L’Ain voisin va se choisir un nouveau député

Législatives partiellesSept candidats veulent succéder à Etienne Blanc. Et porter à Paris des problématiques transfrontalières.

Hormis les panneaux d’affichage électoraux, rare sont les indices d’un prochain scrutin.? Image: Lucien Fortunati

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A Péron, dans le Pays de Gex, la secrétaire de Mairie est dubitative: «S’il fait beau, il n’est pas certain que les gens aillent voter.» Et pourtant, les citoyens de l’Ain voisin sont censés se rendre aux urnes dimanche afin d’élire leur député. Le poste est en effet vacant depuis la démission d’Etienne Blanc devenu en janvier premier vice-président de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Ils sont sept à se présenter pour lui succéder sur les bancs de l’Assemblée nationale, pour une durée d’un an. L’occasion de leur demander quelle est la particularité de ce mandat dans une circonscription frontalière.

Prime de vie chère

Denis Linglin, maire de Sergy et candidat socialiste, entame le bal: «La France étant un pays jacobin, les régions françaises limitrophes ont des spécificités encore méconnues à Paris. Le travail d’un député consiste notamment à faire remonter les choses à Paris, dans le but d’adapter les lois.» Il cite l’exemple de la cherté de la vie dans le Genevois, qui justifierait de mieux payer les fonctionnaires. Sur ce point, un autre candidat, Jean-Sébastien Bloch, encarté au Parti communiste, le rejoint. Il soutient la création d’une prime de vie chère, «d’un montant de 300 euros par mois».

Nombre de candidats mettent en avant les liens nécessaires avec la Suisse voisine. Conseillère régionale et municipale à Saint-Genis-Pouilly, déléguée notamment aux relations transfrontalières, Olga Givernet, âgée de 34 ans, prône un véritable partenariat avec Genève. Tandis que la candidate des Républicains, Stéphanie Pernod-Beaudon, met en avant «le rôle du député comme l’un des maillons des relations diplomatiques avec la Suisse.»

Jouant la carte de la continuité, la suppléante d’Etienne Blanc, âgée de 37 ans, affirme: «Je compte poursuivre le travail amorcé sur les dossiers concernant les frontaliers tels que l’assurance-maladie ou l’utilisation du véhicule de fonction. Le gouvernement ne peut pas avoir une attitude unilatérale sans tenir compte de l’impact sur le plan local!»

Aux yeux d’Olga Givernet, «le dossier de l’assurance-maladie des frontaliers est un non-débat. La loi est passée. Il est inutile d’y revenir.» Un avis que n’est pas loin de partager Olivier de Seyssel, candidat de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). «Je ne vais pas me battre pour revenir en arrière, explique le candidat centriste. En revanche, deux possibilités existent pour pallier l’impact négatif de cette réforme: l’ouverture d’un hôpital de proximité dans le Pays de Gex ou la mise en place d’une convention entre l’agence régionale de santé et les établissements suisses.» Celui qui aime rappeler qu’il fut le suppléant d’Etienne Blanc de 2002 à 2012, veut faire de la lutte contre la désertification médicale une priorité: «Je souhaite aider les collectivités locales à monter des maisons de santé. Pour ce faire, on peut définir la zone du Pays de Gex comme prioritaire.»

Il n’est pas le seul à noter le déficit d’infrastructures dans le domaine de la santé. Tout comme l’offre trop faible en matière de transports en commun. Pour y remédier, le frontiste Gaetan Noblet propose notamment «la mise en place d’un groupe d’étude pour la remise en service du rail entre Divonne et Bellegarde.» Il s’insurge aussi contre «le bétonnage intensif du Pays de Gex». De quoi faire bondir Olga Givernet, qui rappelle que le rôle d’un député est de «voter les lois sur le plan national et non de faire des promesses sur le plan local». Un rappel à l’ordre que partage Jean-Sébastien Bloch.

Centrale du Bugey

Pourtant, dans une agglomération binationale, on comprend aisément que certaines problématiques se règlent à l’échelon supérieur. C’est en tout cas l’avis de la conseillère nationale suisse Lisa Mazzone, en visite à Bellegarde pour soutenir Jean Mercier, le candidat d’Europe écologie-les Verts. «Nombre d’enjeux régionaux doivent être traités à Paris comme les questions concernant l’aéroport ou le nucléaire.»

Jean Mercier, 29 ans, se prononce ainsi pour la fermeture de la centrale du Bugey. Remerciant Genève d’avoir «apporté de l’eau à notre moulin en portant plainte», il se dit toutefois «attristé que la France ne se prenne pas en mains sur ce sujet. Et que la question devienne judiciaire alors qu’elle est politique.»

La démarche genevoise ne fait pas l’unanimité. Olivier de Seyssel estime, lui, que «les inquiétudes sont compréhensibles mais que l’action judiciaire est déplacée».

Enfin, concernant la construction du Grand Genève, les avis divergent sur les moyens d’y parvenir. Jean Mercier prône la mise en place d’«institutions bipartites». Stéphanie Pernod-Beaudon soutient quant à elle la constitution du pôle métropolitain, «la solution qui permettra demain à ce territoire de choisir les politiques qu’il mène».

Résultat dans les urnes à l’issue d’un premier tour dimanche et d’un second le 12 juin.

(TDG)

Créé: 02.06.2016, 17h36

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