% estiment le risque d'un cambriolage assez important et 16% très important.

Bons points pour le registre du commerce

Seuls services à tirer leur épingle du jeu, le Registre du commerce et le service de l'économie, plutôt très bien notés MIS-Trend, quoique l'appréciation 2013 soit en baisse par rapport à la dernière enquête de 2011.

Un sondage et quelques biais

759 entreprises des cantons de Suisse latine, dont une centaine à Genève, ont été sondées par MIS Trend du 4 au 8 mars. Les questions ont été posées par téléphone et durant une vingtaine de minutes à des patrons, des directeurs des finances ou des directeurs de ressources humaines. Impossible dans ce court laps de temps de recueillir des éléments permettant de mieux comprendre la nature exacte de l'insatisfaction des entreprises.

L'échantillon n'est pas représentatif du tissu économique. Les entreprises ont été sélectionnées parmi celles qui avaient préalablement répondu à une lettre des Chambres de commerce et indiqué qu'elles avaient eu récemment des contacts avec les administrations concernées.

Impossible de savoir à propos du critère «procédure», qui recouvre l'augmentation de la paperasse, dont se plaignent régulièrement les milieux patronaux, si leur irritation à l'encontre des fonctionnaires ne provient pas en partie du législateur, qui vote des lois nouvelles à tous les niveaux (OMC, UE, Berne, canton et communes, sans parler des normes professionnelles) ou encore des effets du principe de précaution, qui peut inciter les administrations à étudier longuement une décision dans l'espoir de réduire au minimum sa contestation devant les instances de recours. Jacques Jeannerat admet ce risque.

Formation professionnelle trop formaliste?

Malgré ses biais méthodologiques, le patron de la Chambre de commerce de Genève considère que le sondage livre des informations intéressantes. Il cite le secteur de la formation professionnelle. L'administration genevoise se distingue très nettement des autres pour son formalisme, fait-il remarquer. «Nous allons interpeller cette direction et voir ce que nous pouvons faire ensemble.»

Grégoire Evêquoz rappelle qu'en matière d'apprentissage les procédures sont fédérales et donc les mêmes dans tous les cantons. Il relève aussi que les ordonnances fédérales en matière d'évaluation du travail des apprentis sont des lois. Il est normal que le canton veille à leur juste application. Faut-il trouver là une partie de l'explication à l'insatisfaction manifestée par les patrons genevois? Le directeur de l'Office de formation professionnelle dit se réjouir de creuser la question avec les partenaires sociaux. Il remarque que son administration reçoit une très bonne note à propos de la finalisation des contrats. Grégoire Evêquoz y voit la reconnaissance du projet «Rapide contrat» qu'il a lancé depuis deux ans. L'été, il embauche des étudiants qui aident les entreprises à remplir les documents administratifs. Résultat: moins de 8% de patrons insatisfaits. (TDG)

Créé: 10.04.2013, 12h24

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