L’Hyper Casino de Lancy vit ses dernières heures

AlimentationLe supermarché ferme ses portes samedi. Son directeur met en cause la stratégie commerciale et la gamme de produits.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«On est entourés de charognards», résume Ahmed Chatta. Le directeur de l’Hyper Casino de Lancy Centre semble pris en étau entre «l’office des poursuites qui veut vérifier l’état des stocks et récupérer les recettes, et les clients qui veulent profiter des réductions et qui harcèlent le personnel parce qu’il n’y a plus de monnaie». Ce point de vente fait partie des onze magasins du groupe Magro, mis en faillite le 22 mars. Il ferme ses portes samedi à 18 heures après trois ans d’exploitation. Douze employés perdent leur travail. «On aurait fermé même sans la faillite du groupe, il y avait défaut de paiement du loyer, le centre commercial nous a foutu dehors.»

Jeudi déjà les rayons étaient presque vides, grâce aux 50% de réduction sur la quasi-totalité des produits. Des cadis remplis à ras bord, des produits à même le sol et des clients qui fouillent dans le tas, une caissière au bord de la crise de nerfs. «Mais les gens restent calmes», assure un agent de sécurité. «D’habitude c’était toujours vide, commentent deux jeunes habituées, Chérifa et Candy. C’est plus cher qu’ailleurs mais on venait ici car c’est plus tranquille. On trouvait des produits français, des glaces, des shampooings, des surgelés.» Greg, 23 ans, estime que l’enseigne ferme car «certains ont leur dada avec des produits suisses qu’il n’y a pas ici». Le magasin était connu pour ses produits portugais. «On ne les trouve pas ailleurs, et c’était bon marché, témoigne Marcus Joaquim, 36 ans. Ça fait de la peine, ça va me manquer.» Une mère de famille brésilienne confirme: «Je venais pour les boulettes de morue, et aussi les produits français, comme la boisson Oasis, ou les pains au chocolat.»

Comment en est-on arrivé là? Le directeur du magasin avance plusieurs hypothèses. «En trois ans on a changé au moins sept fois de directeur et deux fois de propriétaire. La politique de prix n’était pas adaptée. On est juste à côté d’un hard discounter, Aldi, on était pénalisés d’entrée.» Le gérant met aussi en cause la gamme de produits. «On a voulu faire de la distribution française aux prix suisses. On n’avait pas les produits suisses qui génèrent le trafic. Il n’y avait pas de stabilité dans la gamme: on avait des problèmes de paiement avec les fournisseurs.» Résultat en 2012, le chiffre d’affaires a été de 5 millions de francs pour 2500 m2. «C’est dérisoire! Avant je travaillais à l’Intermarché de Saint-Julien, et pour 2700 m2 on faisait 35 millions d’euros. Ici le PDG est totalement absent, l’entreprise nous a laissés tomber.» (TDG)

(Créé: 29.03.2013, 11h01)

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les procédures dans les cockpits révisées
(Image: Herrmann) Plus...