BILAN
L ’élan rompu de l’Exécutif
Par Marc Bretton. Mis à jour le 24.02.2012 15 Commentaires
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Ami-mandat, il y a quatre ans, le Conseil d’Etat récoltait des louanges. Changement de décor aujourd’hui. L’équipe entrée en fonction en 2009 cherche son second souffle et le sait: «Notre Conseil traverse une crise, reconnaît Charles Beer, vice-président du Conseil d’Etat. Notre image est atteinte. A la moitié du championnat, nous sommes au milieu du classement. Nous pouvons faire pire ou finir en tête.» Vu de l’extérieur, la perception est la même: «Le collège fonctionne moins bien qu’auparavant», assure l’écologiste Christian Bavarel. «Sa composition est très inégale», ajoute le PLR Jacques Jeannerat. «On ne sent pas d’esprit d’équipe ni de vision», déplore le PDC Guillaume Barazzone. Qu’est-ce qui a changé?
Composition plus fragile
Il y a d’abord la composition du collège. Les nouvelles venues, Michèle Künzler et Isabel Rochat, n’ont pas la carrure des magistrats expérimentés qu’elles ont remplacés, Laurent Moutinot et Robert Cramer. Parce qu’elles sont nouvelles? Pas seulement. En 2005, les «bleus» du Conseil d’Etat, David Hiler et François Longchamp, deviennent rapidement incontournables. Mark Muller, également élu en 2005, fait aussi un bon début. Aujourd’hui, entre des novices en difficulté et un Mark Muller à la peine, la situation est plus délicate.
La répartition des départements
La répartition des postes n’a pas été optimale. Pour des raisons politiques et pratiques, le difficile Département de la sécurité aurait dû être repris par un des sortants de la majorité de droite. Or, c’est la débutante Isabel Rochat qui a été désignée. Même si le précédent Conseil d’Etat lui a déblayé le terrain en préparant le projet d’agrandissement pénitentiaire et en négociant une réforme des retraites de la police, la magistrate de Thônex n’était pas armée pour un tel défi. Deux ans plus tard, alors que la police se met en grève, le Conseil d’Etat adjoint à l’élue PLR une délégation à la sécurité.
Par ailleurs, le Conseil d’Etat s’est distribué certains services «selon les désirs des uns et des autres sans grande cohérence», déplore Jacques Jeannerat. Comme en 2005. Christian Bavarel évoque, par exemple, l’éclatement du dossier de l’agglomération entre plusieurs départements, la séparation des Constructions et des Transports. «On peine à voir qui pilote ces dossiers.»
Le nerf de la guerre
«Sous la précédente législature, les rentrées fiscales augmentaient de 60 millions de plus que prévu par mois», se souvient avec nostalgie le ministre des Finances, David Hiler. La situation a changé. Cet été, le tassement des rentrées a contraint le gouvernement à serrer ses dépenses et à prévoir un mélange de hausse d’impôts et de baisse de dépenses pour équilibrer le budget dans la durée. Difficile de briller dans ces circonstances. «Et l’avenir s’annonce encore plus difficile, assure le député PLR Renaud Gautier. Entre la mise à mal de la place bancaire et les négociations fiscales avec l’Union européenne, Genève risque de perdre un milliard de rentrées fiscales ces prochaines années. Et seul David Hiler semble s’en inquiéter» (l ire en page suivante ) . Le refroidissement budgétaire provoque déjà le report de certaines réalisations promises par le Conseil d’Etat dans son programme de législature, comme la plage des Eaux-Vives, et le ralentissement des constructions du programme pénitentiaire. En 2010, le Conseil d’Etat promettait enfin de contenir l’augmentation des charges à 2% en 2012 et de présenter des comptes à l’équilibre. Raté. Les dépenses progressent bien de 2,3%. Mais le déficit projeté atteint 349 millions.
Un programme bouleversé
Présenté en 2010, le programme du gouvernement est-il appliqué? Le rapport de gestion du Canton fera prochainement le point. Dans l’ensemble, la plupart des propositions semblent mises en œuvre. Mais avec la crise, le cadre financier prévu a sauté. Et certaines mesures cruciales sont mal parties. Comme la révision du plan directeur prévue pour 2012, même si le département responsable relève que les délais sont respectés. De même, les discussions avec les communes sur de nouvelles répartitions des compétences en matière d’aménagement ou de financement des infrastructures n’avancent pas. La réforme de la police se fait attendre. La construction de 2500 logements par an, annoncée par le programme, semble inatteignable (lire aussi en page 21) .
Certaines réformes sont en retard sans que le Conseil d’Etat y puisse quelque chose. C’est le cas de la Loi sur les taxis ou la fusion des caisses de pension. La réforme des conseils d’administration attend un vote populaire, tout comme le retour du mercredi matin à l’école.
Certains événements ont enfin bouleversé l’agenda, comme la montée du franc, les déboires de la place financière, les problèmes privés de Mark Muller, les sautes d’humeur de la police ou la calamiteuse mise en place du nouveau réseau TPG. La crise de la justice l’automne dernier n’a pas amélioré l’ambiance.
(TDG)
Créé: 24.02.2012, 08h11
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15 Commentaires
Étant femme, je soutiens (normalement) mes consoeurs, mais pas n'importe lesquelles. Par exemple Michèle Künzler, n'aurait jamais dû faire partie du gouvernement vu son incompétence crasse, et pour Isabel Rochat, nous devons malgré tout lui accorder certaines circonstances atténuantes, car lorsqu'elle est arrivée au Conseil d'Etat ses petits copains si courageux ne lui ont pas laissé le choix. Répondre
Les personnes capables de gouverner, de droite comme de gauche, se désintéressent de la politique car ils ont compris que une fois élus, ils seront manipulés par ceux qui tirent les ficelles... Dès lors, ceux qui votent n'ont pas d'autre choix que d'élire des seconds couteaux. Résultat, un exécutif peu à la hauteur, c'est le moins qu'on puisse dire. Répondre





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