Golay: «Les cadeaux à la France, c’est fini»

InterviewL’initiative MCG contre la rétrocession d’une part de l’impôt des frontaliers à la France recueille 8500 signatures.

Roger Golay, président du MCG.

Roger Golay, président du MCG. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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L’année débute bien pour le Mouvement citoyens genevois (MCG). Si le Service des votations confirme son décompte, le parti populiste vient de déposer sa première initiative. Elle vise à renégocier les accords de Paris de 1973 qui rétrocèdent à la France une part de l’imposition des frontaliers (lire encadré). Interview.

Roger Golay, vous déposez votre initiative ce matin au Service des votations. Avec combien de signatures?
Au total 8549. 7400 étaient nécessaires. Je suis très content, car la barre psychologique des 10% de signatures de réserve est atteinte. L’accueil réservé par le public était bon, mais en fin d’année les militants étaient épuisés. Il a fallu se remobiliser début janvier. J’ai même écourté mes vacances! Mais le résultat est là: après plusieurs tentatives infructueuses, le MCG démontre qu’il peut faire aboutir une initiative seul. C’est la première fois. Jusqu’ici, nous n’avions réussi seuls qu’un référendum, celui contre les P+R en France voisine. Le MCG démontre son implantation locale.

Vous contestez le montant versé aux départements voisins ou le principe même d’un versement aux collectivités françaises?
Nous sommes bien conscients qu’on ne peut pas couper 200 à 300 millions de francs d’un coup à nos voisins. Mais l’accord de 1973 précise que l’argent doit servir à financer des infrastructures pour les frontaliers. Or aujourd’hui, les montants sont versés à l’aveugle au-delà des départements prévus et, qui sait, jusqu’en Auvergne. Il est temps de le renégocier. Pour cela, il faut le dénoncer. Nous espérons que le Conseil d’Etat se montrera créatif et proposera un contre-projet à notre initiative. Dans cette affaire, Genève tient le couteau par le manche. Si au passage nous pouvons récupérer une partie de cet argent, tant mieux.

Vous sous-entendez que Genève subventionne une région qui va jusqu’à l’Auvergne, mais l’accord de 1973 confie les fonds aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Vous l’ignorez ou vous mentez?
Le président du Conseil d’Etat ne disait-il pas récemment dans vos colonnes que certaines prérogatives des départements étaient transférées à la Région? De toute manière, l’accord de départ est détourné. Aujourd’hui, Grenoble touche des fonds frontaliers, or cette ville est en Isère.

Aujourd’hui, Genève reverse 3,5% de la masse salariale brute des frontaliers français aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Il faudrait verser combien selon vous?
Aucune idée. Mais nous sommes ouverts à tout.

Lors de l’annonce de votre initiative, sa constitutionnalité a été mise en cause. Vous êtes sûr de votre coup?
Lorsqu’il était conseiller national, Mauro Poggia a déposé un postulat relatif aux conséquences d’une dénonciation de cet accord. Une chose est sûre, cela ne concerne que Genève et pas Berne. D’autre part, selon l’OCDE, les frontaliers doivent être imposés sur leur lieu de travail.

Au-delà de l’argent, peut-on prendre le risque de se brouiller avec son arrière-pays quand on est un canton frontière?
Genève a versé des milliards en France depuis quarante ans. Les cadeaux, c’est fini. Mais nous avons aussi nos problèmes. Si la France mettait les pieds au mur, l’effet sur les Genevois serait dévastateur.

Vous mettez en cause un système dont Genève profite pourtant largement, alors que les frontaliers vaudois ne payent rien. Normal?
Non, mais faire payer les Vaudois, c’est hélas beaucoup plus difficile. Micheline Calmy-Rey s’y est cassé les dents. (TDG)

(Créé: 11.01.2016, 17h40)

Mots-clés

Sondage

Genève doit-il réviser la rétrocession d'une part de l'impôt des frontaliers?

Oui

 
55.2%

Non

 
35.8%

Je ne sais pas

 
8.9%

1409 votes au total


Le processus de validation est lancé

Le MCG ayant déposé hier ces 8549 signatures, le Service des votations entre en action. Durant les semaines à venir, il va vérifier une à une la validité des signatures, jusqu’à atteindre les 7403 requises. Si tel est le cas, ce sera alors au Conseil d’Etat de se prononcer sur la recevabilité de l’initiative. «Nous aurons quatre mois pour répondre à un certain nombre de questions, souligne François Longchamp. Par exemple, est-il possible, par une votation cantonale, de demander l’abrogation d’un traité international (ndlr: l’accord est signé entre le Conseil fédéral suisse agissant au nom de la République et canton de Genève et la République française)? Ou encore, quelle serait la situation en cas d’abrogation?» Le président du Conseil d’Etat refuse pour l’heure d’apporter un élément de réponse.

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